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Table des matières
Abréviations des Livres de la Bible
Abréviations des Documents du Magistère
Pape Jean-Paul II à la Légion de Marie
Note préliminaire
Profil de Frank Duff

Photographies
Frank Duff
L'autel légionnaire
Vexilla

Chapitres
1. Nom et Origine
2. But
3. Esprit de la Légion
4. Le Service légionnaire
5. Les Traits fondamentaux de la Dévotion légionnaire
6. Les Devoirs des légionnaires envers Marie
7. Le Légionnaire et la Sainte Trinité
8. Le Légionnaire et l'Eucharistie
9. Le Légionnaire et le Corps mystique du Christ
10. L'Apostolat de la Légion
11. Plan de la Légion
12. Les Buts extérieurs de la Légion
13. Conditions d'admission
14. Le Praesidium
15. La Promesse légionnaire
16. Autres Degrés d'affiliation
17. Les Âmes des légionnaires défunts
18. Déroulement de la réunion du praesidium
19. La Réunion et le membre
20. Le Système invariable de la Légion
21. Foyer Mystique de Nazareth
22. Les Prières de la Légion
23. Les Prières invariables
24. Les Patrons de la Légion
25. Tableau de la Légion
26. La Tessera
27. Le Vexillum Légionis
28. Gouvernement de la Légion
29. Fidélité légionnaire
30. Rassemblements
31. Extension et recrutement
32. Objections à prévoir
33. Devoirs Fondamentaux des légionnaires
34. Devoirs des Officiers de praesidia
35. Ressources
36. Praesidia qui nécessitent une mention spéciale
37. Suggestions concernant les travaux
38. Les Patriciens
39. Directions Fondamentales pour l'apostolat légionnaire
40. Allez proclamez l'Évangile à toute la création
41. La plus grande d'entre elles, c'est la Charité

Appendices
Appendice 1: Lettres et Messages des Papes
Appendice 2: Extraits de la Constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium, du concile Vatican II
Appendice 3: Extraits du Code de droit canonique sur les obligations et les droits des fidèles laïcs du Christ.
Appendice 4: La Légion Romaine
Appendice 5: Confrérie de Marie, Reine des Coeurs
Appendice 6: La Médaille de l'Immaculée Conception appellée la médaille miraculeuse
Appendice 7: La Confrérie du Très Saint Rosaire
Appendice 8: L'enseignement de la doctrine chrétienne
Appendice 9: Association pionnière du Sacré Coeur pour l'abstinence totale
Appendice 10: Étude de la foi
Appendice 11: Synthèse mariale

La prière de St Bernard

Indexes
Index des Références bibliques
Index des Documents du Magistère
Index des Références Papales
Index d'Auteurs et autres Personnes dignes de mention
Index des sujets

Note des références à Notre Seigneur

Poème de Joseph Mary Plunkett


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Chapitre 33

33

DEVOIRS FONDAMENTAUX DES LÉGIONNAIRES

1. Assistance régulière et ponctuelle aux réunions hebdomadaires du praesidium

(Voir Chapitre 11, Le Plan de la Légion)

(a) Ce devoir est plus pénible quand on est fatigué que lorsqu'on est bien dispos; quand il fait mauvais que lorsque le ciel est serein; et généralement quand on serait tenté d'aller ailleurs. Cependant, où est la pierre de touche sinon dans la difficulté, où est le vrai mérite sinon dans la conquête des difficultés?

(b) Il est plus facile de saisir la valeur d'un travail que celle d'assister à une réunion pour en rendre compte; pourtant, la réunion est le devoir primordial. La réunion est au travail ce que la racine est à la fleur, la condition même de sa vie.

(c) La fidélité aux réunions, malgré le long trajet d'aller et retour qu'elles imposent parfois, dénote une vision surnaturelle profonde, car du seul point de vue de la raison, l'importance de la réunion ne contrebalance guère la perte de temps occasionnée par le voyage. Mais ce n'est pas du temps perdu. Non, car le voyage est une partie, et une partie particulièrement méritoire de l'accomplissement du travail. Le long voyage de Marie pour visiter sa cousine fut-il un gaspillage de temps?

" A tant d'autres vertus, sainte Thérèse joignait un courage extraordinaire. Elle avait toujours ce principe que nous devrions aller jusqu'au bout de nos forces avant de nous plaindre. Que de fois ne s'est-elle pas rendue à Matines avec des vertiges, ou de violents maux de tête! 'Je puis encore marcher', se disait-elle, 'eh bien je devrais être à mon poste'. Et grâce à cette énergie indomptable, elle accomplissait des actes simplement héroïques." (Sainte Thérèse de Lisieux)

2. Accomplissement du travail hebdomadaire

(a) Ce travail doit être " substantiel" , c'est-à-dire que le Légionnaire devrait y consacrer une couple d'heures par semaine. Néanmoins, il ne s'agit pas d'un temps-limite. Bien des légionnaires dépassent de beaucoup ce minimum, allant jusqu'au don de plusieurs jours par semaine. Beaucoup même y emploient tout leur temps. Ce travail doit représenter un service actif défini assigné par le praesidium, non pas quelque chose de dicté par le goût personnel du légionnaire. Les prières ou autres exercices spirituels, si considérables soient-ils, ne peuvent satisfaire cette obligation ni même y suppléer en partie.

(b) Le travail n'est qu'une prière sous une autre forme, et les règles de la prière doivent y être appliquées. Sans cette dimension surnaturelle, il ne durera pas longtemps. Si la tâche est facile, elle deviendra monotone; si elle est digne d'intérêt, elle sera très probablement difficile, parsemée de rebuffades et d'échecs au moins apparents. Dans les deux cas, les considérations humaines inciteront promptement à l'abandonner. Au contraire, le légionnaire doit être amené à discerner sous la brume des sentiments humains qui masquent le travail, les grandes lignes de ce dernier, qui sont surnaturelles. Plus un travail est comme une croix, plus on doit l'estimer.

(c) Le légionnaire est un soldat, il ne saurait donc déployer moins de courage dans l'accomplissement de son devoir que n'en montrent les soldats ordinaires au service de causes terrestres. Tout ce qu'il y a de noble, de dévoué, de chevaleresque et de fort dans le caractère du soldat devrait briller au plus haut degré dans le véritable légionnaire de Marie, et se refléter évidemment dans son travail.

