Chapitre 18
18
DÉROULEMENT DE LA RÉUNION DU PRAESIDIUM
1. Le cadre de toutes les réunions sera uniforme.
Les membres devraient s'asseoir autour d'une table, à l'une des
extrémités de laquelle on dresse un petit autel
temporaire pour la réunion. Sur une nappe blanche de dimensions
suffisantes, on place une statue de l'Immaculée Conception (dans
l'attitude de la distribution de grâces) et, environ deux pieds
(60 cm) de hauteur de préférence. De chaque
côté de la statue, on dépose un vase de fleurs et
un chandelier avec un cierge allumé. Un peu à droite et
un peu en avant de la statue, se met le vexillum, lequel est
décrit au chapitre 27.
On trouve ici une photographie, montrant la disposition de l'autel et du vexillum.
Étant donné l'intention de représenter la Reine
au milieu de ses soldats, l'autel ne doit être ni
séparé de la table de réunion, ni placé
hors du cercle des membres. Notre amour filial envers notre Mère
du ciel nous fait un devoir de veiller à ce que ces
différents objets et les fleurs soient de qualité; les
objets eux-même ne sont pas une dépense à
renouveler fréquemment. Un bienfaiteur ou quelque autre bonne
chance pourrait mettre le praesidium en possession de vases et de
chandeliers en argent. On devrait considérer comme un devoir
honorable pour un légionnaire de veiller à ce que le
vexillum, les vases et les chandeliers soient toujours propres et
brillants, et dûment munis de fleurs et de cierges aux frais du
praesidium.
Si l'on est dans l'impossibilité d'avoir des fleurs
naturelles, on peut mettre des fleurs artificielles, en ajoutant de la
verdure, pour y apporter un élément de la nature vivante.
Là où le climat l'exige, on pourrait utiliser des " protège-flammes" pour protéger les chandelles, à condition que ce dispositif ne cache pas la flamme elle-même.
Les mots " Legio Mariae" peuvent être brodés sur la
nappe, mais sans le nom du praesidium; il vaut mieux souligner ce qui
unit que ce qui distingue.
" De fait, la médiation de Marie est étroitement
liée à sa maternité, elle possède un
caractère spécifiquement maternel par lequel elle se
distingue de celle des autres créatures qui, d'une
manière différente mais toujours subordonnée,
participent à l'unique médiation du Christ, la
médiation de Marie étant, elle aussi, participée.
En effet, si 'aucune créature ne peut jamais être mise sur
le même pied que le Verbe incarné et rédempteur',
en même temps 'l'unique médiation du Rédempteur
n'exclut pas mais suscite au contraire une coopération
variée de la part des créatures, qui n'est qu'une
participation à cette unique source'; et ainsi 'l'unique
bonté de Dieu se répand réellement sous des formes
diverses dans les créatures'." (RMat 38).
2. Ponctuellement à l'heure marquée, les
membres seront tous à leur place, et la réunion
commencera. Mais un début de réunion ponctuel (si
nécessaire au bon fonctionnement du praesidium) ne sera
guère possible à moins que les officiers ne viennent un
peu à l'avance, pour veiller aux préparatifs
nécessaires.
Nulle réunion de praesidium ne doit commencer sans un ordre
du jour écrit appelé " Feuille de travail"
préparée avant chaque réunion, et à partir
de laquelle le président fera l'appel. Cette feuille de travail
mentionne en détail toutes les tâches dont s'occupe le
praesidium, et en regard de chacune le nom des membres qui en sont
chargés. Il n'est pas nécessaire de traiter toujours dans
le même ordre ces diverses tâches, mais à chaque
réunion, on fait l'appel du nom de chacun des membres
intéressés et chacun donne le compte rendu de sa
tâche particulière, même si deux ou plusieurs
personnes ont travaillé ensemble.
Avant la fin de la réunion, on s'assure que chaque membre a reçu son travail pour la semaine qui vient.
Le président devrait avoir un cahier dans lequel on peut insérer chaque semaine la feuille de travail.
