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Table des matières
Abréviations des Livres de la Bible
Abréviations des Documents du Magistère
Pape Jean-Paul II à la Légion de Marie
Note préliminaire
Profil de Frank Duff

Photographies
Frank Duff
L'autel légionnaire
Vexilla

Chapitres
1. Nom et Origine
2. But
3. Esprit de la Légion
4. Le Service légionnaire
5. Les Traits fondamentaux de la Dévotion légionnaire
6. Les Devoirs des légionnaires envers Marie
7. Le Légionnaire et la Sainte Trinité
8. Le Légionnaire et l'Eucharistie
9. Le Légionnaire et le Corps mystique du Christ
10. L'Apostolat de la Légion
11. Plan de la Légion
12. Les Buts extérieurs de la Légion
13. Conditions d'admission
14. Le Praesidium
15. La Promesse légionnaire
16. Autres Degrés d'affiliation
17. Les Âmes des légionnaires défunts
18. Déroulement de la réunion du praesidium
19. La Réunion et le membre
20. Le Système invariable de la Légion
21. Foyer Mystique de Nazareth
22. Les Prières de la Légion
23. Les Prières invariables
24. Les Patrons de la Légion
25. Tableau de la Légion
26. La Tessera
27. Le Vexillum Légionis
28. Gouvernement de la Légion
29. Fidélité légionnaire
30. Rassemblements
31. Extension et recrutement
32. Objections à prévoir
33. Devoirs Fondamentaux des légionnaires
34. Devoirs des Officiers de praesidia
35. Ressources
36. Praesidia qui nécessitent une mention spéciale
37. Suggestions concernant les travaux
38. Les Patriciens
39. Directions Fondamentales pour l'apostolat légionnaire
40. Allez proclamez l'Évangile à toute la création
41. La plus grande d'entre elles, c'est la Charité

Appendices
Appendice 1: Lettres et Messages des Papes
Appendice 2: Extraits de la Constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium, du concile Vatican II
Appendice 3: Extraits du Code de droit canonique sur les obligations et les droits des fidèles laïcs du Christ.
Appendice 4: La Légion Romaine
Appendice 5: Confrérie de Marie, Reine des Coeurs
Appendice 6: La Médaille de l'Immaculée Conception appellée la médaille miraculeuse
Appendice 7: La Confrérie du Très Saint Rosaire
Appendice 8: L'enseignement de la doctrine chrétienne
Appendice 9: Association pionnière du Sacré Coeur pour l'abstinence totale
Appendice 10: Étude de la foi
Appendice 11: Synthèse mariale

La prière de St Bernard

Indexes
Index des Références bibliques
Index des Documents du Magistère
Index des Références Papales
Index d'Auteurs et autres Personnes dignes de mention
Index des sujets

Note des références à Notre Seigneur

Poème de Joseph Mary Plunkett


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Chapitre 37

37

SUGGESTIONS CONCERNANT LES TRAVAUX

Dans ce chapitre sont mentionnées des manières de remplir l'obligation du travail légionnaire, dont l'expérience générale a démontré la fécondité. Elles ne représentent cependant que des suggestions, et des besoins particuliers peuvent demander des travaux particuliers. Il est fortement recommandé que les travaux hardis et difficiles ne soient pas soustraits à la Légion, qui s'adapte admirablement à l'accomplissement d'un tel travail. L'esprit des membres réagira d'ailleurs défavorablement à des tâches insignifiantes.

En principe, tout praesidium devrait comprendre, parmi ses tâches, quelques-unes que l'on puisse appeler héroïques. Même dans les débuts, il ne devrait pas être difficile de découvrir deux membres avec assez de courage pour une telle aventure, et qu'on n'hésite pas à les y lancer. Leur exemple établira le niveau vers lequel les autres membres monteront presque automatiquement. Dès qu'ils y seront parvenus, on devrait confier aux deux intrépides du début une nouvelle mission à la poursuite de l'héroïsme. Cette montée progressive permet d'élever continuellement l'idéal à atteindre. Dans l'ordre surnaturel, en effet, les limitations naturelles n'existent pas. Plus on pénètre dans l'intimité de Dieu, plus l'horizon s'élargit et plus les possibilités prennent de l'envergure.

Dès le départ, cependant surgit un désaccord. A l'idée de courir des risques pour la religion, bien des gens se troublent. Ils font résonner l'air de leurs cris " impropre" et " imprudent" . Le monde cependant ne fait pas de ces lâches discours, et la Légion ne devrait pas être moins courageuse. Si un travail est nécessaire pour les âmes et si un idéal élevé est essentiel à la formation du caractère de la communauté chrétienne, alors la voix de la prudence doit prendre la seconde place et le courage doit la précéder. Considérons ces paroles du cardinal Pie: " Quand la prudence est partout, le courage n'est nulle part. Vous verrez que nous mourrons de prudence."

Ne laissons pas la Légion mourir de prudence.

1. APOSTOLAT DANS LA PAROISSE

Voici une liste de façons que les légionnaires peuvent utiliser pour aider à la croissance d'un véritable esprit communautaire:

(a) Visiter les gens à leurs domiciles. (Voir le no. 2 de ce chapitre);

(b) Diriger des exercices para-liturgiques le dimanche et les fêtes d'obligation, dans les endroits où il n'y a pas de prêtre disponible pour célébrer la Messe;

(c) Diriger des classes d'instruction religieuse;

(d) Visiter et prendre soin des handicapés, des malades et des personnes âgées, en incluant, en cas de nécessité, faire les préparatifs nécessaires pour la visite du prêtre;

(e) Réciter le chapelet aux veillées mortuaires et aux funérailles;

(f) Promouvoir les Associations catholiques et les Sociétés paroissiales incluant les Confraternités ou les Sociétés ecclésiales là où elles existent, par le recrutement de nouveaux membres et l'encouragement à la persévérance de ceux qui le sont déjà.

(g) Collaborer à toutes les entreprises apostoliques et missionnaires soutenues par la paroisse, afin d'aider dans la mesure du possible, à conduire toutes les âmes dans le réseau protecteur de l'Église, et assurer la sécurité des individus et de la communauté.

Certains autres besoins paroissiaux, malgré leur importance, ne fourniraient pas un travail suffisamment substantiel pour des légionnaires adultes, excepté dans certains cas particuliers. En voici quelques-uns: le travail de la Société de l'Autel, l'entretien et la décoration de l'église, le service d'ordre pendant les cérémonies, le service des Messes, etc. Les légionnaires pourraient, là où c'est nécessaire, organiser et diriger l'accomplissement de ces tâches qui seraient une source de bénédictions pour ceux qui les entreprendraient. Les légionnaires seraient alors libérés pour des tâches plus difficiles et directement apostoliques auprès des âmes.

" Je veux comme la Mère de Grâce, travailler pour Dieu. Je veux coopérer par le travail et par le sacrifice à mon salut et à celui du monde entier, comme l'Écriture sainte le dit des Macchabées, qui, dans le saint enthousiasme de leur courage 'ne voulurent pas se sauver seuls, mais entreprirent de sauver le plus grand nombre de leurs frères'." (Gratry: Mois de mai)

2. VISITES AUX DOMICILES DES PERSONNES

Bien que la visite des foyers ne soit pas une initiative des débuts, la Légion l'a toujours considérée comme son travail préféré, son occupation spéciale partout et son moyen le plus efficace pour promouvoir le bien. En somme, c'est une des caractéristiques de la Légion.

Ces visites permettent un contact personnel avec un grand nombre de gens et démontrent le souci de l'Église pour chaque personne et chaque famille. " La sollicitude pastorale de l'Église ne se limitera pas seulement aux familles chrétiennes les plus proches mais, en élargissant ses propres horizons à la mesure du Coeur du Christ, elle se montrera encore plus active pour l'ensemble des familles en général et pour celles, en particulier, qui se trouvent dans des situations difficiles ou irrégulières. Pour toutes, l'Église aura une parole de vérité, de bonté, de compréhension, d'espérance, de participation profonde à leurs difficultés parfois dramatiques; à toutes, elle offrira son aide désintéressée afin qu'elles puissent se rapprocher du modèle de famille que le Créateur a voulu dès 'le commencement' et que le Christ a rénové par sa grâce rédemptrice." (FC 65)

Le praesidium doit réfléchir profondément sur ses méthodes d'approche des foyers. Évidemment, les légionnaires doivent se présenter et expliquer la raison de leur visite. Les visites pour l'Intronisation du Sacré Coeur dans les maisons, le recensement de la paroisse et la diffusion de la littérature catholique, décrites dans les pages suivantes, sont quelques-unes des raisons dont on peut se servir pour faciliter l'entrée.

Non seulement les catholiques vivant la vie chrétienne, mais tous peuvent être amenés dans la sphère de contact de l'apostolat légionnaire par la visite à domicile. Le contact peut être établi avec des non-catholiques et des non-chrétiens, ainsi qu'avec des catholiques qui se sont éloignés de l'Église. On accordera aussi une attention particulière aux gens qui sont dans des situations irrégulières de mariage, tel qu'indiqué ci-dessus. À ceux qui ont besoin d'instruction, aux gens seuls et aux infirmes. C'est toujours sous l'angle du service à rendre qu'un foyer doit être visité.

La visite légionnaire sera toujours empreinte d'humilité et de simplicité. Certaines gens peuvent avoir des idées erronées au sujet des visites, s'attendant à être sermonnés vertement. Au contraire, les légionnaires devraient tendre d'abord à écouter, au lieu de parler. Ayant écouté avec patience et respect, ils auront mérité le droit d'être entendus.