Le devoir du soldat peut devenir une mort de diverses façons, que ce soit la monotonie des heures de faction de la sentinelle ou le brossage des planchers de la caserne. Un bon soldat, dans les minuties du service ne regarde que le devoir à accomplir, non ce que le devoir comporte. Dans toutes les circonstances, c'est la même fidélité, et la défaite ou la victoire n'affectent pas le sens du devoir. Le légionnaire ne peut avoir de son devoir une idée moins solide, son application aux moindres détails de son travail, ne sera pas moindre non plus, du plus insignifiant au plus difficile.

(d) Le travail légionnaire doit s'accomplir dans l'union la plus intime avec Marie. Mais de plus, le légionnaire doit regarder comme un but essentiel de ce travail, d'infuser à ceux qui en bénéficient une connaissance et un amour véritable de Marie, qui les porteront à la servir de quelque manière. Une connaissance de Marie et une dévotion envers elle sont indispensables à la santé et au progrès des âmes. " Car elle est associée aux divins mystères, elle peut vraiment être représentée comme leur gardienne. Sur elle, comme sur le plus noble fondement après Jésus Christ, repose la foi de toutes les générations." (AD 3) Les Légionnaires sont invités à considérer d'autres paroles portant à réfléchir du pape saint Pie X: " Aussitôt que la dévotion à l'auguste Marie a poussé de profondes racines dans les âmes, alors - et alors seulement, celui qui travaille auprès de ces âmes les verra-t-il produire des fruits de vertu et de sainteté correspondant à ses fatigues en leur faveur."

" Ne l'oubliez pas: comme Notre Seigneur sur le Calvaire, vous livrez un combat assuré du triomphe. Ne craignez pas de vous servir des armes que lui-même a aiguisées, ni de partager les blessures qu'il a portées. Que la victoire arrive pendant votre vie ou après, que vous importe? Continuez la tradition du labeur patient; et laissez au Seigneur le soin du reste, car ce n'est pas à nous de connaître les temps ni les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Prenez courage et portez votre fardeau de chevaliers avec l'indomptable énergie des grandes âmes qui vous ont précédés." (T. Gavan-Duffy: Le Prix du Jour Naissant)

3. À la réunion, faire de vive voix un compte rendu du travail accompli

Ceci est un devoir très important et l'un des principaux exercices destinés à soutenir l'intérêt pour le travail de la Légion. Soutenir l'intérêt tout autant que fournir des renseignements à la réunion, telles sont les raisons d'être du compte rendu. L'application apportée à la préparation du compte rendu et à la manière de le présenter, donne la vraie mesure de l'efficacité du légionnaire. Chaque compte rendu est une pierre apportée à l'édifice de la réunion et la valeur de cette dernière dépend de la qualité des rapports. Tout compte rendu omis ou médiocre est un coup asséné à la réunion, laquelle est source de vie.

Un élément important de la formation de chaque membre devrait consister dans l'apprentissage des méthodes des autres membres, telles que constatées dans leurs comptes rendus, et dans l'écoute attentive des commentaires que l'on reçoit pour ses propres comptes rendus, de la part de légionnaires expérimentés. Il s'ensuit que si un compte rendu ne donne pas de renseignements suffisants, il ne profite ni au membre qui le présente, ni à ceux qui l'écoutent.

Pour plus de détails sur le compte rendu et la manière de le présenter, voir le paragraphe 9 du chapitre 18. Ordre de la Réunion du Praesidium.

" Souvenez-vous de l'insistance avec laquelle saint Paul demande avant tout aux chrétiens d'assister et de porter par l'âme et l'incessante prière 'tous les hommes; car Dieu veut sauver tous les hommes...car le Christ s'est livré en rançon pour tous.' (1 Tm 2:6) Et ce principe de l'universalité du devoir et de son objet rentre encore dans cette sublime parole de saint Jean Chrysostome: 'Chrétiens, vous rendrez compte, non pas seulement de vous-mêmes, mais bien du monde entier'" (Gratry: Les Sources)

4. Une discrétion inviolable s'impose
aux légionnaires par rapport à ce qu'ils entendent aux réunions ou au cours de leur travail. Cette connaissance leur vient du fait qu'ils sont légionnaires, et toute divulgation constituerait une intolérable trahison envers la Légion. Les comptes rendus doivent sans doute être présentés à la réunion du praesidium, mais même là, la circonspection s'impose. Cette question est traitée exhaustivement au paragraphe 20 du chapitre 19, La Réunion et le Membre.

" Garde le dépôt." (1 Tm 6:20)

5. Chaque membre devrait avoir un carnet
dans lequel il gardera un rapport succinct des cas. (a) le travail mérite d'être fait de façon méthodique; (b) ainsi on ne perdra pas de vue les cas réglés ou non terminés; (c) sans cette aide, on ne pourra pas faire un compte rendu convenable; (d) cela procure une bonne formation aux habitudes de l'ordre; (e) ce témoin tangible du travail accompli sera d'un précieux secours pour reprendre courage à cette heure inévitable où l'échec du moment jette son ombre sur les succès passés.

Ces notes doivent être de caractère confidentiel (c'est-à-dire rédigées peut-être en une espèce de code) de manière à soustraire des renseignements délicats à des yeux autres que ceux du légionnaire. On se gardera d'y inscrire quoi que ce soit en présence des personnes concernées.

" Que tout se passe dignement et dans l'ordre." (1 Cor 14:40)

6. La récitation quotidienne par chaque légionnaire, de la Catena Legionis (Chaîne de la Légion)
composée principalement du Magnificat, prière même de Marie, l'hymne du soir de l'Église, " le plus humble et le plus reconnaissant, le plus sublime et le plus élevé de tous les Cantiques" . (Saint Louis-Marie de Montfort)

Comme son nom l'indique, cette prière est le chaînon qui relie la Légion de Marie à la vie quotidienne de tous ses membres, actifs et auxiliaires et le lien qui les unit les uns aux autres et à leur bienheureuse Mère. Le nom même suggère aussi l'obligation de la réciter tous les jours. Cette idée d'une chaîne faite d'anneaux -chacun nécessaire à la perfection de l'ensemble - rappelle à chaque légionnaire qu'il doit éviter d'être un anneau brisé dans la chaîne de prière quotidienne de la Légion.

