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Manuel


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Couverture
Table des matières
Abréviations des Livres de la Bible
Abréviations des Documents du Magistère
Pape Jean-Paul II à la Légion de Marie
Note préliminaire
Profil de Frank Duff

Photographies
Frank Duff
L'autel légionnaire
Vexilla

Chapitres
1. Nom et Origine
2. But
3. Esprit de la Légion
4. Le Service légionnaire
5. Les Traits fondamentaux de la Dévotion légionnaire
6. Les Devoirs des légionnaires envers Marie
7. Le Légionnaire et la Sainte Trinité
8. Le Légionnaire et l'Eucharistie
9. Le Légionnaire et le Corps mystique du Christ
10. L'Apostolat de la Légion
11. Plan de la Légion
12. Les Buts extérieurs de la Légion
13. Conditions d'admission
14. Le Praesidium
15. La Promesse légionnaire
16. Autres Degrés d'affiliation
17. Les Âmes des légionnaires défunts
18. Déroulement de la réunion du praesidium
19. La Réunion et le membre
20. Le Système invariable de la Légion
21. Foyer Mystique de Nazareth
22. Les Prières de la Légion
23. Les Prières invariables
24. Les Patrons de la Légion
25. Tableau de la Légion
26. La Tessera
27. Le Vexillum Légionis
28. Gouvernement de la Légion
29. Fidélité légionnaire
30. Rassemblements
31. Extension et recrutement
32. Objections à prévoir
33. Devoirs Fondamentaux des légionnaires
34. Devoirs des Officiers de praesidia
35. Ressources
36. Praesidia qui nécessitent une mention spéciale
37. Suggestions concernant les travaux
38. Les Patriciens
39. Directions Fondamentales pour l'apostolat légionnaire
40. Allez proclamez l'Évangile à toute la création
41. La plus grande d'entre elles, c'est la Charité

Appendices
Appendice 1: Lettres et Messages des Papes
Appendice 2: Extraits de la Constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium, du concile Vatican II
Appendice 3: Extraits du Code de droit canonique sur les obligations et les droits des fidèles laïcs du Christ.
Appendice 4: La Légion Romaine
Appendice 5: Confrérie de Marie, Reine des Coeurs
Appendice 6: La Médaille de l'Immaculée Conception appellée la médaille miraculeuse
Appendice 7: La Confrérie du Très Saint Rosaire
Appendice 8: L'enseignement de la doctrine chrétienne
Appendice 9: Association pionnière du Sacré Coeur pour l'abstinence totale
Appendice 10: Étude de la foi
Appendice 11: Synthèse mariale

La prière de St Bernard

Indexes
Index des Références bibliques
Index des Documents du Magistère
Index des Références Papales
Index d'Auteurs et autres Personnes dignes de mention
Index des sujets

Note des références à Notre Seigneur

Poème de Joseph Mary Plunkett


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Chapitre 19

19

LA RÉUNION ET LE MEMBRE

1. Respect de la réunion. Partout dans l'ordre naturel, la transmission du pouvoir dépend de la qualité des relations; que celles-ci se rompent, la transmission s'arrête. De la même manière dans le système légionnaire, une interruption importante peut se produire quelque part. Un membre peut assister aux réunions et cependant ne recevoir que peu ou pas de communication de cette inspiration, de ce dévouement et de cette force, qui ont été décrites précédemment comme étant la vie de la Légion. Une union doit exister entre la réunion et le membre, et cette union ne se réalise pas par une simple présence machinale de ce dernier. Un élément doit intervenir pour faire de cette assistance un lien efficace entre la réunion et le membre, et cet élément est le respect. C'est sur ce respect (se manifestant par l'obéissance, la loyauté, l'estime) du membre pour la réunion, que tout dans le système de la Légion dépend.

2. Le praesidium doit être digne de ce respect. Un groupement dont l'idéal ne s'élève pas au-dessus de la moyenne de ses membres manque de ce qui est de première nécessité pour un guide, et ne conservera pas longtemps leur respect.