" Si fervent et si absorbant qu'il soit, l'idéalisme ne doit
jamais servir d'excuse aux émotions vagues et sans
utilité pratique. Comme on l'a déjà fait
remarquer, le génie de saint Ignace consistait à
exploiter soigneusement et méthodiquement les énergies
religieuses. La vapeur ne sert de rien, elle est plutôt incommode
tant qu'on ne l'a pas pourvue d'un cylindre et d'un piston; de
même sans l'examen particulier et sans les applications
précises, que de ferveur spirituelle gaspillée! Mal
employé, un bidon d'essence peut faire sauter une automobile;
utilisé avec soin et compétence, il mène la
voiture jusqu'au haut de la colline." (Mgr Alfred O'Rahilly: Vie du
Père William Doyle)
3. La réunion s'ouvre par l'invocation et la
prière au Saint-Esprit, qui est la source de cette Grâce,
de cette Vie, de cet Amour, dont nous considérons avec joie
Marie comme en étant le canal.
" À partir du moment où elle conçut le Fils de
Dieu dans son sein, Marie possédait, pour ainsi dire, une
certaine autorité ou juridiction sur toutes les processions
temporelles du Saint-Esprit d'une telle manière que nulle
créature ne reçoit aucune grâce de Dieu, sans sa
médiation ...Tous les dons et les vertus et les grâces de
ce même Esprit Saint sont administrés par elle à
qui elle veut, quand elle le veut, autant qu'elle le veut et dans la
quantité et de la manière qu'elle le veut." (Saint
Bernardin: Sermon sur la Nativité)
(Note: La partie finale de la citation précédente se
trouve également en termes presque identiques dans les
écrits de saint Albert le Grand (Biblia Mariana, Liber Esther
1), qui vécut 200 ans avant saint Bernardin)
4. Suit la récitation de cinq dizaines du chapelet. Le
directeur spirituel commence la première , la troisième
et la cinquième dizaines; les membres commencent la seconde et
la quatrième dizaines. Chacun unit sa voix à celles des
autres. La mesure de dignité et de respect à donner
à la récitation de cette prière devrait être
la même que si la gracieuse Personnalité à laquelle
elle s'adresse était visiblement présente là
où est placée la statue.
Pour réciter l'Ave de la bonne manière, il faut que la
seconde partie de l'Ave commence seulement quand la première est
terminée et que le saint Nom de Jésus soit
prononcé avec respect. Le chapelet jouant un rôle si
important dans la vie des légionnaires, chacun d'eux est
instamment invité à se faire inscrire dans la
confrérie du Rosaire. (Voir Appendice 7)
Le pape Paul VI insiste sur le maintien du chapelet. C'est une
prière authentique. Son contenu est éminemment biblique.
Il résume en fait toute l'histoire du salut et répond au
but premier, qui est de montrer Marie dans les divers rôles
qu'elle a joués et joue encore au long de cette histoire.
" Parmi les différentes manières de prier, il n'en est
pas de plus excellente que le Rosaire. Il résume en lui tout le
culte que nous devons à Marie. Il est le remède à
tous nos maux, la source de toutes nos bénédictions."
(Pape Léon XIII)
" De toutes les prières, le Rosaire est la plus belle et la
plus riche en grâces; elle est de toutes la plus agréable
à Marie, la Vierge très sainte. Aimez donc le Rosaire et
récitez-le chaque jour avec dévotion: c'est le testament
que je vous laisse pour qu'il vous fasse souvenir de moi." (Saint Pie X)
" Pour les chrétiens, le premier des livres est
l'Évangile, et le Rosaire est un véritable
abrégé de l'Évangile." (Lacordaire)
" Il est impossible que les nombreuses prières de beaucoup ne
soient pas entendues si ces prières n'en forment qu'une." (Saint
Thomas d'Aquin: sur Mt 18)
5. La lecture spirituelle suit immédiatement le chapelet. Elle est faite par le directeur spirituel (ou en son absence par le
président). Sa durée ne devrait pas dépasser cinq
minutes. Le choix de cette lecture est libre, toutefois on conseille
vivement de la prendre dans le manuel, au moins pendant les
premières années d'un praesidium, pour permettre aux
membres de se familiariser avec son contenu, et pour les stimuler
à l'étudier en profondeur.
