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Manuel


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Table des matières
Abréviations des Livres de la Bible
Abréviations des Documents du Magistère
Pape Jean-Paul II à la Légion de Marie
Note préliminaire
Profil de Frank Duff

Photographies
Frank Duff
L'autel légionnaire
Vexilla

Chapitres
1. Nom et Origine
2. But
3. Esprit de la Légion
4. Le Service légionnaire
5. Les Traits fondamentaux de la Dévotion légionnaire
6. Les Devoirs des légionnaires envers Marie
7. Le Légionnaire et la Sainte Trinité
8. Le Légionnaire et l'Eucharistie
9. Le Légionnaire et le Corps mystique du Christ
10. L'Apostolat de la Légion
11. Plan de la Légion
12. Les Buts extérieurs de la Légion
13. Conditions d'admission
14. Le Praesidium
15. La Promesse légionnaire
16. Autres Degrés d'affiliation
17. Les Âmes des légionnaires défunts
18. Déroulement de la réunion du praesidium
19. La Réunion et le membre
20. Le Système invariable de la Légion
21. Foyer Mystique de Nazareth
22. Les Prières de la Légion
23. Les Prières invariables
24. Les Patrons de la Légion
25. Tableau de la Légion
26. La Tessera
27. Le Vexillum Légionis
28. Gouvernement de la Légion
29. Fidélité légionnaire
30. Rassemblements
31. Extension et recrutement
32. Objections à prévoir
33. Devoirs Fondamentaux des légionnaires
34. Devoirs des Officiers de praesidia
35. Ressources
36. Praesidia qui nécessitent une mention spéciale
37. Suggestions concernant les travaux
38. Les Patriciens
39. Directions Fondamentales pour l'apostolat légionnaire
40. Allez proclamez l'Évangile à toute la création
41. La plus grande d'entre elles, c'est la Charité

Appendices
Appendice 1: Lettres et Messages des Papes
Appendice 2: Extraits de la Constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium, du concile Vatican II
Appendice 3: Extraits du Code de droit canonique sur les obligations et les droits des fidèles laïcs du Christ.
Appendice 4: La Légion Romaine
Appendice 5: Confrérie de Marie, Reine des Coeurs
Appendice 6: La Médaille de l'Immaculée Conception appellée la médaille miraculeuse
Appendice 7: La Confrérie du Très Saint Rosaire
Appendice 8: L'enseignement de la doctrine chrétienne
Appendice 9: Association pionnière du Sacré Coeur pour l'abstinence totale
Appendice 10: Étude de la foi
Appendice 11: Synthèse mariale

La prière de St Bernard

Indexes
Index des Références bibliques
Index des Documents du Magistère
Index des Références Papales
Index d'Auteurs et autres Personnes dignes de mention
Index des sujets

Note des références à Notre Seigneur

Poème de Joseph Mary Plunkett


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Chapitre 38

38

LES PATRICIENS

La Société des Patriciens a été créée en 1955. Son but est de consolider les connaissances religieuses des gens, de leur apprendre à s'exprimer et de les encourager à faire de l'apostolat. Initialement, la méthode devait être expérimentale, mais elle est demeurée ainsi, inchangée. Bien qu'au début les esprits s'activaient à proposer des changements, on constate que toutes ces propositions n'étaient qu'un retour à d'autres méthodes déjà existantes, telles que la catéchèse, les conférences, les cercles d'étude. Celles-ci ont leur propre place essentielle, mais ne répondent pas assez à ce qui est probablement le problème fondamental de l'Église: l'ignorance religieuse des adultes et les langues paralysées du laïcat. L'expérience patricienne a montré son efficacité dans ce domaine et doit donc être jalousement sauvegardée. Son système est équilibré de façon délicate. Une légère modification peut le changer en quelque chose de radicalement différent, tout comme une légère altération du réglage fait entrer une autre station sur l'appareil radio.

Ces autres systèmes aident généralement une ou plusieurs personnes bien expérimentées à instruire un grand nombre d'autres: tandis que le système des Patriciens est celui de la Légion elle-même - une approche unie pour l'oeuvre à accomplir. Tous travaillent ensemble dans une recherche active de la connaissance.

On constate à l'analyse que la Société des Patriciens est un enfant véritable de la Légion, car elle contient les divers éléments caractéristiques qui s'unissent pour former la Légion elle-même; c'est une projection du système de la Légion dans la sphère de l'éducation religieuse.