3. Le praesidium doit respecter les règlements. La vie légionnaire se communiquera au légionnaire dans la mesure où il respecte le praesidium; et comme il est de l'essence de l'esprit légionnaire de viser à l'excellence, le praesidium doit s'efforcer de gagner au plus haut degré le respect de ses membres, afin de pouvoir à son tour les influencer. Un praesidium cherche à bâtir sur le sable quand il réclame de ses membres un respect qu'il n'a pas lui-même pour le code sous lequel il travaille; ce qui explique pourquoi on insiste, dans ce manuel, sur la nécessité d'une exacte fidélité à l'ordre des réunions et à la procédure générale, telle qu'établie.

4. Le praesidium doit être un modèle de régularité. La Légion requiert que tout ce qui se dit et se fait dans ses réunions soit un exemple, même pour le plus zélé de ses membres; et grâce au nombre de personnes qui le composent, le praesidium est apte à remplir ce rôle. Une maladie, des vacances, ou d'autres circonstances inévitables peuvent empêcher momentanément un légionnaire d'accomplir certaines de ses obligations de membre. Cependant, le praesidium étant composé de plusieurs membres qui ne seront pas tous empêchés en même temps, il peut être au-dessus des limites individuelles. La réunion hebdomadaire ne doit être omise pour aucun motif, à moins d'impossibilité réelle. Si le jour habituel n'est pas possible pour une semaine donnée, la réunion devrait avoir lieu un autre jour. Le fait qu'un grand nombre de ses membres seront absents n'est point une raison pour l'omettre. Mieux vaut la tenir devant une faible assistance que de la supprimer tout à fait. Il est vrai que peu d'affaires seront traitées dans une telle réunion, mais au moins le praesidium se sera acquitté de son devoir le plus important, et les affaires de ses futures réunions y gagneront sans mesure, grâce au respect accru que les membres ressentiront instinctivement pour une oeuvre qui continue, presque en dépit de ceux qui la composent, qui se maintient solide au milieu de leurs faiblesses, de leurs erreurs et de leurs engagements si variés, reflètent de la sorte, dans une faible mesure, la caractéristique principale de l'Église elle-même.

5. Chauffage et éclairage. Il importe que la salle soit bien éclairée et la température agréable. Des négligences sur ces points changeront en pénitence des réunions qui devraient être un plaisir, et porteront fatalement préjudice aux attentes du praesidium.

6. Les sièges. La salle doit avoir des chaises, ou au moins des bancs pour s'asseoir. Des pupitres d'écoliers ou des sièges de fortune créeraient un air de désordre, dans lequel l'esprit de la Légion, qui est un esprit d'ordre, n'y gagnerait rien.

7. Les praesidia doivent se réunir aux moments les plus convenables. Étant donné que la majorité des personnes travaillent durant la journée, la réunion ne peut se tenir généralement que le soir ou le dimanche. Beaucoup cependant travaillent durant la soirée ou la nuit, il faut donc leur trouver des heures de réunion qui leur conviennent.

Il faut penser aussi à ceux qui travaillent en équipes de relais, c'est-à-dire dont les horaires de travail varient périodiquement. Deux praesidia, au temps de réunion très différent, pourraient s'entendre pour les recevoir. Ces légionnaires, suivant leurs loisirs, participeraient alternativement à l'un ou à l'autre de ces praesidia. Pour assurer la continuité de la présence et du travail, les deux praesidia auraient besoin de se tenir en contact étroit.

8. Durée de la réunion. La réunion ne durera pas plus d'une heure et demie, à partir du moment fixé pour son ouverture. Si en dépit de la manière de mener à bien la réunion, on trouve qu'il faut fréquemment couper court aux affaires ou adopter une allure précipitée à cause d'une clôture automatique, il faudrait y voir là un signe que le praesidium est surchargé de travail et qu'il faut songer à en former un autre.

9. Durée insuffisante des réunions. Aucune durée minimum n'est prescrite pour les réunions, mais si les réunions durent habituellement moins d'environ une heure (dont trente minutes sont prises par les prières, la lecture spirituelle, le procès-verbal et l'allocutio), il semble qu'il y a un défaut quelque part. Qu'il vienne du nombre des membres, ou de la quantité du travail, ou de la qualité des comptes rendus, il faudrait y remédier. Dans le monde industriel, on verrait comme une grave erreur de méthode la négligence du plein rendement des machines, alors que les débouchés abondent. De même dans la Légion, il importe de viser au plein rendement de l'organisation. Personne ne peut contester, qu'au plan spirituel, il soit nécessaire de viser au plus haut rendement possible.