À la fin de la lecture, il est d'usage que les membres fassent ensemble le signe de la croix.
" Assurément Marie est digne d'être bénie, du
fait qu'elle est devenue la Mère de Jésus selon la chair
('Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins qui
t'ont nourri de leur lait'), mais aussi et surtout parce que dès
le moment de l'Annonciation elle a accueilli la Parole de Dieu, parce
qu'elle a cru, parce qu'elle a obéi à Dieu, parce qu'elle
'conservait' la Parole et la 'méditait dans son coeur' (cf Lc 1,
38,45; 2, 19.51) et l'accomplissait par toute sa vie. Nous pouvons donc
affirmer que la bénédiction prononcée par
Jésus ne contredit pas, malgré les apparences, celle que
formule la femme inconnue, mais elle la rejoint dans la personne de la
Mère-Vierge qui ne s'est dite que 'la servante du Seigneur'."
RMat 20)
6. On lit le procès-verbal de la réunion
précédente et, si les membres présents
l'approuvent, le président appose sa signature. Le
procès-verbal devra viser le juste milieu et n'être ni
trop long ni trop court. Il portera son propre numéro d'ordre
dans la série des réunions.
L'importance du procès-verbal a déjà
été soulignée, sous le titre des devoirs du
secrétaire. Étant donné qu'il est lu au
début de la réunion, il occupe pour ainsi dire une
position stratégique. Par sa qualité et la manière
de le lire, il peut donner le ton à ce qui va suivre, pour le
meilleur ou pour le pire.
Le bon procès-verbal est comme le bon exemple. Le mauvais
procès-verbal est comme le mauvais exemple; et il est
nécessaire de souligner qu'un procès-verbal bien
écrit mais mal lu, compte parmi les mauvais
procès-verbaux. Cet exemple exerce une force irrésistible
sur les membres. Leur attention, leurs comptes rendus en sont
affectés, de telle sorte que la réunion peut être
bonne ou médiocre, simplement parce que le procès-verbal
était bon ou mauvais. La qualité même du travail
suivra la qualité de la réunion.
Que le secrétaire réfléchisse donc à ces
choses, tout en vaquant à la préparation du procès
verbal; et que le praesidium veille à ce que le
procès-verbal soit bien fait, dans l'intérêt de son
propre bon fonctionnement.
" Ce serait une honte, en vérité, que sur ce point se
vérifia la parole du Christ:" Les fils de ce monde sont
plus avisés envers leurs propres congénères que
les fils de la lumière." (Lc 16: 8) Voyez en effet, avec quelle
application ils s'occupent de leurs affaires; comme ils font souvent la
balance de leurs dépenses et de leurs recettes; avec quelle
attention et quelle rigueur ils établissent leurs comptes;
combien ils s'affligent de leurs pertes et s'excitent vivement à
les réparer." (Saint Pape Pie X)
7. L'Instruction permanente. L'instruction permanente suivante doit
être insérée sur la feuille de travail, ou
placée bien en vue là où il n'y a pas moyen de
l'oublier au moment voulu. Elle est lue par le président
à la première réunion de chaque mois,
immédiatement après la signature du procès-verbal.
Instruction permanente
Le service légionnaire exige de chaque légionnaire:-
1. l'assistance ponctuelle et régulière aux
réunions hebdomadaires du praesidium, où il fera à
haute et intelligible voix un compte rendu suffisant de la tâche
qu'il aura accomplie;
2. la récitation quotidienne de la Catena;
3. l'accomplissement d'un travail actif légionnaire
substantiel, en esprit de foi et en union avec Marie, de telle
façon que dans ceux pour qui l'on travaille et dans ses
collaborateurs, ce soit la personne de Notre-Seigneur qui de nouveau
est vue et servie par Marie sa Mère;
4. le respect le plus absolu pour la nature confidentielle des
sujets traités aux réunions ou appris dans l'exercice du
travail légionnaire.