" Au sein de l'apostolat évangélisateur des laïcs, il est impossible de ne pas souligner l'action évangélisatrice de la famille. Elle a bien mérité, aux différents moments de l'histoire de l'Église, le beau nom d'" Église domestique" sanctionné par le Concile Vatican II.

Cela signifie, que, en chaque famille chrétienne, devraient se retrouver les divers aspects de l'Église entière. En outre, la famille, comme l'Église, se doit d'être un espace où l'Évangile est transmis et d'où l'Évangile rayonne.

Au sein donc d'une famille consciente de cette mission, tous les membres de la famille évangélisent et sont évangélisés. Les parents non seulement communiquent aux enfants l'Évangile mais peuvent recevoir d'eux ce même Évangile profondément vécu. Et une telle famille se fait évangélisatrice de beaucoup d'autres familles et du milieu dans lequel elle s'insère.

Même les familles issues d'un mariage mixte ont le devoir d'annoncer le Christ à leurs enfants avec tout ce qu'implique leur baptême commun, elles ont aussi la tâche difficile de se faire les artisans de l'unité." (EN 71)

3. INTRONISATION DU SACRÉ COEUR DANS LES FOYERS

On découvrira que la propagation de la dévotion à l'Intronisation du Sacré Coeur au foyer procure une introduction favorable auprès des familles et une voie d'accès à des rapports amicaux.

L'idéal et les méthodes qui doivent caractériser cette prise de contact sont exposés en détail au chapitre 39, Consignes principales pour l'Apostolat légionnaire. On y souligne en particulier qu'il faut autant que possible ne laisser de côté aucune famille et s'efforcer avec amour et persévérance d'amener tous les membres sans exception, jeunes et vieux, à progresser ne serait-ce que d'un pas, dans la vie spirituelle.

Ceux qui sont désignés pour ce travail peuvent s'appliquer à eux-mêmes, en toute leur plénitude, les douze Promesses du Sacré Coeur. Même la dixième s'adresse dans une certaine mesure à eux quand ils agissent comme représentants du prêtre: " Je donnerai aux prêtres la grâce de toucher les coeurs les plus endurcis." Encouragés spécialement par cette pensée, les légionnaires iront avec une confiance parfaite s'attaquer aux cas regardés comme désespérés.

La visite en vue de l'Intronisation s'avère la plus féconde pour entrer en relation, donnant dès le début la note juste d'une piété simple, facilitant la connaissance et la répétition des visites, rendant facile le développement de l'apostolat légionnaire.

Comme c'est la mission de Marie de promouvoir le règne de Jésus, il est particulièrement approprié que la Légion de Marie propage l'Intronisation du Sacré Coeur (ce qui devrait attirer des grâces spéciales de l'Esprit Saint sur la Légion).

" Aimer la famille signifie savoir en estimer les valeurs et les possibilités, en cherchant toujours à les promouvoir. Aimer la famille signifie reconnaître les dangers et les maux qui la menacent afin de pouvoir les surmonter. Aimer la famille signifie faire en sorte de lui assurer un milieu qui soit favorable à son développement. Et c'est encore une forme éminente de l'amour que de redonner à la famille chrétienne d'aujourd'hui, souvent tentée de se décourager ou angoissée par les difficultés croissantes, des raisons de croire en elle-même, dans ses richesses de nature et de grâce, dans la mission que Dieu lui a confiée. 'Oui, il faut que les familles d'aujourd'hui se ressaisissent! Il faut qu'elles suivent le Christ'. (AAS 72 (1980), 791)" (FC 86)

4. RECENSEMENT DE LA PAROISSE

Ce travail fournit un excellent moyen d'entrer en contact avec les catholiques qui ont besoin d'attention, ou qui ont dérivé vers la catégorie de catholiques qui ont chuté, c'est-à-dire ceux qui ont cessé tout rapport avec l'Église. En se présentant de la part du prêtre, les visites devraient se faire si possible de porte en porte. Les personnes ainsi visitées trouvent tout naturel qu'on aborde la question religieuse et généralement elles donnent de bonne grâce les renseignements demandés. Ceux-ci fourniront au prêtre et aux légionnaires la matière pour un effort de longue durée.

Mais la découverte n'est que le premier pas, et le plus facile. Ramener au bercail chacune des âmes ainsi retrouvées doit être considéré dans une certaine mesure comme une mission de confiance conférée par Dieu à la Légion - mission à entreprendre avec joie et à poursuivre avec un courage invincible. La Légion ne doit pas manquer à l'accomplissement de cette mission de confiance, par aucune cause en son propre pouvoir, en dépit de la longueur de la lutte, des difficultés du travail, de la grandeur des rebuffades, de l'endurcissement des personnes, de l'apparence désespérée des perspectives.

De plus, on doit le répéter, non seulement les indifférents, mais tous doivent faire l'objet d'égards affectueux.

" Nous avons dans le champ apostolique de l'Église, notre mission officielle, notre moyen providentiel, notre arme propre. C'est non seulement d'aller aux âmes de la part de Marie et sous les auspices de Marie, mais encore et surtout, de nous employer de toutes nos forces à leur inculquer la piété filiale envers Marie." (Petit traité de Mariologie Marianiste)

5. VISITE DES HÔPITAUX, INCLUANT LES HÔPITAUX PSYCHIATRIQUES

Le premier travail entrepris par la Légion fut la visite d'un hospice pour les pauvres et pendant quelque temps même, elle n'en fit pas d'autre. Ce fut une source de bénédiction pour son organisation encore au stade de l'enfance, et la Légion désire que ses praesidia ne perdent jamais de vue ce genre de travail. Les lignes suivantes, écrites en ces premiers jours, suggèrent l'esprit propre qui doit toujours la caractériser:-

" Alors, on fit l'appel d'un nom, et l'une des légionnaires commença son compte rendu. Il portait sur la visite d'un hôpital. Quoique bref, il révéla chez la visiteuse une grande intimité avec les malades. Elle admit, un peu confuse, que les malades connaissaient le nom de tous ses frères et soeurs. Vint le tour de la co-visiteuse. Visiblement, le travail s'était fait à deux. Il semble que, sans parler de l'exemple apostolique donné ainsi, cette façon de faire empêche de renvoyer d'un jour à l'autre la visite hebdomadaire.

" Les rapports succèdent aux rapports. Dans certaines salles, quelque chose de nouveau survient et l'on en fait un long récit, mais la plupart des comptes rendus sont courts. Beaucoup sont amusants, beaucoup sont touchants, et tous sont beaux, parce qu'ils manifestent la prise de conscience de Celui qu'on visite dans le malade. Chaque compte rendu en fournit la preuve. Combien de gens ne feraient pas pour leurs proches ce qui est raconté ici comme fait simplement et naturellement pour les éléments déshérités de notre population. En plus des attentions délicates et de la tendresse témoignée au cours de ces visites, il est possible de rendre des services - écrire des lettres, rechercher des amis négligents ou des proches, faire des commissions. Il est évident que rien ne paraît trop désagréable ou trop insignifiant pour s'en occuper.

" À la réunion, on donna lecture d'une lettre d'une malade à l'une de ses visiteuses. L'une des phrases était ainsi conçue: 'Depuis que vous êtes entrée dans ma vie'. Cela sentait le roman-feuilleton et tout le monde se mit à rire. Cependant plus tard j'ai repensé à une personne délaissée sur un lit d'hôpital, pour qui de telles paroles avaient un sens profond et cette pensée me remplit d'émotion. Je me suis dit également que ces paroles formulées à l'adresse d'une seule personne étaient susceptibles d'une application générale. Qu'il est merveilleux le pouvoir d'association capable de rassembler dans une même salle un grand nombre de personnes, et de les envoyer en missions angéliques dans des milliers de vies que le monde extérieur a laissées tomber dans l'oubli." (Father Michael Creedon, premier Directeur spirituel du Concilium Legionis Mariae.)

Dans leurs visites aux malades, les légionnaires devraient leur apprendre à se faire une juste idée de leurs souffrances, afin qu'ils les supportent dans un esprit chrétien.

Il faut les persuader que ce qu'ils jugent souvent insupportable est en réalité ce qui peut les faire ressembler davantage au Christ, et c'est là une grande faveur. Sainte Thérèse d'Avila dit: " La Majesté ne peut nous accorder une plus grande faveur que celle de nous donner une vie semblable à celle que son Fils bien-aimé a menée." Il n'est pas difficile de faire comprendre aux gens cet aspect de la souffrance qui, lorsqu'on l'a une fois saisi, lui enlève la moitié de son aiguillon.

On pourrait les aider à prendre conscience de cet aspect en leur répétant souvent l'exclamation de saint Pierre d'Alcantara à une personne qui avait enduré longtemps une maladie très douloureuse avec une patience admirable:- " Ô heureux malade, Dieu m'a montré quelle grande gloire vous avez méritée par votre maladie. Vous avez mérité plus que les autres peuvent le faire par la prière, le jeûne, les veilles, la discipline et autres oeuvres de pénitence."

Il est à souhaiter que l'exploitation de ces trésors spirituels possède une variété qui manque dans leur acquisition. De plus, l'idée de ne les amasser que pour soi n'exerce guère d'attraction. Le légionnaire expliquera donc aux malades l'apostolat qu'ils sont à même d'exercer par la souffrance. Qu'il leur apprenne à s'occuper des intérêts spirituels du monde entier, en offrant les trésors de leurs souffrances pour les innombrables besoins de ce monde, et en menant une campagne dont la force est irrésistible, parce qu'elle est à la fois prière et pénitence.