Dans ce service, c'est Marie qui préside. C'est elle qui a enfanté Jésus pour le donner au monde. C'est elle qui est préposée aux communications subséquentes de son Fils aux hommes. Cette prédominance de Marie est symbolisée par l'autel de la Légion qui doit former le point central de la réunion des Patriciens. Ces derniers se rassemblent autour de Marie pour parler de l'Église sous tous ses aspects, c'est-à-dire de Jésus qui est présent au milieu d'eux selon sa promesse. Ceci constitue une forme élevée de prière, rendue facile par les diverses parties de la réunion; il serait difficile de passer deux heures complètes en continuelle prière. Voilà pourquoi on peut dire que les Patriciens se spiritualisent en s'instruisant.

Au praesidium, la première exigence est d'obtenir de chaque membre un rapport oral. Chez les Patriciens, on retrouve le même souci; son premier but est d'amener chacun à fournir une contribution orale. Le cadre et le déroulement de la réunion doivent tendre vers cette fin. L'atmosphère doit être amicale, favorable, en fait comme celle de la bonne famille dans laquelle chacun peut exprimer son opinion, même si certains sont plus portés à parler que d'autres. Cette atmosphère dépend de l'absence d'éléments négatifs. De fait, la tactique ordinaire d'un débat public est basée sur l'attaque, la condamnation, le ridicule. Si ces éléments s'introduisent dans la réunion patricienne, on verra les membres se retirer les uns après les autres.

S'il se développe un véritable esprit de famille dans lequel " les plus petits" se sentent à l'aise, le mouvement patricien est solidement établi. Chaque intervention tend à en " susciter" une autre, comme chaque maillon d'une chaîne entraîne le suivant. Les lacunes dans la connaissance sont comblées, les éléments détachés s'assemblent en une mosaïque de doctrine catholique. À mesure que les connaissances et l'intérêt augmentent, les individus se fondent davantage dans l'unité du Corps Mystique du Christ et sa vie pénètre en eux.

Dans ses autres caractéristiques aussi, la méthode des Patriciens représente l'application de la doctrine légionnaire et de sa technique. Il importe que les légionnaires prennent pleinement conscience de cela, pour apporter au travail patricien la même conviction qu'ils ont au praesidium. Ils seront alors bien armés pour la tâche à affronter.

Il est pénible de constater que les catholiques ne parlent pas de leur religion avec ceux qui sont en dehors de l'Église, et rarement avec ceux qui en font partie. Un terme a été donné à cette désorientation chrétienne: le Mutisme. Le Cardinal Suenens résume ainsi la situation: " On dit de ceux qui sont en dehors de l'Église qu'ils ne veulent pas nous entendre. La pure vérité c'est que les catholiques ne veulent pas parler." Il semble que le catholique moyen ne cherche pas à aider les autres dans le domaine de la religion. Même ceux qui cherchent loyalement ne recoivent pas les renseignements qu'ils désirent, et ainsi se crée l'impression que les catholiques ne se soucient pas des conversions.

Cette déficience généralisée semble menacer le caractère chrétien lui-même, car le christianisme n'est pas compatible avec l'égoïsme. Cependant la situation n'est pas si alarmante qu'elle ne le paraît. En somme, ce silence et cette apparente indifférence proviennent d'un manque de confiance en soi:

(a) Ces personnes sont excessivement conscientes de l'insuffisance de leurs connaissances religieuses. En conséquence elles éviteront toute occasion qui pourrait exposer cette faiblesse au grand jour.

(b) Même lorsque les connaissances sont appréciables, les notions sont séparées, comme dans les réponses du catéchisme. L'esprit n'a pas accompli l'opération suivante, qui consiste à les rassembler comme les parties d'un tout, tel qu'il résulte de l'ensemble des pièces d'une automobile ou tel qu'il existe entre les organes du corps humain. La situation se complique encore quand plusieurs éléments font défaut ou sont disproportionnés entre eux. Si on voulait les assembler, on aboutirait à quelque chose qui ressemblerait à une machine qui ne peut fonctionner parce que les pièces ne s'ajustent pas.

(c) En bien des cas, l'ignorance est telle que la foi n'a pas de connaissances suffisantes pour lui servir de base solide. On est alors dans un état de demi-croyance. Il suffirait de se trouver dans un environnement irréligieux pour que se produise l'écroulement.

Tel est le problème.