10. Arrivée tardive ou départ hâtif. Les légionnaires qui arrivent en retard pour les prières d'ouverture se mettent à genoux et récitent en leur particulier les prières (sur la Tessera) qui précèdent le chapelet et les invocations qui le suivent. Cependant le fait de manquer le chapelet du praesidium ne peut être réparé. De même, les membres qui seraient obligés de se retirer avant la fin de la réunion devraient d'abord demander la permission au président; avant de partir, ils s'agenouillent et récitent la prière 'Nous avons recours à votre protection' avec les invocations qui suivent.

On ne saurait tolérer qu'un membre arrive habituellement en retard à la réunion ou la quitte avant la fin. Il est vrai qu'il peut avoir fait son travail et en avoir rendu compte; mais son indifférence à manquer les prières d'ouverture ou de clôture dénote un état d'esprit étranger ou même hostile au véritable esprit de la Légion, qui est un esprit de prière. Une telle mentalité ferait plus de tort que de bien.

11. Le bon ordre, racine de la discipline. Pour développer l'esprit de discipline dans ses membres, la Légion compte sur leur fidélité: (a) à assurer à la réunion le cadre exigé par la règle, (b) à s'y acquitter de leurs diverses obligations dans l'ordre prévu, (c) à y traiter les affaires tel que prescrit, (d) à agir en union avec Marie, qui est le grand ressort de l'ordre. Sans cet esprit de discipline, la réunion est comme une tête lucide sur un corps paralysé, impuissante à contrôler ses membres, à les stimuler ou à les former de quelque manière que ce soit. Sans discipline, les membres, seront à la merci de la tendance si naturelle aux êtres humains à travailler seuls, à éviter le plus possible le contrôle, à s'adonner à la tâche suggérée par la fantaisie du moment, et de la manière qui leur plaît, et dont aucun bien ne résultera.

Au contraire, l'une des plus puissantes forces du monde réside dans une discipline volontairement acceptée et consacrée à des fins religieuses. Cette discipline se révélera irrésistible si elle est ferme, quoique sans raideur et en cordial accord avec l'autorité ecclésiastique.

Dans cet esprit de discipline qui la caractérise, la Légion possède un trésor qu'elle peut aussi répandre à l'extérieur d'elle-même. C'est un don hors de prix, car le monde oscille sans profit entre les deux pôles opposés de la tyrannie et de la licence. L'absence de discipline intérieure peut être masquée par l'opération d'une ferme discipline extérieure, le produit de la tradition ou de la force. Là où les individus et les communautés ne sont tenus que par cette discipline extérieure, ils s'effondreront si elle fait défaut, comme il arrive dans les moments de crise. Bien que la discipline intérieure soit infiniment plus importante que tous les systèmes de discipline extérieure, on aurait tort de croire que la seconde soit négligeable. En vérité, l'une exige l'autre. Bien harmonisées dans de justes proportions liées à des motifs de religion, elles constituent ce fil triple qui - dit l'Écriture -" ne rompt pas facilement" . (Si 4:12)

12. Importance capitale de la ponctualité. Sans ponctualité, il est impossible d'accomplir le commandement du Seigneur: " Mets ordre à ta maison." (Is 38:l) Toute organisation qui habitue ses membres au désordre les déforme d'une façon radicale. Elle laisse perdre en outre ce respect qui est à la base de toute éducation véritable et de toute vraie discipline. Cette négligence d'une chose essentielle qu'il serait si facile d'observer, est un procédé aussi absurde que celui de l'homme qui laisse pourrir tout le bateau pour épargner un sou de goudron! Parfois on place soigneusement une montre sur la table, mais elle n'exerce aucune influence sur le déroulement de la réunion. En d'autres cas, elle joue un rôle quant au début, au milieu et à la fin de la réunion, mais on ne s'en occupe pas en ce qui regarde la réglementation des comptes rendus et des autres affaires, alors que le principe de ponctualité doit s'appliquer en toute chose du commencement à la fin.

Si les officiers sont fautifs sur ces points, il appartient aux membres de le faire remarquer. Autrement ils se font complices de cet état de chose.