" Par moi, Marie désire aimer aussi Jésus dans le
coeur de tous ceux que je puis enflammer d'amour par mon apostolat et
mes prières continuelles. Si je m'identifie entièrement
avec elle, elle m'inondera tellement de ses grâces et de son
amour que j'arriverai à ressembler au ruisseau toujours
débordant qui, à son tour, inondera les autres
âmes. Par ce que je ferai, Marie pourra aimer Jésus et le
remplir de joie, non seulement avec mon propre coeur, mais aussi avec
les coeurs innombrables qui seront unis au mien." (De Jaegher: La vertu
de confiance) (Cette citation ne fait pas partie de l'Instruction
permanente).
8. Rapport du trésorier. Le trésorier
présentera un rapport hebdomadaire indiquant les recettes et les
dépenses du praesidium et la situation financière qui en
résulte.
" Les âmes sont parfois perdues par manque d'argent, ou, en
d'autres termes, parce qu'on participe insuffisamment à
l'apostolat." (James Mellett, C.S.Sp.)
9. Les membres donnent leur compte rendu. Les membres restent assis
en donnant de vive voix leur compte rendu; ils peuvent se servir de
notes au besoin.
Le praesidium ne saurait considérer à la
légère qu'un de ses membres n'accomplisse pas son devoir
légionnaire. Lorsque, pour des raisons valables, des membres
n'ont pu s'acquitter de leur tâche, ils doivent, si possible,
s'en expliquer. S'ils ne donnent pas d'excuses légitimes, ils
donnent l'impression qu'il s'agit d'une négligence de leur
devoir, ce qui constitue un mauvais exemple pour les autres.
Si les membres prennent leur travail au sérieux, ils auront
rarement l'occasion de présenter des excuses. Tant mieux, car
dans une atmosphère d'excuses, le zèle et la discipline
se relâchent.
Le compte rendu ne s'adresse pas au seul président, mais
à tout le groupe. On doit alors tenir compte d'un certain
procédé mental. Quand une personne parle individuellement
à une autre, sa voix s'accorde automatiquement à la
distance précise entre les deux, sans rien de plus. Cela
pourrait signifier que les paroles adressées au président
seraient entendues avec difficulté par les personnes qui sont
plus éloignées.
Le compte rendu, et toute la discussion à son sujet, doivent
être faits sur un ton de voix qui puisse atteindre toutes les
parties de la pièce. Un compte rendu qui n'est pas entendu par
un certain nombre des personnes présentes, même s'il est
complet et fidèle est -quant à l'effet déprimant
de la réunion - pire que s'il n'y avait aucun compte rendu.
Parler bas n'est pas un signe de modestie ou de douceur, comme certains
le pensent. Qui peut être aussi modeste, aussi douce que Marie?
Cependant, pourrait-on l'imaginer marmottant ses mots, ou parlant de
façon à n'être pas entendue de ceux qui
étaient près d'elle? Ô légionnaires! Imitez
votre Reine en cela, comme en tout le reste.
Les présidents doivent refuser les comptes rendus difficiles
à entendre. Pour cela, qu'ils soient eux-mêmes sans
reproche. Le président donne l'exemple à tous ses
membres. D'habitude, les membres parlent moins fort que le
président. Si celui-ci parle seulement sur un ton
modéré de conversation, les comptes rendus de tous
finiront par n'être plus que des murmures. Les membres qui
parlent clairement, alors que le président parle d'une voix
à peine audible, auront l'impression de crier, et ils baisseront
la voix au point de n'être plus entendus. Les membres doivent
insister pour que tous, y compris le président, parlent à
haute voix. Que le directeur spirituel, comme un médecin,
exprime sa propre exigence d'audibilité comme un
élément essentiel à la santé du praesidium.
Le compte rendu est, à son niveau, aussi important à
la réunion que les prières. Les deux se
complètent. L'un et l'autre sont nécessaires à la
réunion du praesidium.
Le compte rendu fait le lien entre le travail et le praesidium et
par conséquent il doit refléter clairement
l'activité de chacun - avec autant de vie, en un sens, que
l'image cinématographique sur l'écran - de telle sorte
que les autres membres puissent mentalement participer au travail et
soient en mesure de le juger, de le commenter et d'en tirer des
leçons. Le compte rendu doit donc mentionner ce qui a
été entrepris et réalisé, l'esprit dans
lequel il a été accompli, le temps qu'il a fallu, les
méthodes utilisées, les échecs subis, les
personnes qu'on n'a pas pu atteindre.