Les Patriciens constituent une association de personnes dirigées par la Légion. Chaque groupe doit être affilié à un praesidium et son président doit être un membre actif de la Légion. Un praesidium peut diriger plusieurs groupes. Chaque groupe doit avoir un Directeur spirituel approuvé par le Directeur spirituel du praesidium. Cette fonction peut être assumée par un Religieux, ou même par un laïc (quand l'autorité ecclésiastique le permet).

Le terme Patriciens, comme la plupart des autres noms de la Légion, est emprunté à la terminologie de l'ancienne Rome. Les Patriciens étaient la classe supérieure des trois classes de la société, c'est à dire, les Patriciens, les Plébéiens, les Esclaves. Cependant nos Patriciens aspirent à réunir en une seule noblesse spirituelle toutes les classes de la société. De plus les Patriciens étaient supposés être animés d'un grand amour pour leur patrie et se sentaient responsables de son bien-être. Nos Patriciens, eux aussi, doivent être les défenseurs zélés de leur patrie spirituelle, l'Église. La Règle n'exige pas que les Patriciens soient des catholiques fervents, ni même pratiquants, il suffit qu'ils soient loyalement soumis à l'Église catholique. Les catholiques résolument hostiles à l'Église n'entrent pas dans cette catégorie.

À moins d'une décision expresse de l'Évêque, des non-catholiques ne peuvent assister aux réunions.

La réunion des Patriciens a lieu une fois par mois. La ponctualité et la continuité sont essentielles. Aucune réunion ne devrait être supprimée, sauf dans le cas d'une impossibilité réelle. Aucun membre n'est obligé d'assister à toutes les réunions. Il sera nécessaire d'organiser un système pour rappeler aux membres la date de la réunion suivante.

Il est à souhaiter qu'un groupe n'excède pas 50 membres, et même ce nombre présente ses difficultés.

Cadre: On évitera de donner l'impression d'une salle de spectacle, avec estrade et auditoire; mais il faut éviter également tout désordre. Autant que possible, on disposera les chaises en demi-cercle, une table complétant le cercle. Sur la table on placera l'autel légionnaire, dont le vexillum est un élément essentiel.

La réunion doit être attrayante à tous points de vue, incluant le confort matériel des sièges, de l'éclairage et de la température.

Les frais sont couverts par une quête secrète et un compte rendu financier se donne à chaque réunion.

Déroulement de la réunion

1. La réunion commence par la prière des Patriciens, récitée à l'unisson, debout.

2. L'exposé d'introduction, fait par un laïc, est strictement limité à 15 minutes. Il peut être plus court; s'il dure plus longtemps, il fait plus de mal que de bien -- comme tous les excès. Il n'est pas nécessaire que cet exposé soit fait par un spécialiste. Sa compétence pourrait signifier trop d'érudition et trop de longueur, ce qui au début de la réunion pourrait en ruiner la suite. D'autre part, on a fait la suggestion que cet exposé n'est pas nécessaire. Mais il est évident qu'il faut faire des recherches préliminaires sur le sujet. Cela ne peut être assuré qu'en désignant quelqu'un pour ce travail. La réunion a besoin de matières premières sur lesquelles travailler.

3. L'exposé est suivi d'une discussion générale. Toutes les autres parties de la réunion existent en fonction de celle-ci et doivent être dirigées vers son plein fonctionnement. Il ne peut y avoir de discussion si les membres n'y contribuent pas individuellement. Le problème patricien consiste à faire parler des gens qui n'y sont pas formés ou peu disposés à prendre la parole. Ce problème doit être résolu pour leur propre bien et la santé de l'Église.

Conséquemment, on doit amener les membres à prendre la parole, en les aidant de toute manière, et toutes les influences opposées devraient disparaître . Il serait désastreux de réagir avec rigueur quand un participant émet des propos erronés ou peu sensés (et il y en aura beaucoup). Cela ferait avorter l'intention patricienne qui est d'amener chacun à se révéler. Par conséquent, la liberté de parole est d'une grande importance et elle doit être développée, même si des choses embarrassantes sont exprimées. Il faut se rappeler que ces choses se répètent en choeur, à l'extérieur, là où elles ne reçoivent aucune rectification.

L'essentiel, c'est que les interventions se fassent, et non pas qu'elles soient sages et justes. Celles qui sont parfaites peuvent briller davantage, mais les ordinaires ont plus d'effet; elles entraînent les muets à parler.