13. Manière de réciter les prières. Certains caractères impétueux ont peine à retenir leur élan, même quand il s'agit de la prière, et cette fausse manière de diriger peut entraîner tout un praesidium à une manière de réciter les prières, qui frise le manque de respect. De fait, s'il est un défaut plus ou moins général, c'est que les prières sont récitées trop rapidement, semblant dénoter de l'indifférence envers cette injonction demandant aux légionnaires de prier comme si Notre Dame elle-même, au lieu de sa statue, était visiblement présente parmi eux.

14. Les prières doivent faire corps avec la réunion. De temps à autre on a suggéré de réciter le chapelet devant le Saint Sacrement, avant de se rendre à la salle de réunion. Cette suggestion ne peut être acceptée en vertu du principe général selon lequel l'unité de la réunion est essentielle à tout le système de la Légion. Avec l'unité de la réunion, toutes les affaires sont traitées dans un climat de prière bien marqué (produisant des fruits éminents d'héroïsme et d'efforts), qui seraient perdus si les prières étaient récitées ailleurs. Un tel changement modifierait le caractère global de la réunion et par conséquent de la Légion elle-même, qui est édifiée sur la réunion. En fait, l'organisation qui en résulterait, quoi qu'il en soit de ses mérites, ne serait plus du tout la Légion de Marie. Ceci étant dit, il semble inutile d'affirmer que l'omission effective du chapelet ou de certaines autres prières - quelles qu'en soient les circonstances - est encore moins admissible. Ce qu'est la respiration pour le corps humain, le chapelet l'est pour les réunions de la Légion.

15. Les exercices de piété et la réunion. Pour la raison susdite, un praesidium qui a récité les prières de la Légion à l'église ou dans une autre rencontre précédant la réunion, devra répéter toutes les prières à la réunion du praesidium.

16. Prières spéciales à la réunion. On demande souvent s'il est permis d'offrir à des intentions spéciales les prières de la réunion. Comme beaucoup de demandes sont faites pour de telles prières, il devient nécessaire de définir la position:- (a) S'il s'agit d'offrir à une intention particulière les prières ordinaires de la réunion prescrites par la Légion, il est de règle d'offrir ces prières aux intentions de notre Bienheureuse Dame, Reine de la Légion, et non à d'autres intentions. (b) S'il s'agit d'ajouter aux prières de la Légion d'autres prières pour des intentions spéciales, il est de règle que les prières d'obligation sont déjà assez longues, et qu'on ne devrait pas ordinairement en ajouter. On admet cependant que de temps en temps, des intérêts d'une importance exceptionnelle pour la Légion réclament des prières spéciales; dans ce cas, aux prières ordinaires de la réunion, on pourra ajouter une courte prière. On souligne que de telles additions doivent être assez rares. (c) Il serait évidemment permis de recommander aux membres des intentions spéciales, à inclure dans leurs dévotions personnelles.

17. Le compte rendu s'oppose-t-il à l'humilité? On a connu des membres, qui pour justifier l'insignifiance de leurs comptes rendus, ont objecté qu'il leur semblait contraire à l'humilité d'afficher ainsi leurs bonnes oeuvres. Rappelons-nous cependant qu'un certain orgueil imite l'humilité; c'est ce que les poètes ont appelé le péché favori du diable. Ces membres par conséquent, doivent prendre garde, de peur que cette pensée qui est la leur soit le fruit, non de l'humilité, mais de l'orgueil lui-même, et d'un grand désir de soustraire leurs actions au contrôle méticuleux du praesidium. La véritable humilité ne les inciterait-elle pas à établir une fausse ligne de conduite qui, si elle était imitée par les autres membres ruinerait le praesidium? Non, certainement, la simplicité chrétienne inciterait les membres à éviter la singularité, à se soumettre avec douceur aux règles et observances de leur mouvement, à jouer pleinement leur rôle, personnel mais nécessaire, à l'édification de la réunion, où chaque compte rendu, comme il a été dit, apporte sa pierre.

18. La concorde, expression de l'unité. Puisque la concorde est la manifestation extérieure de l'esprit de charité, il faut qu'elle y règne en souveraine; et l'efficacité, au sens légionnaire du mot, n'exclut jamais l'idée de la concorde. Le bien accompli aux dépens de la concorde est d'une qualité douteuse. Les membres doivent donc éviter comme un véritable fléau les manquements qui lui sont directement opposés. Cela concerne des choses telles que le désir de dominer, la critique, la mauvaise humeur, le scepticisme railleur et les airs de supériorité, qui si elles entrent à la réunion font partir sur-le-champ la concorde.