" De telles mains élevées vers Dieu," s'écrie Bossuet, " mettent en déroute plus de bataillons que celles qui frappent."

Si les malades éprouvent un intérêt personnel dans les intentions pour lesquelles ils prient, cela les aidera à persévérer. C'est pourquoi il est important que le légionnaire leur mentionne et leur décrive des besoins particuliers et des travaux (notamment ceux de la Légion).

Un des premiers buts visés doit être l'enrôlement des malades parmi les auxiliaires et ensuite parmi les adjutoriens. Ces membres pourraient former des groupes, qui recruteraient alors d'autres membres. De diverses manières aussi on devrait encourager les malades à s'entraider.

Mais s'il est possible de gagner parmi les malades des membres auxiliaires, pourquoi ne pas chercher à recruter des membres actifs? Beaucoup d'hôpitaux psychiatriques ont des praesidia composés de patients. Un établissement pourvu d'un praesidium y met à l'oeuvre un levain puissant. Ces légionnaires ont largement le temps d'accomplir leurs activités parmi les autres patients, et peuvent ainsi s'élever à un haut degré de sainteté. La valeur de leur appartenance à la Légion - sur le plan thérapeutique ou force de guérison pour eux-mêmes - a été si évidente que le corps médical de ces établissements s'est plu à la reconnaître.

Dès que cette nouvelle orientation de leur vie s'ouvre pour eux, les malades dont certains ont touché les profondeurs de la misère à la pensée d'être inutiles et à charge, vont savourer la joie suprême de sentir qu'ils sont utiles à Dieu.

Entre les légionnaires et ceux qu'ils visitent, la Communion des Saints doit nécessairement agir intensément, c'est-à-dire à la manière d'un fructueux échange de fardeaux et de bienfaits. Ne pouvons-nous pas supposer que les malades sont en train de payer, au nom des légionnaires une partie de la dette de souffrance qui est due par tout être humain; mais qui, supportée par chaque homme personnellement, ferait du monde entier un immense hôpital; de telle sorte que certains ont le privilège de porter plus que leur part, afin que l'oeuvre du monde puisse se poursuivre.

Que peut apporter un légionnaire à cette invisible transaction? Quoi d'autre qu'une part de son apostolat = la personne malade n'étant pas capable et parfois pas prête à remplir cette portion de son devoir de chrétien.

Dans cet échange réciproque, chacun serait avantagé délicieusement aux dépens de l'autre. Cependant il ne s'agit pas simplement d'un échange parfaitement équilibré de valeurs. Pour chaque partie, le gain dépasse de beaucoup son apport, en vertu du principe chrétien que ce que l'on donne rapporte au centuple. (voir section 20, chapitre 39, Directions Fondamentales pour l'apostolat légionnaire)

" 'Je suis le froment du Christ,' disait saint Ignace d'Antioche, 'et, pour que je sois changé en un pain digne de Dieu, je dois être moulu par la dent des lions.' N'en doutez jamais, la meilleure des croix, la plus sûre, la plus divine est toujours celle que Jésus nous destine sans demander notre avis. Augmentez votre foi en cette doctrine si chère aux saints jetés dans le moule de Nazareth. Adorez, bénissez et louez Dieu dans toutes les contradictions et épreuves qui viennent directement de sa main et, surmontant la répugnance de votre nature, dites de tout votre coeur, 'Fiat', ou mieux encore, 'Magnificat!'" (Mateo Crawley-Boevey)

6. TRAVAIL POUR LES PLUS MISÉRABLES ET LES PLUS DÉLAISSÉS DE LA POPULATION

Ce travail implique la visite des lieux qu'ils fréquentent; et les pensions, foyers, et prisons; peut-être même, la direction de refuges par un personnel de légionnaires, qu'ils soient résidents ou externes.

Dès que, dans un centre donné, la Légion possède des membres d'une expérience suffisante et de forte trempe, elle entreprendra cette oeuvre en faveur des membres de Jésus Christ les plus délaissés. Elle est trop souvent négligée cette oeuvre, et en conséquence, c'est le nom catholique qui en est blâmé.

Il n'est point de quartier malfamé où la Légion ne doive descendre pour rechercher les brebis perdues de la Maison d'Israël. Des craintes non fondées formeront le premier obstacle. Mais que ces craintes soient vaines ou justifiées, quelqu'un doit assumer cette tâche. Si des légionnaires capables, bien formés et protégés par leur vie de prière et de discipline ne peuvent l'entreprendre, alors, personne ne le pourra.

Jusqu'à ce que la Légion dans quelque centre que ce soit puisse affirmer en toute vérité que ses membres connaissent personnellement chacun des individus qui appartiennent à ces lieux dévoyés et qu'ils ont quelques rapports avec eux tous, il manquera quelque chose à son complet développement, et des efforts dans cette direction devront être intensifiés.

Nul chercheur des choses rares et précieuses de la terre ne doit poursuivre le désir de son coeur plus sérieusement que le légionnaire à la poursuite de ces infortunés du monde. Son intervention sera peut-être leur unique planche de salut éternel. Fréquemment ils sont si inaccessibles aux bonnes influences que la prison représente pour eux un bienfait déguisé.

De plus, on doit avoir en ce travail l'attitude courageuse du soldat en campagne. Les légionnaires devront affronter hardiment bien des incommodités évidentes. Il se peut qu'aux 'frondes et aux flèches' des paroles outrageantes, s'ajoutent des choses pires. Ils peuvent être la cible des coups et des blessures. De tels traitements peuvent les humilier et les peiner, mais ils ne doivent pas intimider; ils devraient même à peine déconcerter. C'est l'occasion de vérifier la solidité des professions martiales qui ont si souvent traversé l'esprit du légionnaire et si souvent franchi ses lèvres. Il a parlé d'une guerre. Il a promis d'aller à la recherche des gens les plus avilis; maintenant qu'il les a trouvés, il serait inconséquent pour lui de se plaindre. Pourquoi s'étonnerait-il de voir que les mauvais se conduisent mal et que les pires agissent avec vilenie!

Bref, en toute circonstance particulièrement difficile ou face au danger, le légionnaire devrait se rappeler: " C'est la guerre" ! Cette pensée qui arme de courage pour le sacrifice un peuple envahi par l'ennemi devrait éperonner le légionnaire dans sa lutte pour les âmes et le maintenir à son poste, alors que la plupart des autres l'abandonneraient.

S'il existe vraiment une réalité sous les paroles concernant la valeur inestimable et éternelle des âmes, on doit être prêt à payer pour elles un certain prix. Quel est ce prix et par qui sera-t-il payé? En voici la réponse: si jamais l'on demande aux laïcs de prendre des risques, qui doivent-ils être - sinon ceux qui s'efforcent d'être dignes du titre de Légionnaires de Marie? Si jamais l'on demande de grands sacrifices à des laïcs catholiques, à qui - sinon à ceux qui se sont si délibérément, si personnellement engagés au service de celle qui se tenait debout au Calvaire? Ils n'y manqueront certainement pas, si on les appelle.

Une sollicitude erronée pour leurs troupes pourrait amener les chefs à se tromper. Par conséquent, les Directeurs spirituels et tous les officiers sont exhortés à établir un idéal de vaillance qui rappelle un peu celui du Colisée. Ce nom peut n'être plus qu'un vain mot pour nos froids calculateurs. Mais au Colisée, on calculait aussi: ce calcul était fait par de nombreuses personnes charmantes - ni plus fortes ni plus faibles que les légionnaires de Marie - qui se demandaient en elles-mêmes: " Quel prix un homme donnera-t-il pour une âme?" Le Colisée résume en un mot tout ce que l'on a exposé en détail au chapitre 4 sur Le service légionnaire, et ce chapitre ne veut pas exprimer un simple sentiment.

L'apostolat dans les milieux négligés ou abandonnés sera toujours difficile et de longue haleine. Ce qu'il exige surtout, c'est une patience inaltérable. Un type de personnes dont on s'occupe ne se relèvera qu'après de nombreuses chutes. Si l'on soumet ce genre de personnes à une sévère discipline dès le début, cela n'aboutit à rien; la rigueur du système dispersera en peu de temps ceux qu'on avait pour mission de soigner et il ne restera plus que les sujets qui réclament moins de soin. Il faut donc procéder d'après le principe du renversement des valeurs, c'est-à-dire qu'il faut s'occuper spécialement de ceux que les plus optimistes eux-mêmes qualifient de désespérés, de ceux dont la perversion d'esprit et l'insensibilité semblent justifier cette description. Il faut résolument persévérer auprès des infâmes, des malveillants, des naturellement détestables, des rejetés, des suspects, des rebuts des cités, en dépit des rebuffades, de la totale ingratitude, et de l'apparent insuccès. Une considérable proportion de ces infortunés exigera le dévouement de toute une vie.

Évidemment un tel travail, poursuivi selon de telles idées exige des qualités héroïques et des vues purement surnaturelles. La récompense d'un labeur si pénible sera de voir ceux qui en sont l'objet mourir finalement dans l'amitié de Dieu. Quelle joie alors d'avoir coopéré avec

" Celui qui, de la fange, dans la longueur patiente des jours,
A transformé la vie d'un peuple pour Sa gloire!"
(Cardinal Newman: Le Rêve de Gerontius.)

Nous avons considéré longuement cette activité particulière, parce qu'elle a rapport réellement à tout l'esprit de la Légion. De plus, elle occupe parmi les services rendus à l'Église une position-clé. N'est-elle pas une affirmation spéciale du principe catholique selon lequel même les derniers des êtres humains ont par rapport à nous une importance indépendante de leur valeur ou de l'agrément que nous pouvons en retirer: en eux, c'est le Christ que nous devons voir, respecter et aimer.