Des légionnaires que les circonstances ont contraints à regret à cesser d'être membres actifs (et même ceux qui pour des raisons moins sérieuses ont abandonné les rangs) devraient encore garder cette belle pratique de dévotion et conserver durant toute leur vie ce lien non brisé avec la Légion.

" Lorsque je parle familièrement avec Jésus, je le fais chaque fois au nom de Marie, et en partie en sa personne. Par moi, elle désire revivre ces heures de douce intimité et d'ineffable tendresse qu'elle a passées à Nazareth avec son Enfant bien-aimé. Par mon intermédiaire, elle conversera délicieusement avec Lui, une fois de plus; grâce à moi, elle l'embrassera et le pressera sur son coeur, comme jadis à Nazareth." (De Jaegher: La Vertu de Confiance)

7. Les rapports entre les membres

Les légionnaires font généralement honneur à leur obligation de s'aimer mutuellement; parfois cependant ils oublient que ce devoir doit inclure une attitude d'indulgence envers ce qui semble être des défauts chez leurs collègues. Des manquements sur ce point risquent de priver les réunions de la grâce et d'inciter certains membres à quitter la Légion.

D'autre part, le simple bon sens devrait faire comprendre aux membres que leur fidélité ne saurait dépendre du fait qu'ils ont un Président ou un collègue qu'ils trouvent affable ou désagréable, ou à cause de manques d'égards réels ou imaginaires, ou encore à la suite de désaccords, de blâmes ou autres circonstances accidentelles.

L'oubli de soi doit être à la base de tout travail en commun. S'il fait défaut, les ouvriers les plus qualifiés peuvent être une menace pour l'organisation. Les meilleurs serviteurs de la Légion sont ceux qui savent s'effacer et s'adapter plus complètement et plus harmonieusement au système. Par contre, celui qui dit ou fait quelque chose de contraire à la douceur qui devrait caractériser la Légion, risque de sectionner une artère, produisant ainsi des résultats désastreux. Que chacun donc se surveille pour promouvoir ce qui unit et éviter ce qui divise.

Quand on traite des rapports entre les légionnaires, il est nécessaire de mentionner ce qu'on appelle légèrement, mais incorrectement, " les petites jalousies" . La jalousie est rarement petite en elle-même. C'est comme de l'acide dans le coeur. Elle pénètre presque universellement dans les relations humaines, qu'elle empoisonne. Dans les cas extrêmes de malveillance, elle tourne à la folie brutale et furieuse, capable des pires emportements. Elle tente aussi les âmes généreuses et les coeurs purs, en raison même de leur nature sensible et aimante. Il est si dur de se voir remplacé par d'autres, surpassé en vertu, ou en succès, mis de côté pour faire place aux jeunes! Quelle amertume de constater qu'on est éclipsé! Les meilleures âmes ont éprouvé ce tourment secret et expérimenté par là leur étonnante faiblesse. Cette amertume couve en réalité la haine prête à exploser en flammes destructrices.

On cherchera peut-être du soulagement dans l'oubli. Cependant le légionnaire doit viser à des choses plus élevées qu'à une telle paix. Il ne doit se satisfaire de rien de moins que de la victoire, une conquête immensément méritoire sur une pure nature armée pour la bataille, la transformation entière de la demi-haine de l'envie en amour chrétien. Mais comment pareille merveille peut-elle s'accomplir? Elle s'accomplira en mettant de l'avant la plénitude du devoir légionnaire au service de ses confrères et de tout son entourage, en chacun desquels on lui a appris à voir et à vénérer son Seigneur. Chaque aiguillon de jalousie doit être affronté par cette réflexion: Cette personne, dont la valeur grandissante m'a causé tant de peine, n'est autre que le Seigneur. Mes sentiments par conséquent doivent être ceux de saint Jean-Baptiste. Ma joie est complète de voir Jésus exalté à mes dépens. Il faut qu'il croisse et que je diminue.

Cette perspective exige une sainteté jusqu'à l'héroïsme. C'est la matière première d'une destinée. Quel champ libre ne donne-t-elle pas à Marie pour purifier de toute souillure de vanité une âme qui rendra témoignage à la lumière, afin que tous croient (Jn 1:7), pour façonner encore un autre messager désintéressé qui préparera le chemin du Seigneur! (Mc 1:2)

Un précurseur doit toujours désirer être éclipsé par celui qu'il annonce. Un apôtre verra toujours avec joie la croissance de ceux qui l'entourent, sans jamais s'inquiéter de savoir s'ils valent mieux que lui. Celui-là n'est pas apôtre qui souhaite la croissance de tous excepté quand cette croissance porte ombrage à la sienne! Cette pensée jalouse montrerait que le moi est premier quand le moi est touché, tandis que le moi de l'apôtre doit toujours passer en dernier. Pour tout dire! l'esprit de jalousie est incompatible avec le véritable apostolat.

" Dès ses premiers mots de politesse et de bienveillante courtoisie, Marie donne cette première impulsion sanctifiante qui purifie ces âmes et d'un même coup régénère Jean-Baptiste et surélève Élisabeth.