La réunion doit être animée et détendue.
Pour cela, il faut que les comptes rendus soient de nature à
intéresser les membres, ainsi qu'à les renseigner. Il est
impossible de croire à la bonne santé du praesidium, si
la réunion est mortellement ennuyeuse. De toute façon, il
n'attirera pas la jeunesse.
Certains genres de travaux sont si remplis de variété
qu'il est facile d'en tirer un compte rendu intéressant.
D'autres travaux n'offrent pas les mêmes attraits. C'est alors
qu'il faut s'ingénier à saisir les détails
frappants, si minimes soient-ils pour les mentionner dans le compte
rendu.
Le compte rendu ne doit être ni trop long, ni trop bref; il
doit surtout éviter les formules
stéréotypées. Un manquement de ce
côté dénoterait non seulement que le membre manque
à son devoir, mais que les autres membres l'assistent dans cette
négligence. Ce serait un coup mortel porté a toute
l'idée légionnaire de contrôle du travail. Le
praesidium ne peut diriger un travail s'il n'en est pas pleinement
informé.
En général, le travail de la Légion est si
difficile que certains membres, s'ils ne sont pas stimulés par
l'examen minutieux de leurs efforts par l'assemblée, peuvent
être portés à se ménager. On ne peut
accepter cela. Ils sont dans la Légion de Marie pour faire le
plus de bien possible; et les cas qui soulèvent le plus de
répugnance naturelle sont précisément ceux pour
lesquels on a le plus besoin de leur concours. C'est principalement par
la réunion alors que la discipline légionnaire est mise
en oeuvre, qu'elle triomphe de ces faiblesses et conduit le membre
à mener sa tâche à bonne fin. Cependant si le
compte rendu ne donne que de vagues indications sur ce que le
légionnaire fait, le praesidium ne pourra exercer qu'un vague
contrôle sur ses actions. Il sera impuissant à le stimuler
et à le protéger. Si le praesidium ne le soutient plus de
son intérêt et de ses conseils, alors qu'ils en a un
besoin vital, la discipline légionnaire perd toute emprise sur
ce membre et les résultats seront malheureux de part et d'autre.
N'oublions pas que tout compte rendu défectueux incite les
autres membres à faire de même. De cette façon
quiconque désire grandement servir la Légion lui nuit au
contraire sérieusement.
Qu'on ne se contente donc pas simplement d'un bon rapport; il faut
viser plus haut et ajouter à l'accomplissement parfait du
travail un rapport qui puisse être un modèle du genre et
procurer ainsi aux autres membres un enseignement sur la manière
de bien accomplir son travail et sur celle d'en faire le compte rendu.
" L'exemple" dit Edmund Burke, " est l'école de
l'humanité, et nulle autre ne nous apprend rien." Un seul membre
pénétré de cette idée peut élever
tout un praesidium au plus haut degré d'efficacité
dans le travail. Quant au compte rendu, même s'il n'est pas toute
la réunion, il en est tellement le centre nerveux que le reste
du praesidium réagit en sympathie avec lui, pour le meilleur ou
pour le pire.
On a signalé plus haut que Notre Dame peut être une
inspiration pour un aspect du compte rendu. Mais sa pensée peut
venir en aide dans tous les autres aspects. Un regard vers sa statue,
avant de commencer le compte rendu, assurera cette pensée. Il
est certain que toute personne qui essaie de faire son compte rendu
comme il s'imagine qu'elle le ferait, ne le donnera en aucun point de
vue de manière inadéquate.
" Certains chrétiens ne voient guère en Marie qu'une
créature infiniment pure et délicate, la femme la plus
tendre et la plus douce qui ait jamais existé. Aussi
risquent-ils de n'avoir envers elle qu'une dévotion
sentimentale, ou - s'ils sont d'un caractère positif - de se
sentir peu attirés vers elle. Ils ne se sont donc jamais
aperçus que cette Vierge si tendre, cette Mère si douce,
est aussi la femme forte par excellence, et que jamais homme n'eut une
telle force de caractère que cette femme." (Neubert: Marie dans
le Dogme)
10. La récitation de la Catena Legionis. Au temps
fixé, on se lève pour réciter la Catena Legionis.