19. Le travail de chacun doit intéresser tous les autres. La réunion s'ouvre par la prière et tous doivent avoir conscience d'y avoir personnellement participé. Ce sentiment d'une participation personnelle doit se maintenir à l'égard de chacune des affaires subséquemment traitées. On s'abstient donc de bavarder ou de rire avec les voisins. Qu'on soit convaincu que chaque cas traité concerne tous les assistants et non pas seulement le ou les membres qui y sont directement impliqués, de telle sorte que chacun fait spirituellement une visite aux personnes ou aux lieux dont il est fait mention, comme ayant fait l'objet d'un travail. Sans cette prise de conscience, les membres prêteront une vague attention aux comptes rendus des autres et aux observations faites sur leur travail; tandis que chaque moment doit être bien rempli, non seulement avec l'attention que l'on porte au rapport intéressant du travail fait, mais avec le sentiment d'un contact intime, d'un intérêt personnel.

20. La discrétion est d'une importance capitale. L'instruction permanente, lue mensuellement, a pour but de persuader les membres de l'importance capitale de la discrétion dans le système légionnaire.

Chez un soldat, le manque de courage est une honte, mais la trahison est infiniment pire. On trahit la Légion en répétant au dehors les choses de nature confidentielle apprises ou discutées aux réunions du praesidium. Néanmoins, il y a une mesure en tout. C'est mal comprendre le vrai zèle de croire que, dans l'intérêt de la charité, les légionnaires devraient s'abstenir de nommer les personnes ou de faire des comptes rendus concernant la négligence de la religion.

Pareille conception, apparemment plausible est une erreur, et une menace pour la vie de la Légion, parce que le praesidium ne pourrait travailler de façon satisfaisante dans de telles conditions:-

(a) L'adoption d'une telle manière d'agir serait contraire à la pratique générale des sociétés qui ont l'habitude de discuter leurs cas.

(b) La conclusion logique de cette proposition serait que les co-visiteurs devraient eux aussi garder la confidentialité entre eux.

(c) La source de l'action et la connaissance et la charité, ce n'est ni un visiteur ni le couple de visiteurs. Le praesidium est cette source, et le détail de tous les cas ordinaires doit être communiqué à cette source. Si l'on retient les comptes rendus, la source devient inefficace. Sous prétexte de charité, on porte préjudice aux vrais intérêts de la charité.

(d) Aucune analogie n'existe entre le cas du légionnaire et celui du prêtre, que ses fonctions sacrées situent sur un autre plan. Au cours de ses visites, le légionnaire n'en apprend pas beaucoup plus que ce qu'apprendrait toute personne respectée, et qui est souvent connu des voisins ou de la région.

(e) En supprimant chez les membres l'obligation de fournir des comptes rendus adéquats, on risque de détruire chez eux le sentiment de ce contrôle minutieux auquel le système de la Légion attache tant de prix. On ne peut plus en ce cas donner des conseils, des directives ou des critiques appropriés, de sorte que l'idée essentielle du praesidium est frustrée. La formation et la sauvegarde de ses membres, basées sur le comptes rendus, deviennent impossibles. À moins que les comptes rendus hebdomadaires des membres ne soient adéquatement détaillés pour assurer le contrôle minutieux déjà mentionné, les indiscrétions vont presque certainement se produire au détriment de la Légion.

(f) Pire encore, le lien même de la discrétion tend à se relâcher. La garantie de la discrétion légionnaire (si bien gardée jusqu'ici) réside dans l'influence du praesidium sur ses membres. Si cette influence faiblit, le lien de la discrétion faiblira lui aussi. Bref, le praesidium n'est pas seulement le lien de la charité et de la discrétion, il en est encore le soutien.

Les comptes rendus présentés à la réunion doivent être considérés comme étant de la même catégorie que la discussion des secrets de famille; ils devraient permettre la même liberté d'expression, à moins qu'il ne soit démontré qu'une indiscrétion s'est produite. Même alors, la remède ne consiste pas à limiter la liberté de tout dire, mais à congédier le traître.

Certes, il peut se présenter occasionnellement des cas extrêmes, dont les circonstances réclament le silence le plus absolu. On consultera alors au plus tôt le directeur spirituel, (ou, à son défaut, quelque autre conseiller compétent) qui suggérera la conduite à suivre.