La réalité de cet amour se manifeste dans les circonstances qui le mettent à l'épreuve. Cette épreuve vitale consiste à aimer ceux-là mêmes que la simple nature humaine dit de ne pas aimer. Voilà la pierre de touche qui distingue de sa contrefaçon le véritable amour de l'humanité. C'est le pivot de la foi, un point décisif du christianisme, car sans l'idéal catholique, cette sorte d'amour ne peut exister. Le concevoir indépendamment de cette racine, c'est lui enlever tout sens et toute vie. Si nos réactions humaines constituaient notre évangile, nous jugerions chaque chose uniquement du point de vue de son apparente utilité pour l'humanité. En conséquence, ce qui de l'aveu général serait sans valeur pour l'humanité doit être regardé logiquement dans de tels systèmes comme le christianisme regarde le péché, c'est-à-dire comme quelque chose à éliminer à tout prix.

Ceux qui, par un dévouement poussé jusqu'au sacrifice, font preuve de ce véritable amour sous ses formes les plus nobles, rendent à l'Église un service suprême.

" Il est pénible, dites-vous, d'endurer le méchant. Raison de plus de vous dévouer à lui avec amour. Votre ferme intention devrait être de l'éloigner du vice, et de le ramener à la vertu. Vous répliquerez qu'il ne vous écoute pas, qu'il ne veut pas de vos conseils. Comment le savez-vous? Avez-vous mis en oeuvre les exhortations? Avez-vous cherché à le faire rentrer en lui-même? Je l'ai fait souvent, répondrez-vous. Combien de fois? Oh! très souvent, une fois, deux fois. Et c'est là ce que vous appelez très souvent? L'eussiez-vous fait toute votre vie, vous ne devriez jamais vous en lasser ni perdre courage. Est-ce que Dieu ne nous adresse pas de continuelles exhortations par le moyen de ses Prophètes, de ses Apôtres, de ses Évangélistes? S'ensuit-il que nous agissions toujours bien? Que nous lui obéissions en toutes choses? Hélas non. Dieu, en dépit de cela ne cesse de nous avertir. Garde-t-il pour cela le silence? Pourquoi? Parce qu'il n'est rien de plus précieux qu'une âme. Car, 'que servira-t-il donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie?' (Mt 16:26)" (Saint Jean Chrysostome)

7. OEUVRES EN FAVEUR DE LA JEUNESSE

" Les enfants sont, assurément, le terme de l'amour délicat et généreux du Seigneur Jésus: c'est à eux qu'il réserve sa bénédiction et, qui plus est, qu'il assure le Royaume des Cieux (cf Mt 19.l3:l5; Mc 10:14). En particulier, Jésus exalte le rôle actif que les petits jouent dans le Royaume de Dieu: ils sont le symbole éloquent et l'image splendide des conditions morales et spirituelles qui sont essentielles pour entrer dans le Royaume de Dieu et pour vivre une vie de confiance totale au Seigneur: 'En vérité, je vous le dis, si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon Nom, c'est moi qu'il accueille!' (Mt 18: 3-5; cf. Lc 9:48)" (CL 47)

Comme l'avenir de l'Église sera magnifique, si la persévérance des jeunes dans la foi et dans leur intégrité morale, peuvent être assurées. Alors, comme un géant restauré, elle pourrait se lancer avec ardeur à la conversion du monde païen et accomplir sa mission allègrement. Or aujourd'hui, elle dépense la majeure partie de ses forces à soigner les plaies internes.

Par ailleurs, il est plus facile de conserver que de restaurer.

La Légion se chargera des deux situations, car les deux sont vitales. Cependant elle ne devrait certainement pas négliger la tâche la plus facile des deux -- la préservation. Il est en effet plus facile de préserver du désastre un grand nombre d'enfants que de refaire plus tard un seul adulte avili.

Voici quelques aspects du problème:-

(a) Assistance des enfants à la messe. Un évêque, livrant un programme de travail à des légionnaires, signalait comme de toute première importance la conduite d'une croisade en faveur de la messe du Dimanche parmi les enfants. Il considérait l'omission de la messe dominicale par les enfants comme l'une des principales sources de leurs difficultés ultérieures. On trouvera souverainement efficace la visite à leur domicile le dimanche matin (on aura eu soin de vérifier leurs noms sur les listes d'écoles, etc.)

Au fait, on doit se rappeler que les enfants sont rarement mauvais en eux-mêmes. Quand les enfants manquent à ce devoir catholique élémentaire, on peut avoir la certitude qu'ils sont victimes de l'indifférence et du mauvais exemple de leurs parents, et l'apostolat légionnaire devrait procéder avec prudence en tenant compte de ce mal supplémentaire.

Lorsqu'il s'agit des enfants, plus souvent que dans toutes les autres situations, les visites espacées ou à court terme auront peu ou point de résultats.

(b) Visite des enfants dans leur foyer. En relation avec la visite des enfants dans leurs propres foyers, on souligne que c'est un fait de grande importance. C'est une entrée dans des familles qui seraient autrement inaccessibles, pour diverses raisons, aux ouvriers apostoliques, mais qui peut être facilement obtenue quand le but avoué est d'entrer en contact avec les enfants de cette famille. Car c'est un fait, jaillissant de la relation naturelle du parent pour son enfant, que ce zèle pour l'enfant est surtout le zèle pour soi. Les parents ordinaires sont attentifs aux intérêts de leurs enfants, même s'ils sont oublieux de leurs propres intérêts. Le coeur le plus dur s'attendrit quelque peu à la pensée de son propre enfant. Certaines personnes peuvent être mortes à la religion elles-mêmes, mais des impulsions profondément enracinées ne leur permettent pas de désirer le même sort pour leurs enfants, et une joie instinctive les envahit en constatant les mouvements de la grâce dans leurs enfants. Conséquemment, quelqu'un qui repousserait grossièrement et même violemment ceux qui chercheraient à entrer en contact avec lui directement, en vue d'une mission spirituelle, tolérera ces mêmes travailleurs quand leur mission est pour ses enfants.

Les légionnaires expérimentés, une fois admis dans la maison, sauront bien comment communiquer à tous les membres de cette famille le rayonnement de leur apostolat. Habituellement, les parents seront favorablement impressionnés par l'intérêt sincère témoigné à leurs enfants. Cela peut être utilisé avec doigté pour cultiver dans les parents la semence du surnaturel, de sorte que, comme les enfants ont été la clé ouvrant la maison de leurs parents, ils seront aussi la clé de leurs coeurs, et par la suite celle de leurs âmes.

(c) Enseignement de la Doctrine chrétienne aux enfants. Ce travail suprêmement précieux devrait être complété par la visite des foyers quand la régularité des enfants laisse à désirer, ou en général dans le but de manifester un intérêt personnel aux enfants, et d'établir un contact avec les autres membres des familles. Soit dit en passant, la Légion peut servir de branche locale de l'Archiconfrérie de la Doctrine chrétienne. Voir appendice 8.

Voici un exemple de l'efficacité de l'application du système de la Légion aux classes de Catéchisme du Dimanche dans une paroisse populeuse. Malgré les sérieux efforts des Prêtres, malgré leurs exhortations du haut de la chaire, l'assistance moyenne des enfants était tombée à cinquante. À ce point, on forma un praesidium qui ajouta à l'enseignement la visite des foyers des enfants. Le travail d'un an suffit à faire monter à 600 l'assistance moyenne aux classes. Ce chiffre impressionnant ne tient pas compte des bienfaits spirituels dont bien des parents négligents furent bénéficiaires.

Dans tous les travaux, le mot d'ordre légionnaire devrait être celui-ci: " Comment Marie regarderait-elle et traiterait-elle ceux-ci, ses enfants?" Dans ce travail, encore plus que dans les autres, cette pensée devrait être vivante. On a une tendance naturelle à s'impatienter avec les enfants. Cependant une faute plus grave encore serait de donner à l'enseignement du catéchisme le ton séculier et les procédés en usage dans les affaires humaines de telle sorte que les enfants finiraient par considérer le temps d'instruction religieuse comme autant d'heures supplémentaires de classe. Si une telle chose se produit, ce sera la perte des neuf-dixièmes des fruits que l'on escomptait récolter. Alors, encore une fois considérons: " Comment la Mère de Jésus instruirait-elle ces enfants, en chacun desquels elle voit son propre Bien-Aimé?

Dans l'enseignement dispensé aux jeunes, la mémorisation et les aides audio-visuels jouent un rôle important. On doit également choisir avec soin tout matériel catéchistique afin qu'il soit pleinement conforme à l'enseignement de l'Église.

Une indulgence partielle est accordée à toute personne qui enseigne la doctrine chrétienne, ainsi qu'à celle qui reçoit un tel enseignement. (EI 20)

(d) L'école non-catholique ou laïque. La vie de l'enfant qui ne fréquente pas une école catholique est une crise continuelle et il peut s'avérer difficile d'empêcher qu'elle ne se développe plus tard en problème. Pour y porter remède, les autorités ecclésiastiques des régions concernées ont donné des directives que les légionnaires ont adoptées et qu'ils appliquent consciencieusement.

(e) Associations de jeunesse. Pour les enfants qui ont fréquenté de bons établissements scolaires, la crise se produit à l'âge où ils quittent l'école. Ils s'émancipent alors de ses solides influences, de ses contraintes protectrices, de ses sauvegardes minutieuses. Ils étaient parfois entièrement dépendants de ce soutien parce que leur foyer ne les avait pas pourvus d'influences religieuses et vigilantes.