Mais si ces premiers mots ont produit tant de grandes choses, que penser des journées, des semaines, des mois qui suivirent? Marie donne toujours ...Élisabeth reçoit - et pourquoi ne pas le dire - elle reçoit sans jalousie. Elle s'incline devant sa jeune cousine sans la moindre amertume secrète de n'avoir pas été l'élue du Seigneur, elle en qui Dieu a aussi accompli une miraculeuse maternité. Élisabeth n'était pas jalouse de Marie; et Marie plus tard ne pourra pas l'être de l'amour que son Fils donnera à ses apôtres. Comme Jean-Baptiste ne le sera pas non plus de Jésus vers qui s'en iront ses disciples. Sans amertume, il les verra s'éloigner de lui, son unique commentaire étant: 'Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous'." (Jn 3: 30-31) (Perroy: (L'Humble Vierge Marie)

8. Les rapports entre co-visiteurs

Les légionnaires ont un devoir particulier envers leurs co-visiteurs. Voici le nombre mystique " deux" - symbole de la charité, de laquelle toute fécondité dépend: Le Seigneur " les envoya deux par deux en avant de lui" . (Lc 10:1) Cependant, " deux" ne doit pas signifier uniquement deux personnes qui se trouvent à travailler ensemble comme par hasard, mais une unité comme celle qui existait entre David et Jonathan, dont les âmes étaient unies l'une à l'autre. Chacun aimait l'autre comme sa propre âme. (1S: 18-1)

" Ils s'en viennent, ils s'en viennent en chantant, ils rapportent leurs gerbes." (Ps 126:6)

C'est dans les petits détails que se manifestera et se développera l'union des co-visiteurs. Promesses non tenues, rendez-vous manqués, défaut de ponctualité, accrocs à la charité dans les pensées ou les paroles, petits manques d'égards, airs de supériorité: autant de causes qui creusent un fossé entre les deux. En de telles circonstances, l'unité est impossible.

" Après la discipline religieuse, le plus précieux gage de bénédictions et de fécondité pour une famille religieuse, c'est la charité fraternelle, l'union harmonieuse. Nous devons aimer tous nos frères sans exception, comme les fils privilégiés et choisis de Marie. Ce que nous faisons à chacun d'eux, Marie le regarde comme fait à elle-même, ou mieux, comme fait à son Fils Jésus - tous nos frères étant appelés par vocation à devenir avec Jésus et en Jésus les fils mêmes de Marie." (Petit Traité de Mariologie marianiste)

9. Recrutement de nouveaux membres

Le recrutement de nouveaux membres fait partie des obligations de tout légionnaire. Nous devons aimer notre prochain comme nous-mêmes; par conséquent, si la Légion est une telle bénédiction pour celui qui en fait partie, le membre ne devrait-il pas chercher à procurer cette bénédiction à d'autres? Si l'on voit les âmes s'élever par leur apostolat, ne devrait-on pas désirer qu'un tel apostolat s'étende de plus en plus?

Enfin quel légionnaire peut négliger de recruter de nouveaux membres, s'il réfléchit aux progrès qu'ils feront dans l'amour et le service de Marie? Après Jésus lui-même, c'est la plus grande bénédiction qui puisse marquer une vie. Dieu, en effet, a fait d'elle - en dépendance du Christ et inséparable de Lui - la racine, la croissance et l'épanouissement de la vie surnaturelle.

D'innombrables personnes, si elles ne sont pas abordées et exhortées à le faire, n'auront jamais l'idée d'entrer dans le Chemin Montant après lequel elles soupirent avec ardeur intérieurement, et qui les conduirait à de si merveilleuses choses pour elles-mêmes et, par elles, pour d'autres âmes.

" Pour chaque homme s'ouvrent
Un chemin, et des chemins, et un chemin
Et l'Âme Noble gravit le Chemin Montant
Et l'Âme Vulgaire se traîne, dans les bas-fonds
Et, entre les deux, sur les plaines brumeuses,
Les autres se laissent aller à l'aventure.
Et pour chaque homme s'ouvrent
Un Chemin Montant et un chemin bas,
Et chaque homme décide
Quel chemin son âme prendra."

(John Oxenham)

10. Étude du manuel

Il est de la plus haute importance pour tout légionnaire d'étudier le manuel à fond. C'est l'explication officielle de ce qu'est la Légion. Il contient en raccourci ce qu'il importe à tout légionnaire convenablement équipé de connaître en se qui regarde les principes de l'organisation, ses lois, ses méthodes et son esprit. Les membres - et surtout les officiers - qui ne connaissent pas le manuel sont incapables d'exploiter avec efficacité les possibilités de la Légion; tandis qu'une connaissance approfondie apportera toujours une plus grande efficacité. Ils constateront cette particularité: l'intérêt croîtra avec le temps, et la qualité avec la quantité.

Il n'est pas rare d'entendre l'exclamation: " C'est trop long! et par une étrange disproportion, par des personnes qui chaque jour emploient à la lecture des journaux un temps considérable qui suffirait pour lire une bonne partie du manuel.

" Trop long! Trop de détails!" L'étudiant sérieux dans les lois de son pays, la médecine ou la science militaire, appliquerait-il ces mots à un manuel de dimensions à peu près semblables, qui contiendrait tout ce qu'il doit connaître sur la science particulière qu'il étudie? Loin de dire ou de penser une telle chose, il aurait en une semaine ou deux, confié à la mémoire chaque idée, voire même chaque mot contenu dans un tel traité. En vérité, " les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière" . (Lc 16:8)

On fait aussi l'objection que " le manuel est plein d'idées difficiles et de matières avancées, de telle sorte que les membres plus jeunes ou plus simples peuvent à peine le comprendre. Pourquoi alors ne pas avoir un manuel simplifié pour de telles personnes?" On ne devrait pas avoir à préciser qu'une telle suggestion est contraire aux lois fondamentales de l'éducation qui requièrent que l'étudiant soit graduellement amené en territoire inconnu. Il n'y a aucune éducation si une personne comprend à fond à l'avance; et quand le nouveau n'est plus proposé à l'esprit le processus de l'éducation a cessé. Pour quelle raison un légionnaire devrait-il s'attendre à comprendre le manuel à sa première lecture, plus qu'un étudiant à comprendre immédiatement son premier manuel? C'est la fonction de l'école et de toute l'idée de l'éducation de clarifier ce qui n'est pas clair et de l'implanter comme connaissance.

" Même les mots sont difficiles" ! Mais ne peuvent-ils pas être appris? Le vocabulaire du manuel n'est pas tellement avancé; on peut l'acquérir en posant des questions ou en consultant un dictionnaire. En fait, c'est précisément le vocabulaire des journaux quotidiens qui sont lus par tout le monde. À propos, a-t-on déjà entendu suggérer que les journaux devraient être simplifiés? Un légionnaire ne le doit-il pas à lui-même et à son catholicisme de maîtriser les mots qui ont été jugés nécessaires à la pleine explication des principes spirituels et autres de la Légion?