Il est psychologiquement important que les interventions s'adressent au groupe et non pas à quelque dirigeant. L'idée est que, lorsque l'intervenant finit de parler, chaque auditeur reste face à face, pour ainsi dire, avec ces paroles, comme quelque chose qui appelle un commentaire, presque comme si c'était une conversation entre deux personnes. Dans ce cas, la réponse ne se ferait pas attendre, et cette promptitude a répondre est justement ce qu'on cherche à établir chez les Patriciens.

L'équilibre psychologique de la réunion serait rompu si l'esprit des gens était détourné du sujet. Ce serait le cas, par exemple, si le président captait leur attention par un commentaire ou même une appréciation; ou si celui qui fait l'exposé initial intervenait fréquemment sur des questions soulevées par cet exposé, ou encore si le Directeur spirituel résolvait les difficultés au fur et à mesure qu'elles se présentent. Tout ce qui pencherait vers ces directions serait funeste. Cela transformerait la réunion en table ronde, dans laquelle quelques rares participants posent des questions et reçoivent des réponses de la part de spécialistes.

Il est souhaitable qu'on crée une atmosphère qui encourage les personnes timides à parler.

Le président doit faire preuve de patience vis-à-vis des personnes qui interviennent isolément hors de propos. Un rappel à l'ordre risque d'avoir un effet intimidant sur toute l'assemblée. Toutefois, si l'intervention fait réellement dévier la discussion, le président se doit alors de la ramener au sujet.

On devrait se lever pour parler. Il est probable que les interventions jailliraient plus librement si l'on restait assis. Mais cela risquerait de réduire la discussion à un échange désordonné de phrases aboutissant à une simple conversation.

Les membres ne sont pas limités à une seule intervention. Cependant une personne qui n'a pas encore parlé a la priorité sur celle qui l'a déjà fait.

4. Une heure après le début de la réunion, on interrompt le débat. Immédiatement avant cet arrêt cependant, on donne l'état des finances et l'on rappelle que la quête secrète suivra immédiatement l'allocution du Directeur spirituel.

5. Pendant la pause, on sert du thé et du café avec des biscuits ou tout autre rafraîchissement léger. C'est là une partie essentielle de la réunion, qui ne doit pas être omise. Elle répond à des fins multiples: (a) elle donne un aspect social favorable, à la réunion des Patriciens; (b) elle permet l'échange des idées; (c) elle délie les langues; (d) elle donne l'occasion de contacts apostoliques.

On a suggéré d'omettre les rafraîchissements pour employer ce temps à autre chose, mais il serait pratiquement impossible de justifier l'intervalle sans les rafraîchissements.

La pause doit durer quinze minutes.

6. Le Directeur spirituel fait ensuite une allocution d'environ quinze minutes. Tout le déroulement de la réunion a acheminé les esprits vers cette allocution et on l'écoutera avec grande attention. C'est un ingrédient essentiel, reprenant sous une forme correcte et cohérente le thème du débat, en l'élevant à son plus haut niveau, inspirant aux membres un plus grand amour de Dieu et un zèle plus ardent à son service.

On a dit: Cette allocution, pourquoi ne pas la placer à la fin de la réunion, alors qu'elle pourrait tenir compte de tout ce qui a été dit? La réponse est que cette allocution a pour but de fournir une matière précieuse pour une plus ample discussion. Ceci ne pourrait avoir lieu si elle était placée à la fin. Voici une seconde raison. C'est que l'allocution pourrait ne pas avoir été pleinement comprise par tous les membres présents, et dans ce cas le " principe d'interprétation" (décrit plus loin) agira pendant la discussion qui reprendra.

7. Après l'allocution, la discussion est reprise jusqu'à cinq minutes avant la fin de la réunion.

8. À ce moment (a) le président exprime brièvement l'appréciation de la réunion à celui qui a fait l'exposé initial; Il n'y a pas de votes formels de remerciements; (b) on fixe le sujet de la prochaine réunion. Les sujets doivent porter sur la religion. Il faut éviter les sujets purement académiques, culturels, littéraires ou économiques; (c) on fait les annonces, s'il y a lieu.

9. Alors tous récitent à l'unisson et debout, la prière finale qui est le Credo.

10.La réunion se termine par la bénédiction du prêtre. On la reçoit debout pour éviter le désordre, qui résulte d'un agenouillement entre les chaises, dans une salle bondée.