Cette récitation selon l'expérience, se place
approximativement au milieu de l'intervalle qui s'écoule entre
la signature du procès-verbal et la fin de la réunion.
Ainsi, pour une réunion qui dure ordinairement une heure et
demie, ce sera environ une heure après le début. (Voir chapitre 22, Les Prières de la Légion)
L'antienne est récitée par toute l'assistance: les
versets du Magnificat sont alternés par le directeur spirituel
(ou en son absence par le président) et par les membres; l'oraison est
dite par le directeur spirituel (ou le président) seul.
Le signe de la croix ne se fait pas avant la Catena. Il se fait par
toute l'assistance au premier verset du Magnificat. On ne le fait pas
après la prière puisqu'elle est suivie de l'Allocution.
Il n'y a rien de plus beau dans la Légion que cette
récitation en commun de la Catena. Que le praesidium soit
plongé dans la joie ou dans la déception, ou cheminant
péniblement dans les sentiers battus, cette prière
apparaîtra comme une brise du ciel, chargée des parfums de
celle qui est le Lis et la Rose merveilleusement rafraîchissante
et réjouissante. Ce n'est pas là une simple description
pittoresque - comme tous les légionnaires le savent parfaitement
bien.
" J'insiste sur le Magnificat, parce qu'il me semble qu'on peut y
voir, plus peut-être qu'on ne le fait communément, un
document de première valeur relativement à la
maternité de grâce de Marie. La Très Sainte Vierge,
liée au Christ comme on sait qu'elle l'est depuis
l'Annonciation, se déclare représentative de toute la
race humaine, intimement associée à 'toutes les
générations', et unie à la destinée de ceux
qui sont réellement les siens. Son cantique est le chant de sa
maternité spirituelle." (Bernard, O.P.: Le Mystère de
Marie)
" Le Magnificat est la prière par excellence de Marie, le
chant des temps messianiques dans lequel convergent l'allégresse
de l'ancien et celle du nouvel Israël. En effet - comme semble le
suggérer saint Irénée - dans le cantique de Marie
passa le tressaillement de joie d'Abraham qui pressentait le Messie (cf
Jn 8:56) et retentit dans une anticipation prophétique, la voix
de l'Église ... De fait, le cantique de la Vierge, en
s'élargissant, est devenu la prière de toute
l'Église dans tous les temps." (MCul 18)
11. L'allocutio.* (*dans l'armée romaine, l'allocutio était l'adresse du chef à ses légionnaires) Lorsque les membres se sont rassis, le directeur
spirituel leur fait une courte causerie. Sauf en des circonstances
spéciales, l'allocution prend la forme d'un commentaire du
manuel, dans le but de rendre les membres complètement familiers
avec tous les points qu'il contient. Les membres apprécient
grandement l'allocutio; elle joue un rôle de premier ordre dans
leur perfectionnement. Ceux qui en sont responsables commettent une
injustice à leur égard, comme à l'égard de
la Légion elle-même, s'ils n'en tirent pas leur plus grand
bénéfice. Dans ce but, il est essentiel qu'on leur donne
une connaissance parfaite de leur organisation. Certes, l'étude
du manuel y contribue beaucoup; néanmoins elle ne doit pas se
substituer à l'allocutio. Certains légionnaires croiront
avoir étudié le manuel après l'avoir lu
attentivement deux ou trois fois. Cependant même dix ou vingt
lectures n'en donneraient pas le degré de connaissance que
désire la Légion. Les membres n'y parviendront que si, de
semaine en semaine, d'année en année, ils
reçoivent régulièrement une explication orale
systématique et un développement du manuel,
jusqu'à ce que chacune des idées qu'il contient leur
devienne complètement familière .
En cas d'absence du directeur spirituel, le président ou
quelque autre membre désigné par lui, devrait faire le
commentaire. On doit souligner qu'une simple lecture du manuel ou d'un
autre document ne suffit pas pour l'allocutio.
L'allocutio ne doit pas durer plus de cinq ou six minutes.