Ce qui a été dit du vocabulaire du manuel doit être répété quant aux idées exprimées dans ce manuel. Ce ne sont pas des idées obscures. " Il ne peut y avoir dans l'enseignement de l'Église un corps intérieur de doctrine que seuls quelques-uns peuvent saisir." (Archevêque John Charles McQuaid)

Ceci a été prouvé par le fait que d'innombrables légionnaires, des gens ordinaires et même des gens d'humble condition, ont parfaitement saisi ces idées et en ont fait l'aliment et le tissu de leurs vies. Ces idées ne sont pas non plus superflues. De fait, elles doivent être raisonnablement comprises, pour que l'apostolat soit accompli de la bonne manière, car ces idées sont seulement les principes communs, c'est-à-dire la vie véritable de l'apostolat. Sans une compréhension suffisante de ces principes, l'apostolat serait privé de sa vraie signification - ses racines spirituelles, et n'aurait pas le droit d'être appelé chrétien. La différence entre l'apostolat chrétien et une vague campagne " pour faire du bien" est comme la distance entre le ciel et la terre.

Par conséquent, les idées apostoliques du manuel doivent être assimilées, et le praesidium doit jouer le rôle d'enseignant. Ce processus s'accomplira par la lecture spirituelle, l'Allocutio et l'encouragement donné aux légionnaires pour qu'ils lisent et étudient méthodiquement le manuel. La connaissance ne doit pas demeurer théorique. Chaque détail du travail actif doit être relié au principe correspondant, afin d'en recevoir toute la signification spirituelle.

On raconte qu'on demandait un jour à saint Thomas d'Aquin comment faire pour devenir savant. Il répondit: " Lisez un livre. Quel que soit ce que vous lisez ou entendez, prenez soin de le bien comprendre. Dans ce qui est douteux, atteignez à la certitude."

Le maître du savoir ne parlait pas ici en particulier d'un livre à grande réputation, mais il avait à l'esprit n'importe quel livre de valeur visant à diffuser la connaissance. Les légionnaires peuvent donc prendre ses paroles comme un stimulant à une étude exhaustive du manuel.

De plus, il a valeur de catéchisme. Il présente d'une manière simple, l'essentiel de la religion catholique, en conformité avec les décrets du Concile Vatican II.

" Même si saint Bonaventure considérait la science comme résultat de l'illumination intérieure, il n'ignorait pas pour autant les labeurs qu'entraîne l'étude. Aussi, citant saint Grégoire, il présentait comme exemple d'étude le miracle des noces de Cana. Le Christ ne créa pas le vin de rien, mais ordonna d'abord aux serviteurs de remplir d'eau leurs urnes. Pareillement, le Saint-Esprit n'accorde pas l'intelligence surnaturelle et la science à un homme qui ne remplit pas son urne - c'est-à-dire son esprit - d'eau - c'est-à-dire de notions acquises par l'étude. Il ne peut y avoir d'illumination sans efforts. L'intelligence des vérités éternelles est la récompense du labeur de l'étude, dont personne n'est exempt." (Gemelli: Le message franciscain au monde)

11. Être toujours en un certain sens en état de service

Autant que la prudence le dictera, le légionnaire doit viser à faire rayonner l'esprit de la Légion sur tous les aspects de la vie quotidienne, et se tenir constamment aux aguets pour des occasions favorables à la promotion du grand but de la Légion, c'est-à-dire détruire l'empire du péché, à déraciner ses fondations et planter sur leurs ruines l'étendard du Christ Roi.

" Un homme vous rencontrera dans la rue et vous demandera du feu. Parlez-lui, et dans dix minutes, il vous demandera Dieu." (Duhamel) Mais pourquoi ne pas vous assurer de ce contact donneur de vie en lui demandant vous-même du feu?

Une tendance assez commune pour se durcir en une coutume, c'est de comprendre et de pratiquer le christianisme seulement en partie, c'est-à-dire comme une religion individualiste, dirigée exclusivement vers le bénéfice de l'âme de la personne, et nullement préoccupée de celle de son prochain. Tel est le " christianisme du demi-cercle" tant réprouvé par le pape Pie XI. " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit: voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même." (Mt 22:37-39) Évidemment ces commandements sont tombés dans beaucoup d'oreilles déterminées à rester sourdes.

Ce serait faire preuve d'un point de vue sérieusement inexact que de considérer les principes légionnaires comme une sorte de sainteté, à l'intention des seules âmes choisies. Ces principes pourtant ne sont que des principes chrétiens élémentaires. Il n'est pas facile de voir comment on peut descendre beaucoup plus bas que ces principes et en même temps prétendre rendre au prochain l'amour actif demandé par le Grand Commandement, et qui fait partie de l'amour même de Dieu; à tel point que s'il est omis, l'idée chrétienne est mutilée. " Nous devons être sauvés ensemble. Nous devons venir à Dieu ensemble. Que nous dirait Dieu si quelques-uns d'entre nous venaient à Lui sans les autres?" (Péguy)

Cet amour doit être prodigué à tous nos semblables sans distinction, individuellement et collectivement, non d'une manière sentimentale, mais sous la forme de devoir, de service, d'abnégation de soi. Le légionnaire doit être une attrayante personnification de ce véritable christianisme. À moins que la Vraie Lumière ne brille devant les hommes par des rayons nombreux et marquants de cette Lumière, c'est-à-dire par des exemples pratiques de véritable vie chrétienne, il y a non seulement le danger mais la certitude qu'elle ne se réfléchira pas dans l'idéal courant des catholiques. Ceux-ci sombreront jusqu'au minimum permettant d'éviter l'enfer. Cela signifierait que la religion serait dépouillée de son caractère noble et désintéressé - en d'autres mots, elle serait ridiculement le contraire de ce qu'elle doit être, et par conséquent incapable d'attirer et de retenir qui que ce soit.

Devoir signifie discipline. Être toujours en devoir suppose une discipline soutenue. Par conséquent, les vêtements, le langage, les manières et la conduite, si simples soient-ils, ne doivent jamais être de nature à mal impressionner. Des personnes cherchent matière à critique chez ceux qu'ils voient actifs dans la cause de la religion. Des défauts inaperçus chez les autres, sont blâmables chez un légionnaire et deviennent un handicap dans ses efforts pour faire du bien aux autres. Ce n'est pas déraisonnable. N'est-on pas en droit d'exiger une vertu supérieure de ceux qui exhortent les autres à un idéal plus élevé?