Ainsi la durée totale de la réunion ne doit pas dépasser deux heures. Il est donc indispensable de respecter les délais fixés à chacune des parties de la réunion. Si une partie se prolonge au-delà du temps prévu, les autres en souffrent et l'équilibre de la réunion est rompu. On trouvera à fin du chapitre un plan résumant les différentes parties de la réunion et le temps alloué à chacune, pages 26l - 262 du manuel.

On ne fait pas de récapitulation. Qu'on ne s'inquiète pas si des problèmes importants n'ont pas été résolus. D'autres réunions auront lieu qui permettront d'aboutir à une vue plus complète du sujet.

On n'impose aucune obligation de travail. On n'assigne de charges à personne à la réunion. On ne fait pas de pression sur les membres pour des activités supplémentaires. Mais les contacts d'amitié qui se développent devraient faire avancer les gens de toutes manières, particulièrement en devenant membres de la Légion, actifs, auxiliaires ou adjutoriens. Dirigés avec sagesse, les Patriciens sont capables d'imprimer de puissantes impulsions au grand profit de toute la communauté.

QUELQUES PRINCIPES PATRICIENS

1. Psychologie de groupe. Parce qu'ils ont besoin les uns des autres, les hommes s'assemblent en groupes. Le groupe exerce son influence dans la mesure où il a des règles et un esprit. Les individus s'efforcent de s'adapter au groupe auquel ils appartiennent, un fait qui peut agir pour le bien ou pour le mal.

Ils cesse d'être purement passifs. Ils partagent la vie du groupe. S'il s'y sentent à l'aise, ils y seront eux-mêmes une force. Appliqué aux Patriciens, ceci veut dire qu'une pression douce mais irrésistible s'exerce sur tous, même sur les moins doués, pour leur faire assimiler ce qu'ils entendent, et les aider de diverses manières à tenir bon. Évidemment un groupe, en accomplissant tout cela peut ne pas réussir à avancer. Pour éviter ce danger, les Patriciens sont encadrés par des officiers à l'esprit élevé qui assureront le jaillissement des idées supérieures. Sous l'influence de cette psychologie du groupe, ces idées seront absorbées par les membres, au point que le corps entier pourra croître continuellement en qualité.

2. Les pauses pénibles. Certains longs silences qui s'établissent entre les interventions peuvent avoir un effet déconcertant. Le président peut être tenté alors de presser les gens à prendre la parole. Ce serait une mauvaise tactique. Elle ferait naître un sentiment de contrainte, rendant chacun moins enclin à parler. Le point de vue à considérer ici, c'est qu'en famille on n'éprouve pas le besoin de parler sans arrêt, et les éventuels silences y sont naturels. Aussi bien quand ce silence s'établit, que tous restent tranquillement assis comme ils le feraient à la maison. Le silence finira par cesser. Alors, il sera ordinairement suivi d'une atmosphère de détente dans laquelle les langues se délieront librement.

3. Remise à plus tard d'une solution. Il y a généralement deux manières de résoudre un problème. La première consiste à demander directement la réponse à un spécialiste. L'autre est de chercher soi-même la solution. La première paraît plus directe et plus simple et presque tout l'enseignement est fondé sur cette méthode. Elle a cependant deux inconvénients: la réponse est souvent à moitié comprise, ou bien cette méthode ne développe pas les capacités de l'élève et son sens de responsabilité. La seconde méthode est plus laborieuse. Elle renvoie le problème aux élèves. Ils doivent fournir leur effort personnel. Quand ils présenteront un premier jet de réponse, ils recevront des conseils avisés pour les guider dans la recherche. On les renverra alors à leurs propres efforts pour lutter davantage. Le résultat final de cette active collaboration de leur part est qu'ils ont vraiment appris. Comme la solution provient de leur propre lente production, ils y sont à l'aise, ils s'en souviendront, et se sentent confiants face à l'avenir. Telle est la méthode des Patriciens. Elle exige en outre qu'une erreur émise au cours du débat ne soit pas rectifiée immédiatement par les dirigeants, mais qu'elle soit laissée à la merci de la discussion. Elle ne tardera pas à être rectifiée. Si une erreur grave devait persister, il faudrait évidemment la corriger, en évitant toutefois d'humilier son auteur. Qu'on pense à Marie instruisant son Fils.