Ce qui vient compliquer la situation c'est que le retrait de toutes ces choses coïncide avec l'âge de la plus grande difficulté morale, et que malheureusement aussi, ces jeunes ont cessé d'être des enfants et ne sont pas encore adultes. Naturellement, il est difficile à ce moment de demi-jour de leur apporter une aide appropriée, et c'est ce qui souvent leur manque. Alors, quand la période de transition est passée, et que le système protecteur adulte leur ouvre les bras, c'est en vain qu'il le fait. Ils ont déjà éprouvé les charmes dangereux de la liberté.

Par conséquent, la surveillance que les enfants avaient à l'école doit être maintenue dans une certaine mesure à leur sortie. Une méthode recommandée est celle de former, sous les auspices de la Légion, des Associations de Jeunesse, ou du moins des sections juvéniles spéciales dans les Associations ordinaires. Avant que les enfants quittent l'école, les autorités verront à ce que les noms de tels enfants soient fournis aux légionnaires. Ces derniers pourront alors les visiter dans leur famille pour faire leur connaissance et les persuader de faire partie de l'Association. Les enfants, qui ne peuvent être persuadés de se joindre, devraient faire l'objet de visites spéciales, de même que ceux qui assistent aux réunions de façon irrégulière.

On peut assigner à chaque légionnaire un certain nombre de jeunes membres de l'Association, dont il ou elle sera tenu responsable. Avant chacune des réunions de l'Association, on appellera ces membres pour leur rappeler le devoir d'y assister. Une Retraite annuelle (fermée, si possible) et une séance récréative annuelle devraient compléter cette oeuvre.

C'est le meilleur moyen, en fait il n'est pas d'autre moyen bien précis, d'assurer pour les jeunes une fréquentation régulière des Sacrements durant la période post-scolaire.

Les jeunes sortis de Centres de Détention Juvénile ou d'Orphelinats réclament une attention particulière dans la direction précédemment mentionnée. Parfois, en effet, ils n'ont plus ni père ni mère, ou ils sont victimes de parents indignes.

(f) Direction de patronages, de troupes de scouts et de guides, de groupes de J.O.C., de cours de couture, d'Association de la Sainte Enfance, etc. Ces travaux seront poursuivis sans doute comme tâche obligatoire par une partie seulement des membres d'un praesidium, plutôt que par tout le praesidium. Il serait pourtant dans l'ordre qu'un praesidium se consacre exclusivement à quelque tâche spéciale, comme celles qu'on vient de mentionner. Dans ce cas, cependant, il doit être entendu qu'on tiendra une réunion distincte pour ce praesidium où tout se fera selon le règlement. On n'a pas satisfait à ce devoir si, comme on l'a suggéré, on se contente à la réunion du groupe qui s'occupe d'une Oeuvre Spéciale, de convoquer les membres dans le but de réciter les prières, lire les procès-verbaux et faire à la hâte quelques rapports. Il est possible qu'on observe ainsi le strict minimum d'une réunion de praesidium, mais une lecture du chapitre 11 sur le Plan de la Légion montrera que cet expédient reflète peu l'esprit des règles.

La Légion désire que, pendant chaque réunion d'une Oeuvre Spéciale, placée sous son contrôle, les prières légionnaires soient récitées au commencement, vers le milieu et à la fin. Si le temps fait défaut pour la récitation du chapelet, on dira au moins les autres prières de la tessera.

(g) Une formule légionnaire destinée aux jeunes. Il semblerait nécessaire de proposer quelques principes directeurs aux légionnaires responsables de Clubs ou de Groupes de Jeunesse. D'habitude les méthodes dépendent entièrement des personnes chargées de ces groupes, de telle sorte qu'il existe une grande diversité dans les programmes, allant de la réunion quotidienne à la réunion hebdomadaire, du simple divertissement ou de la simple formation technique à la pure instruction religieuse. Évidemment la variété de ces méthodes entraîne des résultats fort divers, non pas toujours pour le mieux. Ainsi, à titre d'exemple, l'amusement pur et simple constitue souvent pour les jeunes une forme d'éducation douteuse, même si l'on suppose que 'pendant ce temps-là ils ne font rien de mal'. Selon le dicton bien connu - " Beaucoup de travail et point de jeu font de Jacques un ennuyeux" . Cependant ceci a été complété avec esprit par un autre dicton encore plus vrai: " Beaucoup de jeu et point de travail font de Jacques un simple jouet" .

Le système du praesidium se révèle un modèle qui convient à tous les genres de personnes et d'activités. Peut-on pareillement imaginer un cadre assez simple qui s'adapte généralement aux jeunes?

Les expériences déjà faites ont permis de croire que la formule suivante donne des résultats satisfaisants, et les praesidia chargés de Groupes de Jeunes sont instamment conseillés d'en faire l'essai:-

1. L'âge maximum est fixé à 21 ans. Il n'y a pas d'âge minimum. On doit éviter de mettre ensemble des jeunes d'âges trop différents.

2. Tous les membres doivent assister à une séance hebdomadaire régulière. Si un groupe se rencontre plus d'une fois par semaine, les règles sont facultatives pour les réunions supplémentaires.

3. Tous les membres récitent quotidiennement la Catena Legionis.

4. À la séance hebdomadaire on installera l'autel de la Légion, soit sur une table comme à la réunion du praesidium, soit en dehors du groupe ou, par mesure de prudence, à un endroit assez élevé.

5. À chaque séance, les prières de la Légion, y compris le chapelet, seront récitées de la même manière qu'à la réunion du praesidium.

6. La séance ne doit pas durer moins d'une heure et demie, mais elle peut dépasser ce temps.

7. On ne consacrera pas moins d'une demi-heure aux affaires du groupe et à la partie instructive. Le reste du temps, si on le désire, peut être consacré à la récréation. Par " affaires du groupe" on entend les divers problèmes que pose naturellement la marche de certains clubs, par exemple, les équipes de foot-ball ou autres clubs de sports. Quant à la partie instructive, elle comporte toutes les formes, religieuses ou profanes, de formation ou d'influence éducative, utilisées pour les jeunes.

8. Tous les membres doivent recevoir la Sainte Communion au moins une fois par mois.

9. On encourage les membres à devenir membres auxiliaires de la Légion, et on leur inculque la notion de service du prochain et de la communauté.

" Il serait facile de s'étendre sur les nombreuses leçons de la vie extraordinairement active de saint Jean Bosco. J'en choisis seulement une, en raison de son importance extrême et durable, à savoir: sa façon de considérer les rapports qui devraient exister entre ceux qui enseignent et ceux qui s'instruisent, entre les supérieurs et leurs subordonnés, entre les maîtres et leurs élèves, à l'école, au collège ou au séminaire. Il abhorrait justement à un extrême degré cet esprit de réserve, ces façons de se tenir à distance, cette dignité exagérée qui, tantôt par principe, tantôt par insouciance, parfois par pur égoïsme, rend des supérieurs et des maîtres presque inabordables à ceux dont Dieu leur a confié l'éducation et la formation. Saint Jean Bosco n'oubliera jamais ces paroles: 'On t'a fait président? Ne le prends pas de haut, sois avec les convives comme l'un d'eux, prends soin d'eux et ensuite assieds-toi.' (Si 32) (Cardinal Bourne)

8. LA BIBLIOTHÈQUE ROULANTE

Les légionnaires pourraient diriger une bibliothèque roulante ou un étalage mobile de livres qu'ils installeraient dans une place publique, de préférence dans une rue fréquentée. L'expérience à démontré l'immense valeur de ce travail légionnaire. Il n'y a guère de moyen plus efficace d'offrir un vaste apostolat aux bons, aux médiocres et aux méchants, ou de porter l'Église à la connaissance de ceux qui nombreux ne réfléchissent pas. Voilà pourquoi la Légion désire ardemment que chaque grand centre en possède au moins une.

Elle devrait être aménagée de façon à permettre l'étalage d'un grand choix de titres. Elle devrait être pourvue de nombreuses publications peu coûteuses. Les légionnaires en constitueraient le personnel.

En plus de ceux dont le but premier est de regarder l'étalage en vue d'un achat, presque tous les genres de personnes sont attirés par cela. Des catholiques désireux de causer avec des coreligionnaires, des badauds et des indifférents, qui ne cherchent qu'à tuer le temps ou à satisfaire leur curiosité, des gens qui, tout en n'appartenant pas à l'Église, s'y intéressent modérément, sans vouloir cependant se mettre en contact direct avec elle. Tous ces gens-là lieront conversation avec les aimables et sympathiques légionnaires en charge qui devraient être formés à considérer les demandes de renseignements et les achats comme autant d'occasions de contacts amicaux. Ils utiliseront ces contacts pour entraîner toutes les personnes sur un plan supérieur de pensée et d'action. Ils engageront les catholiques à faire partie d'une oeuvre catholique. Ils aideront les non-catholiques à mieux comprendre l'Église. Telle personne partira résolue à participer à la Messe et à communier tous les jours; telle autre, décidée à devenir légionnaire, actif - ou auxiliaire, ou Patricien; une troisième déterminée à se réconcilier avec Dieu; une autre s'éloignera emportant dans son coeur les germes d'une conversion à l'Église. Ceux qui visitent la ville s'intéresseront à la Légion (qu'ils n'auraient pas l'occasion de connaître autrement), et peuvent être encouragés à l'établir dans leur propre localité.