Cependant, on doit se servir ici, comme en toute chose, de son jugement. Ceux qui sont bien intentionnés ne doivent pas être détournés de l'effort apostolique par le sentiment de leurs propres déficiences. Ce serait alors la fin de tout apostolat. Il ne faut pas non plus qu'ils pensent être hypocrites en conseillant aux autres une perfection qu'ils ne possèdent pas. " Non" , dit saint François de Sales, " ce n'est pas être hypocrite que de parler mieux que nous agissons. S'il en était ainsi, Seigneur Dieu! où en serions- nous? Il nous faudrait garder le silence."

" La Légion de Marie entend simplement vivre le catholicisme normal. Nous disons 'normal', nous ne disons pas 'moyen'. De nos jours, on a tendance à croire que le catholique 'normal' est celui qui pratique sa religion pour son compte personnel, sans s'inquiéter activement de salut de ses frères. C'est faire la caricature du catholique fidèle, voire même du catholicisme. Le catholique 'moyen' n'est pas le catholique 'normal'. Il faudrait soumettre à une critique serrée, à un procès en révision, la notion de 'bon catholique' ou de 'catholique pratiquant'. On n'est pas catholique en deçà d'un minimum apostolique et ce minimum indispensable, sur lequel portera le jugement dernier, n'est pas atteint par la masse des catholiques dits pratiquants. Là réside tout le drame. Là gît le malentendu fondamental." (Cardinal Suenens: La Théologie de l'Apostolat)

12. Le Légionnaire doit prier aussi bien que travailler

Bien que la récitation de la Catena Legionis soit le seul devoir quotidien imposé par la Légion à ses membres actifs on exhorte instamment ces dernières à inclure toutes les prières de la tessera dans leur programme quotidien. Le devoir des membres auxiliaires exige ces prières, et ce serait un reproche pour les unités actives si leur contribution était inférieure à celle qu'apportent les auxiliaires en très grand nombre. Il est vrai que les auxiliaires ne font pas de travail actif. Ils servent cependant plus efficacement la Reine de la Légion que le membre actif qui travaille mais ne prie pas. Ceci est contraire à l'intention de la Légion, qui considère les membres actifs comme le fer de lance de son attaque et les membres auxiliaires comme la hampe seulement.

De plus, la ferveur et la persévérance des auxiliaires dépendra en grande partie de leur conviction qu'ils augmentent par leur concours un service désintéressé et en fait héroïque - un service bien au-dessus du leur. Pour cette raison supplémentaire, les membres actifs doivent constituer un modèle et une inspiration pour les auxiliaires. Mais peut-il être une véritable inspiration, le membre actif dont le service de prière est dépassé par celui de l'auxiliaire, laissant planer un doute quant à celui qui sert le mieux la Légion.

Chaque Légionnaire, qu'il soit actif ou auxiliaire, devrait s'enrôler dans la confrérie du Très Saint Rosaire. Les avantages attachés à cette affiliation sont immenses. (voir l'appendice 7)

" Dans toute demande, le Très Saint Nom de Jésus est au moins implicitement invoqué, même si les paroles 'par Jésus-Christ Notre-Seigneur' ne sont pas expressément prononcées. Il est en effet le Médiateur nécessaire auquel toute requête doit être présentée. De plus, quand le fidèle s'adresse directement à Dieu le Père ou confie sa demande à un ange ou à un saint sans invoquer le Très Saint Nom de Marie, il faut dire de la bienheureuse Vierge la même chose que de son divin Fils. De même que le nom de Jésus est toujours implicitement invoqué parce qu'il est l'unique Médiateur nécessaire, le nom de sa Bienheureuse Mère, qui lui est associé, est toujours, dans toutes les prières, invoqué implicitement avec le sien. Quand nous implorons Dieu, Marie est nommée implicitement. Quand le Christ comme homme est nommé, elle est nommée aussi. Quand nous prions un saint, nous prions Marie." (Canice Bourke, O.F.M. Cap.: Marie)

13. La vie intérieure des légionnaires

" Ce n'est plus moi qui vis" , dit l'Apôtre, " mais le Christ qui vit en moi." (Ga 2:20) La vie intérieure signifie que les pensées. les désirs et les affections convergent vers Notre Seigneur. Notre Dame Bienheureuse est le modèle à suivre pour ce faire. Elle progressa sans cesse en sainteté, car le progrès spirituel est, avant tout, un progrès dans la charité ou l'amour, et la charité grandit en Marie tout au long de sa vie.

" Chacun des fidèles, peu importe son état ou son rang est appelé à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité ... Tous les fidèles donc se sanctifieront davantage chaque jour dans leur condition." (LG 40, 42) La sainteté est une réalisation pratique " Toute la sainteté consiste dans l'amour de Dieu, et tout l'amour de Dieu consiste à faire sa volonté." (Saint Alphonse de Liguori)

" Pour pouvoir découvrir la volonté concrète du Seigneur sur notre vie, les conditions indispensables sont: l'écoute prompte et docile de la parole de Dieu et de l'Église, la prière fidèle et constante, le recours à un guide spirituel sage et aimant, le discernement dans la foi, des dons et des talents reçus de Dieu et, en même temps, des diverses situations sociales et historiques où l'on est placé." (CL 58)

La formation spirituelle des légionnaires au niveau du praesidium aide grandement au développement de leur sainteté. Il faut cependant tenir compte que la direction spirituelle donnée est collective. Puisque chaque membre est un individu unique avec des besoins personnels, il est préférable que la direction collective soit complétée par la direction individuelle, et conséquemment, que le membre demande l'aide d'un " guide sage, et aimant" . (op. cit.)