Entre un praesidium où l'allocutio est soignée et un
autre où elle est mal faite, il y a exactement la
différence qui existe entre une armée disciplinée
et une autre qui ne l'est point.
" J'ai depuis longtemps l'impression que, puisque le monde empire si
rapidement et que Dieu n'a plus, pour ainsi dire, prise sur le coeur
des hommes, ce bon Maître attend d'eux plus ardemment et plus
vivement de grandes choses de ceux qui lui sont restés
fidèles. Peut-être ne peut-il rassembler sous son
étendard une armée considérable; mais il veut que
chacun y soit un héros, entièrement et amoureusement
dévoué à sa cause. Si seulement nous pouvions
entrer dans ce cercle magique d'âmes généreuses, je
crois qu'il n'y a pas de grâce qu'il ne nous accorde pour
seconder et faire avancer l'oeuvre qui lui tient tant à coeur,
notre sanctification personnelle." (Mgr Alfred O'Rahilly: Vie du Père William Doyle)
12. L'allocutio terminée, toute l'assistance fait le signe de
la croix; puis elle continue à écouter les comptes rendus
et à traiter des autres affaires de la réunion,
" C'est un fait historique que les paroles de Notre Dame furent celles d'une femme extraordinairement distinguée. Ses goûts naturels la portaient à la poésie. Dès qu'elle
ouvrait la bouche, ses paroles jaillissaient en rythmes
poétiques. Elle s'exprimait dans la langue imagée des
maîtres du verbe." (Lord: Notre Dame dans le monde moderne)
13. La quête secrète. Aussitôt après
l'allocutio, on fait la quête secrète à laquelle
tous les membres contribuent selon leurs moyens. Elle a pour but de
couvrir les diverses dépenses du praesidium et d'aider la Curia
et les conseils supérieurs, qui n'ont pas d'autres ressources
pour s'acquitter de leurs fonctions de gouvernement et d'extension que
celles qui leur viennent des praesidia. (Voir chapitre 35, Ressources)
Cette quête ne doit pas interrompre le déroulement de
la réunion. On passe le sac sans ostentation d'un membre
à l'autre, et chacun y met la main, même s'il n'y
dépose rien.
On se procurera pour cela une bourse convenable. Un gant ou un sac en papier ne conviendraient pas.
La quête est secrète, parce qu'il est nécessaire
de mettre sur un pied d'égalité devant le praesidium ceux
qui ont des ressources et ceux qui n'en ont pas. Par conséquent
le principe du secret doit être respecté, et aucun membre
ne doit révéler à un autre le montant de sa
contribution. En second lieu, tous doivent se rendre compte que non
seulement le praesidium, mais aussi le bon fonctionnement de toute la
Légion dépendent de ce qui est déposé dans
la bourse de la quête secrète par chaque
légionnaire, ce qui évite de la considérer comme
une simple formalité. On ne saurait remplir cette obligation en
donnant une obole si peu considérable qu'elle ne signifie rien
pour le donateur. C'est au contraire un privilège qui lui est
accordé de participer à mission universelle de la
Légion. Par conséquent, le geste de contribuer à
ce fonds développe le sens de la responsabilité, aussi
bien que celui de la générosité.
C'est seulement l'offrande de chacun qui est secrète. Le
produit global de la quête peut être annoncé, et
naturellement on doit dûment l'inscrire et en tenir compte.
" On voit que Jésus songe à Marie sa Mère en
louant l'offrande de la veuve 'qui ne donna pas de son superflu, mais
qui 'de son dénuement a mis tout ce qu'elle avait pour vivre.'
(Lc 2l:3-4)," (Orsini: Histoire de la Bienheureuse Vierge)
14. Fin de la réunion. Quand toutes les affaires ont
été traitées, incluant l'attribution du travail
à chaque membre et le pointage des présences, la
réunion se termine par les prières finales de la
Légion et la bénédiction du prêtre.
La réunion ne doit pas durer plus d'une heure et demie à partir de l'heure fixée pour son ouverture.
" Je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur
la terre unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur
sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Que deux ou
trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au
milieu d'eux." (Mt 18:19-20)