On incite cependant les légionnaires à ne pas attendre passivement que les gens viennent à eux à la bibliothèque roulante. Ils ne devraient pas hésiter à s'approcher des gens des alentours, non pas nécessairement dans le but de vendre plus de littérature, mais afin d'établir des contacts qu'ils peuvent utiliser tel que décrit au paragraphe précédent.

Il devrait être inutile de rappeler aux légionnaires que le suivi persévérant des présentations et amitiés ainsi commencées est une partie nécessaire de tout ce travail.

Le projet de lancer une bibliothèque roulante va toujours provoquer l'objection que des catholiques exceptionnellement bien versés seraient requis pour un tel travail, et qu'ils ne sont pas disponibles. Sans aucun doute, une connaissance approfondie de la doctrine catholique serait très utile. Son absence pourtant ne doit pas empêcher les légionnaires d'aller de l'avant. Ce qui compte surtout, c'est l'attrait personnel. Comme le dit le Cardinal Newman: " Les personnes nous influencent, leur voix nous émeut, leur beauté nous conquiert, leurs actions nous enflamment. Bien des gens vivront et mourront pour un dogme; aucun homme ne sera martyr pour une conclusion." En un mot, la sincérité et l'amabilité importent plus qu'une profonde connaissance. Celle-ci peut entraîner ceux qui la possèdent en des eaux profondes et des voies tortueuses qui ne conduisent nulle part, tandis que l'aveu candide de sa faiblesse; 'Je ne sais pas, mais je puis me renseigner', gardera une discussion sur un terrain solide.

On constatera que la plupart des difficultés exprimées proviennent d'une grande ignorance, et qu'un légionnaire ordinaire peut fort bien les réfuter. Les points les plus délicats seront soumis au praesidium ou au Directeur spirituel.

Les attaques contre l'Église au sujet des crimes, des persécutions et du manque de zèle peuvent être discutées indéfiniment, et embrouiller désespérément la question. Un élément de vérité peut sous-tendre certaines accusations, ajoutant ainsi la complication à la confusion. Il est complètement impossible de contenter la critique hostile sur tous ces points de discussion et sur tous les autres de moindre importance, même avec le concours d'une grande érudition. La marche à suivre par le légionnaire doit être de ramener la discussion avec persistance à ses éléments les plus simples: c'est-à-dire d'insister sur le fait que Dieu doit avoir laissé au monde un message - ce que les hommes appellent une religion: que cette religion, étant la voix de Dieu, doit absolument être une, claire, logique, infaillible et se réclamer de l'autorité divine.

Ces caractéristiques ne se trouvent que dans l'Église catholique. Il n'existe aucun autre corps ou organisation qui se réclame même de les posséder. Hors de l'Église, ce n'est que contradiction et confusion, au point que, selon le mot accablant de Newman: " Ou bien la religion catholique est la venue du monde invisible dans celui-ci, ou bien il n'est rien de positif, rien de dogmatique sur le lieu où nous allons."

Il existe nécessairement une Église véritable. Il ne peut y avoir qu'une seule Église véritable. Où est-elle, si ce n'est l'Église catholique? Comme des coups, toujours dirigés vers le même endroit, cette manière simple d'aborder la vérité a un effet de choc. Sa force n'échappe pas aux gens simples. L'homme le plus instruit ne peut y répondre dans l'intime de son coeur, bien qu'il puisse continuer à parler des péchés de l'Église. Brièvement, mais avec douceur, rappelez-lui qu'il en prouve trop. Ses objections, en disent au moins autant contre tout autre système religieux qu'elles en disent contre l'Église. S'il prouve que l'Église est fausse parce que des hommes d'Église ont mal agi, il n'a réussi à prouver qu'il n'existe aucune vraie religion en ce monde.

Le temps n'est plus où un protestant revendiquait pour sa propre dénomination un monopole de la vérité. Aujourd'hui, on l'entendrait plus modestement déclarer que toutes les Églises possèdent une part ou facette de la vérité. Mais une part n'est pas suffisant. Cela reviendrait à dire qu'il n'y a pas de vérité connue et nul moyen de la découvrir. Si une Église possède certaines doctrines qui sont vraies, et par conséquent d'autres qui sont fausses, quel procédé permettra de les distinguer les unes des autres; quand nous choisissons, nous pouvons prendre celles qui ne sont pas vraies! C'est pourquoi l'église qui dit de ses doctrines: " Certaines d'entre elles sont vraies" , ne peut pas nous aider, nous guider sur le chemin. Elle nous a laissés exactement là où nous étions, sans elle.

Répétons-nous donc ceci, jusqu'à ce que sa logique nous pénètre: Il ne peut exister qu'une seule Église véritable; qui ne doit pas se contredire; qui doit posséder la plénitude de la vérité; et qui puisse indiquer la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux.

" Le monde ne peut trouver d'aide plus puissante que vous. Il a des apôtres, des prophètes, des martyrs, des confesseurs, des vierges, d'excellents défenseurs, que je prie. Mais vous, ô ma Souveraine, vous êtes plus élevée que tous ces intercesseurs. Ce qu'eux tous peuvent avec vous, vous le pouvez seule sans eux. D'où vient tant de puissance? Ah! c'est que vous êtes la Mère de notre Sauveur. Si vous gardez le silence, personne ne priera, personne ne viendra nous aider. Si vous priez, tous prieront, tous nous aideront." (Saint Anselme: Oratio Eccl.)

9. CONTACT DE FOULE

L'apostolat envisage d'apporter à tous la plénitude des richesses de l'Église. Le fondement de ce travail repose sur l'influence personnelle et persévérante, d'une âme chaleureuse pour une autre âme, ce que nous appelons en langage technique un " contact" . La véritable influence faiblit à mesure que se refroidit l'intensité du " contact" personnel. Quand les gens se perdent dans la foule, ils ont tendance à nous échapper. Nous pouvons permettre à la foule de nous tenir à distance de la personne. Ces foules se composent d'individus, ayant tous une âme d'un prix inestimable. Chacun des membres de cette foule a sa vie personnelle, mais une bonne partie de son temps se passe dans des foules de toutes sortes - dans la rue ou ensemble en un endroit. Nous devons transformer ces foules en individus, pour nous permettre d'établir le contact avec leurs âmes. Combien Notre Dame doit regarder ces foules. Elle est la Mère de chaque âme individuelle qu'elles renferment. Elle doit être dans l'angoisse à la vue de leurs besoins, et son coeur doit désirer ardemment que quelqu'un vienne l'aider à leur prodiguer ses soins maternels.

On a déjà démontré la valeur que peut avoir la bibliothèque roulante en un endroit public, cependant, un apostolat étendu de la foule peut se faire comme un travail à part. S'approcher des gens en leur demandant poliment de parler avec eux sur le sujet de la foi peut conduire à des contacts fructueux. Cette approche peut se faire dans les rues, les parcs, les maisons publiques, à proximité des gares de chemins de fer ou d'autobus et en d'autres endroits où les gens se rassemblent. L'expérience a démontré qu'une telle approche est généralement bien accueillie. Les légionnaires engagés dans ce travail doivent se rappeler que leurs paroles et leurs manières sont leurs instruments de contact. Ils doivent dès lors être sans prétention et d'une grande déférence. Leurs discussions devraient être dépourvues de paroles qui ressembleraient à un affrontement avec l'autre personne, ou de tout ce qui aurait l'air d'une prédication ou d'un étalage de points de lois, ou d'une démonstration de supériorité. Ils devraient croire fermement que Marie Reine des Apôtres donne du poids à leurs moindres paroles et qu'elle désire ardemment rendre leur apostolat fructueux.

10. APOSTOLAT AUPRÈS DES EMPLOYÉES DE MAISONS CATHOLIQUES

Cet apostolat peut être fait et considéré comme faisant partie d'une visite, ou d'un travail spécial en lui-même. Il arrive trop souvent que ces personnes soient placées dans des maisons indifférentes ou hostiles à la foi, considérées comme de simples machines; fréquemment migrantes ou immigrantes et sans amis, parfois réduites à faire des rencontres isolées fortuites pleines de possibilités de désastre. Ces domestiques catholiques ont spécialement besoin d'attention et de soutien. L'apostolat auprès d'elles peut s'avérer très fructueux.

Pour elles, les visites régulières des légionnaires soucieux de leur bien-être, seront comme des rayons de lumière. Généralement, le but des visites sera de les amener à faire partie de sociétés catholiques ou de clubs, de leur trouver des amitiés convenables, et peut-être dans de nombreux cas, de les faire devenir membres de la Légion. Cette oeuvre servira sans doute à en amener plusieurs sur des sentiers plus heureux, conduisant vers la sécurité et la sainteté.

" De prime abord, nous aurions pu croire que la grande Mère de Dieu eût été entourée de grandeur et de majesté, au moins pendant une période de sa vie sur la terre. Combien différente a été la réalité, disposée par la Providence de Dieu. Nous trouvons Marie se livrant dans sa pauvre demeure à des tâches bien communes, comme balayer la maison, laver le linge, faire la cuisine; elle allait puiser l'eau au puits et en revenait, sa cruche sur la tête; elle s'occupait à ce genre de travaux que nous osons appeler serviles, malgré l'exemple qu'elle-même et Jésus et Joseph nous ont donné. Ses mains, sans doute, devenaient rouges au travail, et s'y endurcissaient; souvent, accablée de fatigue, et surmenée, Marie avait les soucis d'une femme d'ouvrier." (Vassall-Phillips: La Mère du Christ)

11. APOSTOLAT AUPRÈS DU PERSONNEL DES FORCES ARMÉES ET DES GENS DE LA ROUTE

Les conditions de vie de ces gens les portent à négliger la pratique religieuse et les exposent à de nombreux pièges. Aussi l'apostolat parmi eux est-il doublement souhaitable.