Trois conditions sont nécessaires à la vie chrétienne: la prière, la mortification et les sacrements, et ils sont intimement liés:

(a) La prière

Elle doit être aussi bien privée que publique, parce que notre nature présente deux côtés, l'un individuel et l'autre social. Le devoir du culte nous oblige d'abord en tant qu'individus, mais la communauté tout entière, réunie par des liens sociaux, y est tenue également. La liturgie, comme la Messe et l'Office Divin, est le culte public de l'Église. Cependant, Vatican II fait le commentaire suivant: " Le chrétien est appelé à prier en commun; néanmoins il doit aussi entrer dans sa chambre pour prier le Père dans le secret, et, même, enseigne l'Apôtre, il doit prier sans relâche." (SC 12). Les formes de prière personnelle comprennent: " la méditation, (ou prière mentale), l'examen de conscience, les retraites, les visites au Saint Sacrement, et des dévotions spéciales à la Bienheureuse Vierge Marie, surtout évidemment le chapelet." (MD 186) " En nourrissant la vie spirituelle des chrétiens, comme elles le font, il s'ensuit que ceux-ci participent abondamment à toutes les cérémonies publiques, et qu'ils empêchent les prières liturgiques de dégénérer en cérémonies vides." (ibid. 187)

La lecture spirituelle personnelle, tout en développant les convictions chrétiennes, aide grandement la vie de prière. On doit donner la préférence à la lecture du Nouveau Testament, appuyée de commentaires catholiques appropriés (cf DV 12) et de classiques spirituels, choisis selon ses besoins et sa capacité. C'est ici que le guide " sage" est particulièrement important. Des vies de saints bien écrites procurent une bonne introduction à la vie spirituelle. Elles fournissent un titre capable de nous attirer au bien et à l'héroïsme, Les saints sont les doctrines et les pratiques de la sainteté rendues visibles. Si nous les fréquentons, nous imiterons bientôt leurs qualités.

Si possible, chaque légionnaire devrait faire une retraite fermée une fois par année. Le fruit des retraites et des récollections est une vision plus claire de la vocation de chacun dans la vie et une volonté plus vive de la suivre fidèlement.

(b) Mortification ou renoncement à soi-même

Cela signifie se débarrasser de son moi pour permettre au Christ de vivre sa vie en nous et de partager cette vie plus pleinement. C'est se discipliner afin d'aimer Dieu et son prochain pour l'amour de Dieu. Ce besoin survient du fait que par le péché originel, notre intelligence s'est obscurcie, notre volonté s'est affaiblie et nos passions nous inclinent facilement au péché.

La première exigence est d'accomplir de bon gré ce que l'Église détermine concernant les jours et les saisons de pénitence et la manière de les observer. Le système légionnaire bien vécu procure un entraînement valable à la mortification.

Vient ensuite l'acceptation aimante venant des mains de Dieu, " des croix, des labeurs et des déceptions de la vie." Positivement, il s'agit de contrôler nos sens, spécialement sur ce que nous nous permettons de regarder, d'écouter ou de dire. Tout cela aide à contrôler les sens internes de la mémoire et de l'imagination. La mortification comprend aussi la victoire sur la paresse, l'humeur et les attitudes égoïstes. Une personne mortifiée sera polie et agréable envers ceux qui vivent près d'elle, à la maison et au travail. L'apostolat personnel, qui est l'amitié portée à son accomplissement logique, implique la mortification parce que cela signifie se donner de la peine pour rectifier des amis avec bonté et délicatesse. " Je me suis fait tout à tous" dit saint Paul, " afin d'en sauver à tout prix quelques-uns." (1 Cor 9:22) Les efforts requis pour tenir en échec les tendances dangereuses et cultiver les bonnes habitudes servent aussi à réparer nos péchés et ceux des autres dans le Corps Mystique. Si le Christ qui est la Tête a souffert à cause de nos péchés, il n'est que juste que nous soyons solidaires de lui; si le Christ l'innocent a payé pour nous les coupables, il n'est que normal que nous les coupables fassions aussi quelque chose. Toute preuve fraîche de péché inspire à des chrétiens généreux de poser des actes positifs de réparation.

(c) Les sacrements

L'union au Christ prend sa source dans le baptême, poursuit son développement dans la confirmation, et atteint son plein épanouissement et sa puissante alimentation dans l'Eucharistie. Comme on traite de ces sacrements ailleurs dans le manuel, mention est faite ici du sacrement dans lequel le Christ continue d'exercer son miséricordieux pardon dans la personne qui agit en son non - un prêtre catholique. Il porte des noms différents: confession, pénitence, réconciliation. Confession, parce que c'est l'aveu sincère des péchés commis; pénitence, en ce qu'il dénote un changement; réconciliation, parce que par le sacrement un pénitent se réconcilie avec Dieu, son Église et toute l'humanité. Il est étroitement lié à l'Eucharistie, parce que le pardon du Christ nous vient des mérites de sa mort - la mort même que nous célébrons dans l'Eucharistie.

Que chaque légionnaire profite de l'invitation du Christ à le rencontrer personnellement dans son sacrement de réconciliation et de le faire fréquemment et régulièrement, car la confession fréquente " augmente la vraie connaissance de soi, favorise l'humilité chrétienne, tend à déraciner les mauvaises habitudes, combat la négligence et la tiédeur, purifie la conscience, fortifie la volonté, se prête à la direction spirituelle, et par l'effet propre de sacrement, augmente la grâce." (MC 87) En faisant l'expérience des bienfaits du sacrement de réconciliation les légionnaires seront encouragés à les partager en invitant les gens à la confession.

Pour résumer, le salut des âmes et leur sanctification aussi bien que la transformation chrétienne du monde se réalisent uniquement comme la conséquence normale de la vie du Christ dans les âmes. En vérité, c'est là le résultat le plus vital.

" La spiritualité mariale, non moins que la dévotion correspondante, trouve une source très riche dans l'expérience historique des personnes et des diverses communautés chrétiennes qui vivent parmi les peuples et les nations sur l'ensemble de la terre. J'aime à ce propos évoquer parmi de nombreux témoins et maîtres de cette spiritualité, la figure de saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui proposait aux chrétiens la consécration au Christ par les mains de Marie, comme moyen efficace de vivre fidèlement les promesses du baptême." (RMat 48)

" Il existe un lien organique entre notre vie spirituelle et les dogmes. Les dogmes sont des lumières sur le chemin de notre foi; ils l'éclairent et le rendent sûr. Inversement, si notre vie est droite, notre intelligence et notre coeur seront ouverts pour accueillir la lumière des dogmes de la foi." (CCC 89).