21. Liberté d'expression. Est-il légitime d'exprimer son désaccord sur les méthodes suivies à la réunion? L'atmosphère du praesidium ne devrait pas être celle d'un régiment, mais plutôt celle qui caractérise la famille.

Par conséquent, on doit accueillir volontiers les " commentaires loyaux" . Cependant ces commentaires ne doivent jamais être formulés sur un ton de défi ou manquer de respect envers les officiers.

22. La réunion, soutien de la persévérance des membres. Elle est bien humaine la tendance qui consiste à chercher impatiemment les résultats tangibles et à se montrer ensuite peu satisfait de ce qui est obtenu. Pourtant les résultats tangibles ne sont pas nécessairement une preuve de succès. Un membre réussit immédiatement, alors que l'héroïque persévérance d'un autre demeure stérile. Le sentiment d'avoir peiné inutilement peut engendrer l'abandon du travail. Le travail évalué uniquement sous l'aspect des résultats est un sable mouvant qui ne soutiendra pas longtemps le membre ordinaire. Un tel support est essentiel. Les légionnaires trouveront un appui dans la richesse des prières, le rituel, l'atmosphère caractéristique, les comptes rendus du travail accompli, la camaraderie bénie, le magnétisme de la discipline, l'intérêt pris aux tâches, la régularité même, qui chaque semaine contribuent à construire la réunion du praesidium.

Nulle pensée d'effort perdu, pour relâcher le lien d'appartenance, mais tout pour le fortifier rapidement! À mesure que les réunions se succèdent avec régularité; elles donnent l'intuition d'un mécanisme qui fonctionne avec douceur, atteignant sûrement la fin pour laquelle il était conçu, et donnant la ferme assurance de réussir pleinement dans le travail, condition essentielle de persévérance. Que les légionnaires portent leurs pensées un peu plus loin, et qu'ils voient dans ce mécanisme l'instrument de guerre que Marie utilise pour étendre le royaume de son Fils. Ils en constituent les différentes pièces. Son fonctionnement dépend de leur propre collaboration. Leur fidélité de membres signifie son parfait fonctionnement, et Marie s'en sert pour obtenir les résultats qu'elle désire. Ceux-ci ne peuvent être qu'excellents, car " c'est Marie seule qui connaît parfaitement où est la plus grande gloire du Très Haut" . (Saint Louis-Marie de Montfort)

23. Le praesidium est une " Présence" de Marie. Les conseils donnés dans cette section visent à réaliser une union plus parfaite entre les individus, afin d'en former un corps, prêt à servir l'apostolat pastoral officiel de l'Église. On pourrait comparer les relations entre cet apostolat en commun et l'apostolat individuel aux rapports existant entre la liturgie et la prière individuelle.

Cet apostolat se fait en union avec Marie et s'appuie sur sa maternité " qui a donné au monde la Vie qui renouvelle tout, et elle a été enrichie par Dieu de dons correspondant à une si haute fonction" . (LG 56). Elle continue à remplir ce rôle par l'intermédiaire de ceux qui sont disposés à l'aider. Un praesidium met à sa disposition un groupe d'âmes aimantes, désireuses de la seconder. Il est certain qu'elle acceptera cette aide. On pourrait donc considérer le praesidium comme une présence locale effective de Marie, lui permettant de manifester ses dons exceptionnels et de prolonger sa maternité. Aussi bien peut-on attendre d'un praesidium fidèle à son idéal qu'il répande autour de lui la vie, le renouveau, la guérison, les solutions de toutes sortes. Partout où se posent des problèmes, on peut s'appuyer sur ce principe spirituel.

" Présente ton épaule à son fardeau, ne sois pas impatient de ses liens. De toute ton âme approche-toi d'elle, de toutes tes forces suis ses voies, Mets-toi sur sa trace et cherche-la: elle se fera connaître; si tu la tiens, ne la lâche pas. Car à la fin tu trouveras en elle le repos et pour toi elle se changera en joie. Ses entraves te deviendront une puissante protection, ses colliers une parure précieuse. Son joug sera un ornement d'or, ses liens des rubans de pourpre." (Si 6:25-30)

RG Source
    http://www.smlm.org/manuel/CHAP19.html

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