(a) L'accès des casernes n'étant pas toujours facile aux civils, il faut pour exercer une action féconde sur les milieux militaires, établir des praesidia composés de soldats. On l'a déjà fait en bien des endroits avec grand succès.

(b) L'apostolat auprès des marins nécessitera des visites sur les navires et l'organisation d'un certain nombre d'oeuvres sociales à terre. Les praesidia qui voudraient entreprendre ce travail devraient s'affilier à la société internationale officiellement reconnue, l'Apostolatus Maris, laquelle a des succursales dans presque tous les pays maritimes.

(c) Les légionnaires doivent montrer un respect méticuleux pour la discipline de l'armée et de la marine. Leurs actions ne doivent jamais aller à l'encontre des règlements et des traditions. En fait, ils doivent aspirer à faire tout leur possible pour que leur apostolat soit accepté sans réserve, qu'il élève les hommes à tout point de vue et représente un avantage certain pour ces services et plus qu'un avantage - une nécessité manifeste.

(d) Les gens de la route, les nomades et les gens des cirques sont parmi ces personnes qui devraient être amenées dans la sphère de l'apostolat légionnaire. Les migrants et les réfugiés devraient aussi être l'objet de cet apostolat.

" Parmi les grandes mutations du monde contemporain, les migrations ont produit un phénomène nouveau: les non-chrétiens arrivent en grand nombre dans les pays de vieille tradition chrétienne, créant des occasions nouvelles de contacts et d'échanges culturels, invitant l'Église à l'accueil, au dialogue, à l'assistance, en un mot, à la fraternité. Parmi les migrants, les réfugiés occupent une place tout à fait particulière et méritent la plus grande attention. Ils sont maintenant des millions et des millions dans le monde et ne cessent d'augmenter. Ils ont fui des situations d'oppression politique et de misère inhumaine, de famine et de sécheresse qui ont pris des proportions catastrophiques. L'Église doit les inclure dans le champ de sa sollicitude apostolique."

(RM 37 (b))

12. DIFFUSION DE LA LITTÉRATURE CATHOLIQUE

La vie d'innombrables gens, comme saint Augustin d'Hippone et saint Ignace de Loyola, illustre comment la lecture de livres influents, qui leur avaient été recommandés par des gens dont ils respectaient le bon jugement, s'est avérée l'instrument de Dieu pour les élever à des choses plus élevées. La diffusion de la littérature catholique offre des occasions de taille pour des contacts apostoliques avec une grande diversité de gens avec lesquels on peut facilement parler de la foi. En l'absence d'instruction religieuse suivie, des adultes vivant dans un monde sécularisé sont grandement désavantagés. L'Église leur enseigne un monde, mais eux vivent dans un autre. La voix du monde sécularisé parle plus fort que celle de l'Église. Ce déséquilibre doit être corrigé. Le mandat chrétien est de gagner au Christ le monde sécularisé. Ceci exige que nous possédions les bonnes valeurs et les bonnes attitudes - celles qui sont chrétiennes.

Sans sous-estimer les autres modes de communication, on peut affirmer que la lecture sérieuse, celle qui est faite dans le but d'apprendre, est une source d'idées extrêmement riche et influente. Une courte lecture régulière est plus profitable que beaucoup de lecture faite occasionnellement quand cela nous tente. C'est véritablement un problème que d'amener les gens à lire des livres religieux. On doit éveiller leur intérêt, et si l'on ne veut pas que cet intérêt s'évapore, il faut qu'ils trouvent facilement matière à le satisfaire. Voici toute trouvée l'ouverture pour l'apostolat des catholiques.

En plus des livres et des brochures, nous pouvons offrir des journaux et des revues catholiques dont le but est (1) de donner une synthèse raisonnée des affaires courantes accompagnée d'une évaluation réfléchie de celles-ci; (2) d'agir comme correctif nécessaire aux opinions déformées et aux silences calculés; (3) de vérifier et de donner des lignes de conduite sur ce que les médias ont à offrir dans l'actualité; (4) de développer une saine fierté et un intérêt réel pour les affaires de l'Église universelle. et (5) de cultiver un goût plus durable et plus pertinent pour la lecture.

En plus des imprimés, le matériel audio-visuel joue un rôle précieux dans la transmission de la Foi.

Avant de faire usage d'un matériel touchant la religion, il importe toujours d'en confirmer par des sources dignes de confiance leur plein accord avec l'enseignement de l'Église. Les prétendues publications catholiques devraient mériter leur nom.

" Ce ne sont pas les noms qui donnent confiance dans les choses, mais les choses qui donnent confiance dans les noms." (Saint Jean Chrysostome)

Parmi les moyens éprouvés pour la diffusion de la presse catholique, qu'on nous permette de souligner les suivants:

1. La sollicitation de porte en porte pour trouver des abonnés;
2. La livraison de journaux et de périodiques aux foyers;
3. Le montage de kiosques et de comptoirs à livres à l'église;
4. La tenue d'une bibliothèque roulante ou d'un comptoir à livres mobile sur les places publiques;
5. L'emploi de Patriciens pour recommander un matériel de suivi.

Les étalages de livres et leurs comptoirs doivent être attrayants et bien tenus. Pour annoncer l'Église catholique, les méthodes négligées ne sont pas assez bonnes.

Durant leurs visites pour diffuser la littérature catholique, les légionnaires s'efforceront d'exercer dans la famille un apostolat propre à influencer favorablement chacun des membres.

" Marie est la compagne inséparable de Jésus. Partout et toujours, la Mère est aux côtés du Fils. Donc, ce qui doit nous relier à Dieu, ce qui doit nous ramener aux choses du Ciel est -- non pas le Christ seul, mais ce couple bienheureux -- la Femme et sa Descendance. Donc séparer Marie de Jésus, dans le culte religieux, c'est renverser l'ordre établi par Dieu lui-même." (Terrien: La Mère des Hommes)

13. PROMOUVOIR LA PRATIQUE DE LA MESSE QUOTIDIENNE ET LA DÉVOTION AU SAINT SACREMENT

" Que chaque jour, comme c'est à souhaiter, les fidèles en grand nombre prennent une part active au Sacrifice de la Messe, se nourrissant de la Sainte Communion avec un coeur pur et saint, et qu'ils rendent grâces au Christ Notre Seigneur pour un si grand bienfait. Qu'ils se rappellent ces paroles: Le désir de Jésus Christ et de l'Église de voir tous les fidèles s'approcher tous les jours de la Sainte Table a surtout cet objet: que tous les fidèles, unis à Dieu par l'effet de ce Sacrement, y puisent la force de surmonter les passions, pour se purifier des fautes légères quotidiennes et pour éviter les péchés graves, auxquels est sujette la faiblesse humaine." (AAS 38 (1905), 401) Mais il y a plus.

" Qu'au cours de la journée les fidèles ne négligent point de rendre visite au Saint Sacrement qui doit être conservé en un endroit très digne des églises, avec le plus d'honneur possible, selon les lois liturgiques. Car la visite est une marque de gratitude, un geste d'amour et un devoir de reconnaissance envers le Christ Notre Seigneur présent en ce lieu." (MF 66)

Ceci devra se poursuivre, non pas surtout comme un travail en lui-même, mais plutôt comme un devoir à garder en mémoire et à poursuivre assidûment comme faisant partie intégrante de l'activité légionnaire. Voir chapitre 8: Le Légionnaire et l'Eucharistie.

" Nous voyons comment l'Eucharistie, sacrifice et sacrement, résume dans l'abondance de ses richesses tout ce que la Croix a offert à Dieu et procuré aux hommes. C'est en même temps le sang du Calvaire et la rosée du ciel: le Sang qui crie miséricorde et la rosée vivifiante qui relève la plante qui se flétrit et penche languissante. C'est le prix donné pour vous, et la bénédiction qui nous est apportée. C'est la vie et le prix de la vie. La Croix n'eut pas plus de valeur, la Cène non plus, ni les deux ensemble; toutes deux demeurent, toutes deux y sont remplies de toutes les espérances de l'humanité. Voilà pourquoi on appelle avec raison la messe le Mystère de la Foi; non seulement parce que s'y trouve résumé tout le dogme chrétien -- qui est le dogme de notre ruine en Adam et de notre restauration en Jésus Christ -- mais aussi et surtout parce que par son moyen se continue au milieu de nous le drame, l'action héroïque par laquelle ont été accomplis ce sublime relèvement de l'humanité et la surabondante compensation de nos pertes premières. Et elle n'est point une répétition, au sens d'un simple symbole, elle effectue réellement parmi nous ce que le Christ lui-même a accompli." (De la Taille: Le Mystère de la Foi)

14. LE RECRUTEMENT ET LA FORMATION DES AUXILIAIRES

Tout praesidium qui apprécie la puissance de la prière s'efforcera de s'adjoindre un groupe bien rempli de membres auxiliaires. C'est le devoir de chacun des légionnaires de recruter des auxiliaires et de rester si possible en relation avec eux.