14. Le légionnaire et la vocation chrétienne

La Légion propose un mode de vie plutôt qu'un travail à faire. Elle fournit un entraînement propre à influencer tous les secteurs de la vie comme toutes les heures de cette vie. Celui qui n'est légionnaire que pour la durée de la réunion et de l'accomplissement de son travail ne vit pas de l'esprit de la Légion.

La Légion a pour but d'aider ses membres et tous ceux avec qui ils entrent en contact à vivre pleinement leur vocation chrétienne. Cette vocation prend sa source dans le baptême. Par le baptême on devient un autre Christ. " Nous ne sommes pas devenus seulement d'autres christs, mais le Christ lui-même." (Saint Augustin)

Incorporé au Christ au baptême, chaque membre de son Église partage son rôle de Prêtre, de Prophète et de Roi.

Nous participons à la mission sacerdotale du Christ par le culte, privé et public. La forme la plus élevée du culte est le sacrifice. Par le sacrifice spirituel nous nous offrons nous-mêmes ainsi que toutes nos activités à Dieu notre Père. En parlant des fidèles laïques, le Concile Vatican II dit: " Toutes leurs actions, leurs prières, leurs initiatives apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leur travail journalier, leurs loisirs et leurs divertissements, s'ils sont vécus dans l'Esprit - et même les épreuves de la vie supportées avec patience - deviennent des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ." (1 P 2:5) et ces sacrifices sont pieusement offerts au Père dans la célébration eucharistique avec l'oblation du Corps du Seigneur. De cette manière, les laïcs, en une sainte et universelle adoration, consacrent à Dieu le monde même." (LG 43)

Nous participons à la mission (enseignement) prophétique du Christ. " Il a proclamé le Royaume du Père par le témoignage de sa vie et par la puissance de sa parole." (LG 35) En qualité de fidèles laïques, nous avons reçu la capacité et la responsabilité d'accepter l'évangile dans la foi et de le proclamer en paroles et en oeuvres. Le plus grand service que nous puissions rendre aux hommes est de proclamer les vérités de la foi - de dire, par exemple, qui est Dieu, ce qu'est l'âme humaine, quel est le but de la vie et ce qui vient après la mort. Par-dessus tout, parler du Christ Notre Seigneur qui contient toute vérité. Il n'est pas nécessaire de pouvoir discuter et de fournir des preuves à l'appui de ce que nous affirmons, mais de connaître et vivre toutes ces vérités, d'être conscient de la différence qu'elles font, et d'en parler intelligemment, en communiquant assez de leur signification pour éveiller l'intérêt et probablement amener la personne à se renseigner plus à fond.

Appartenir à la Légion aide à améliorer notre connaissance de la foi et notre manière de la vivre. Par le biais d'une forte motivation et de l'expérience acquise, cela permet de parler de la religion à des étrangers. Cependant les gens qui ont le plus grand droit à notre charité apostolique sont ceux que nous rencontrons habituellement à la maison, à l'école, dans les affaires, la profession, les activités sociales et les loisirs. Ces gens ne feront pas habituellement partie de notre liste de travail légionnaire, mais ils sont tout de même confiés à nos soins apostoliques.

Nous participons à la mission royale du Christ en triomphant en nous-mêmes du royaume du péché et en servant notre prochain, car régner, c'est servir. Le Christ a dit qu'il " n'est pas venu pour être servi, mais pour servir." (Mt 20:28) Nous participons par-dessus tout, à cette mission du Christ en accomplissant bien notre travail, quel qu'il soit, à la maison et à l'extérieur, pour l'amour de Dieu et comme service aux autres. Par le travail bien fait nous continuons l'oeuvre de la création et aidons à rendre le monde meilleur où il fait bon vivre. C'est la tâche privilégiée des laïcs chrétiens de pénétrer et de perfectionner l'ordre temporel, c'est-à-dire, toutes les choses terrestres, de l'esprit de l'Évangile.

Dans la Promesse de la Légion nous prions pour devenir des instruments des puissants desseins du Saint-Esprit. En toute vérité, nos actions devraient toujours être motivées surnaturellement, mais notre nature aussi doit fournir à l'Esprit Saint un instrument aussi parfait que possible.

Le Christ est une Personne Divine, mais sa nature humaine a joué un rôle dans ses actions, son intelligence humaine, sa voix, son regard, sa façon de se comporter. Les gens, y compris les enfants, les plus perspicaces de tous, aimaient être en sa compagnie. Il était un invité bien reçu à n'importe quelle table.

Saint François de Sales était un homme dont la conduite et les manières n'étaient pas les moindres moyens par lesquels il attira beaucoup d'âmes à Dieu. C'est lui qui recommandait à quiconque voulait pratiquer la charité de cultiver ce qu'il appelait " les petites vertus" ; l'amitié, la courtoisie, les bonnes manières, la considération, la patience et la compréhension, spécialement avec les gens difficiles d'accès.

" L'identité de sang implique en Jésus et Marie une similarité de formation, de traits, d'inclinations, de goûts, de vertus; non seulement parce que l'identité sanguine crée très souvent une telle similarité, mais parce que dans le cas de Marie (sa maternité étant en tous points un fait surnaturel - l'effet d'une grâce surabondante) cette grâce s'est emparée de ce principe plus ou moins général de la nature et l'a développé en elle de manière a faire d'elle l'image vivante et le portrait de son divin Fils, au point que celui qui la voyait, pouvait admirer l'image la plus délicatement reproduite de Jésus Christ. Cette même relation de maternité établit entre Marie et son Fils une intimité non seulement dans les rapports et la communauté de vie, mais aussi une communication des coeurs et des secrets; de telle sorte qu'elle était le miroir reflétant toutes les pensées, les sentiments, les aspirations, les désirs et les intentions de Jésus, comme lui en retour reflétait plus éminemment encore, comme dans un miroir sans tache, le miracle de pureté, d'amour, de dévouement, d'immense charité qui constituaient l'âme de Marie. Marie pouvait donc dire, avec plus de raison encore que l'Apôtre des Gentils: " Je vis, mais ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus qui vit en moi." (De Concilio: La Connaissance de Marie)

RG Source
    http://www.smlm.org/manuel/CHAP33.html

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