Sachons voir la générosité de ses auxiliaires qui ont consacré à la Légion une partie des précieuses respirations de leurs âmes. Quelle source de sainteté ils renferment! La Légion a contracté envers eux une dette illimitée. Cette dette elle peut s'en acquitter admirablement en les aidant à cheminer vers la perfection. Les membres actifs et les membres auxiliaires sont tous les enfants de la Légion. Les membres actifs sont les enfants aînés, et la Mère de la Légion, comme dans chaque famille, se tournera vers eux pour l'aider à s'occuper de leurs frères cadets. Elle ne se contentera pas de les surveiller dans cette tâche. Elle les rendra efficaces, car cette sollicitude des membres actifs pour les membres auxiliaires renferme des choses merveilleuses pour les deux groupes. Dans l'âme de l'auxiliaire s'élève un grand édifice de sainteté et le membre actif y trouve la récompense du bâtisseur.

Cette tâche pour les auxiliaires est tellement pleine de possibilités, qu'elle semble appeler l'attention de quelques membres du praesidium hautement surnaturels et spécialement qualifiés pour la poursuivre dans l'esprit des " frères aînés" .

" Il semble évident qu'en ces jours de péchés abominables et de haine de Dieu, Notre Seigneur veut rassembler autour de lui une légion d'âmes choisies qui soient dévouées corps et âme. à lui-même et à ses intérêts, des âmes sur lesquelles il puisse toujours compter pour l'aider, le consoler; des âmes qui ne demanderont pas

'Que dois-je faire au juste?' mais bien 'Combien puis-je faire pour son amour?': une légion d'âmes qui donnent sans compter, et dont la seule peine soit de ne pouvoir ni faire davantage, ni donner rien de plus, ni souffrir davantage pour Celui qui a tant fait pour elles: bref, des âmes qui ne soient pas comme les autres, et qui peut-être passeront pour folles aux yeux du monde, à cause de leur devise: Sacrifice et non bien-être." (Father William Doyle: Vie par Mgr. Alfred O'Rahilly)

" Alors la légion des petites âmes, victimes de l'amour miséricordieux, sera aussi nombreuse que les 'étoiles du ciel et le sable du rivage'. Elle sera terrible à Satan; elle aidera la Sainte Vierge à écraser complètement sa tête orgueilleuse." (Sainte Thérèse de Lisieux)

15. LE TRAVAIL POUR LES MISSIONS

L'intérêt porté aux missions est partie intégrante de toute vie réellement chrétienne. Il se concrétise dans la prière, le secours matériel et la promotion des vocations missionnaires, selon les circonstances de chacun.

Les légionnaires pourraient, par exemple, établir un groupe de la Sainte Enfance et s'entourer d'une multitude d'enfants auxquels ils inspireront l'amour des missions. Ils pourraient également réunir autour d'eux des personnes qui, inaptes à être légionnaires actifs, (seraient organisées sur la base du degré auxiliaire de la Légion); s'emploieraient à coudre, à confectionner des vêtements, etc.

Voici trois travaux faits en un -- (a) le légionnaire se sanctifie; (b) il met d'autres personnes à même de se sanctifier; (c) il aide les missions d'une manière pratique.

À propos de ce travail, il est particulièrement nécessaire d'insister sur deux points qui, cependant, sont d'une application générale:

(a) Aucun praesidium ne doit devenir un simple instrument de quêtes en faveur de quelque oeuvre que ce soit.

(b) La surveillance et la direction des personnes employées à la couture serait suffisantes pour satisfaire à l'obligation de travail actif imposé par la règle. Mais le travail de couture, en lui-même, n'est pas jugé suffisant comme travail actif pour une légionnaire adulte, sauf en des cas très particuliers, comme le serait une incapacité physique.

" Les quatre oeuvres -- Propagation de la Foi, Saint-Pierre-Apôtre, Enfance missionnaire et Union Missionnaire, ont un but commun; promouvoir l'esprit missionnaire universel au sein du Peuple de Dieu." (RM 84)

16. PROMOTION DES RETRAITES

Après avoir expérimenté personnellement les précieux avantages d'une retraite, les légionnaires devraient s'organiser pour en avoir, en lancer l'idée dans le public et travailler à les établir là où elles n'existent pas déjà.

C'est la recommandation de Sa Sainteté le Pape Pie XI, dans l'Encyclique citée ci-dessous, à ces " Associations de pieux laïcs qui ont l'ambition de servir la Hiérachie Apostolique par les oeuvres de l'Action Catholique. Dans ces saintes retraites, ils découvriront clairement le prix des âmes et s'enflammeront du désir de les aider; ils apprendront aussi les ardeurs de l'esprit apostolique, son zèle, ses exploits."

L'insistance du grand pape sur la formation des apôtres est à remarquer. Parfois on ne vise pas ce but; les apôtres n'en émergent pas. Dans ce cas, l'utilité de ces retraites est mise en doute.

Les légionnaires ne doivent pas être empêchés de promouvoir les bienfaits d'une Retraite, en raison de l'impossibilité d'assurer le gîte aux re traitants. L'expérience montre qu'une forme de Retraite peut être accomplie avec des fruits évidents, même si l'on ne peut y consacrer qu'une seule journée, du matin au soir; il n'y a d'ailleurs pas d'autre moyen de mettre ces retraites à la portée des masses. À peu près n'importe quel local peut être aménagé à cet effet pour une seule journée, et quelques repas modestes n'occasionneront que des dépenses minimes.

" Le divin Maître lui-même avait coutume d'inviter ses apôtres au silence amical de la retraite: 'Venez vous-même à l'écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu.' (Mc 6:31) Quand il quitta pour le ciel cette terre de douleurs, il voulut perfectionner ces même apôtres et disciples dans la chambre haute de Jérusalem. Là durant dix jours, 'ils étaient assidus à la prière' (Ac 1:14), et se rendirent ainsi dignes de recevoir l'Esprit Saint: certainement une mémorable retraite qui la première présagea les Exercices Spirituels, d'où l'Église sortit riche d'une expérience de vigueur et d'une force inaltérable, et où en présence et sous le patronage puissant de la Vierge Marie, Mère de Dieu, se formèrent ceux qu'on peut justement appeler les précurseurs de l'Action Catholique." (MN)

17. ASSOCIATION PIONNIÈRE DU SACRÉ COEUR POUR L'ABSTINENCE TOTALE

Une admirable activité pour un praesidium serait sans contredit le recrutement de membres pour cette Association. Le but premier de l'Association est la gloire de Dieu par la promotion de la sobriété et de la tempérance; les moyens principaux pour atteindre ce but sont la prière et le renoncement personnel. Les membres s'inspirent de leur amour personnel envers le Christ (a) pour vivre libres et indépendants de l'alcool afin de pratiquer le bien; (b) pour réparer les péchés de satisfaction personnelle, incluant les leurs; (c) pour obtenir, par la prière et le renoncement personnel, grâce et secours pour ceux qui abusent de la boisson et pour ceux qui souffrent à cause de l'intempérance de leurs proches.

Les membres s'engagent surtout: (1) à s'abstenir pour la vie de toute boisson alcoolisée; (2) à réciter l'Offrande Héroïque (prière), deux fois par jour; (3) à porter ouvertement l'emblême.

L'Offrande Héroïque se récite comme suit:

Pour votre plus grande gloire et votre consolation, ô Sacré Coeur de Jésus,
Pour votre amour, donner le bon exemple, pratiquer le renoncement personnel,
Pour réparer les péchés d'intempérance et pour la conversion des alcooliques,
Je m'abstiendrai pour la vie de toute boisson enivrante.

Il existe une disposition: (1) en vertu de laquelle et avec l'approbation du Directeur Général de l'Association Pionnière, un praesidium peut constituer un Centre Pionnier; (2) que dans les endroits où un Centre de l'Association est déjà établi, un praesidium soit autorisé, en obtenant l'autorisation du Centre existant, à s'attacher à ce Centre dans le but de la promotion et du recrutement pour cette Association. (voir appendice 9)

18. CHAQUE LOCALITÉ A SES PROPRES NÉCESSITÉS PARTICULIÈRES

Pour atteindre les buts de la Légion, les légionnaires mettront en oeuvre tous les moyens que les circonstances locales peuvent suggérer, et que les dirigeants de la Légion peuvent approuver, en conformité, bien entendu, avec les volontés de l'autorité ecclésiastique. Une fois de plus, on insiste pour affirmer que tout travail à entreprendre doit être choisi pour sa valeur d'initiative et de courage.

Toute action héroïque accomplie sous la bannière catholique produit un effet qu'on pourrait appeler électrisant, sur les modes de pensée du milieu. Tous, même les gens irréligieux, seront amenés à considérer la religion plus sérieusement. Ces nouveaux degrés d'excellence modifieront la manière de vivre de toute la population.

" 'Ne craignez pas', disait Jésus. Banissons la crainte. Nous ne voulons pas de lâches parmi nous. Si jamais il y a lieu de répéter la parole du Christ: 'Ne craignez pas', c'est bien dans l'apostolat catholique et ses diverses ramifications. Car la crainte trouble l'esprit et nous enlève la claire vision des choses. Ainsi -- je répète -- bannissons la crainte -- la crainte de toutes sortes sauf une seule: cette crainte que je voudrais vous enseigner: c'est la crainte de Dieu. En la possédant, vous ne craindrez ni les hommes ni les esprits de ce monde.

Quant à la prudence, elle doit être telle que la Sainte Écriture la définit et la rappelle bien souvent: la prudence des fils de Dieu, la prudence de l'esprit. Ce ne doit pas être -- ce n'est pas -- la prudence de la chair -- débile, paresseuse, stupide, égoïste, misérable." (Discours du Pape Pie XI: 17 mai, 1931)

RG Source
    http://www.smlm.org/manuel/CHAP37.html

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