4. L'usage de poser des questions. Les conférenciers reconnaissent l'avantage de susciter des réactions dans l'auditoire et ils invitent à poser des questions. Certaines personnes acceptent et le conférencier leur répond. Les Patriciens au contraire ne favorisent pas ce procédé, ils le considèrent comme une interruption du débat -- presque l'équivalent d'un court circuit dans une installation électrique. Bien des personnes, au début, ne penseront à aucune autre manière d'intervenir que celle de poser des questions à l'un des dirigeants. Si celui-ci tentait de leur répondre, ce serait un coup porté à la discussion, qui se transformerait en salle de classe, que les membres quitteraient.

Ici la règle d'or est que ceux qui ont une question pertinente à poser, y ajoutent leurs idées personnelles, quant à la réponse. L'expérience confirme l'utilité de ce procédé qui permet d'intégrer la question au courant même de la discussion.

5. La méthode constructive des Patriciens. Il est bon de construire l'édifice de son savoir en ajoutant pour ainsi dire, une brique à une autre. Mais chez les Patriciens, la méthode employée est celle de la multiplication, plutôt que celle de l'addition. Les Patriciens construisent avec des briques vivantes, en ce sens que chaque idée nouvelle est liée aux précédentes, jaillissant d'elles, et les influençant à leur tour. Les opinions se modifient et des idées neuves germent. Cette opération compliquée, mue par la grâce, doit inévitablement porter fruit dans tous les esprits. Mais elle produit également un effet commun, c'est-à-dire sur le corps entier. Cet effet est comparable à celui de la marée montante. Il réunit le caractère et la pensée de chaque membre dans un mouvement progressif manifeste. Cette communication d'énergie et de direction à une foi et une perspective religieuse stagnantes aboutit à un vrai changement de vie.

6. Les responsables. De même que le praesidium dépend de ses officiers, le mouvement des Patriciens dépend de ses dirigeants. Ceux-ci doivent veiller à ne pas dépasser leurs attributions. S'ils le font, ils diminuent le rôle des membres ordinaires. Ils dévient vers la salle de classe. Il est essentiel que le Directeur spirituel, le président et l'introducteur respectent le temps et les limites qui leur sont imposées, quelle que soit leur tentation d'agir autrement. La plupart des gens se sentent mal à l'aise en présence de l'érudition et de l'autorité. Par conséquent, ces dirigeants devraient agir, pour transmettre avec profit leur savoir, selon la formule même de Notre Seigneur: " Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur." (Mt 11:29) On peut probablement dire que plus ils s'effaceront au cours de la discussion, plus celle-ci prendra une allure de liberté. Cependant cela ne doit pas les limiter rigoureusement au temps qui leur est alloué; ils peuvent intervenir comme les membres ordinaires le feraient, mais avec réserve.

7. Le " principe d'interprétation". Ce " principe d'interprétation" est prééminent parmi les caractéristiques des Patriciens. Par ce moyen, des interventions qui, pour une raison ou pour une autre, dépassent la compréhension de la plupart des membres, sont mises à la portée de tous. On peut donc exprimer des pensées même profondes et des notions difficiles sous une forme qui les rend accessibles aux gens les plus simples. Cette aptitude à mettre sur un pied d'égalité les plus érudits et les moins instruits dans une compréhension réciproque est un joyau de grand prix. Voici comment cela fonctionne. Supposons que l'introduction (ou quelque intervention) soit si savante que seulement dix pour cent des participants la comprennent. S'il s'agissait d'une conférence ordinaire, on aurait par conséquent parlé en pure perte. Mais chez les Patriciens, quelqu'un parmi ceux qui ont compris commence à discuter. Pratiquement cela se fait d'une manière adaptée aux capacités de la majorité du groupe, de telle sorte que l'exposé obscur est en train d'être ramené au niveau de compréhension de tous. D'autres prennent alors la parole, et finalement une opération s'accomplit, semblable à celle du maïs qui, une fois moulu, devient fleur de farine. Toutes les obscurités contenues dans le texte original ont été, pour ainsi dire, interprétées ou traduites dans la capacité mentale de tous les membres. De cette manière, rien ne se perd de ce qui se fait chez les Patriciens.

Cette caractéristique des Patriciens possède une valeur unique, dans des conditions telles qu'il en existe en pays de mission. La tâche du missionnaire y est d'enseigner la doctrine catholique dans toute sa plénitude à des gens dont il ne comprend qu'imparfaitement la langue et dont la mentalité diffère de la sienne. Le principe d'interprétation des Patriciens l'aide à surmonter la profondeur de ces abîmes.

8. L'action de Dieu. À cet égard, l'enjeu est plus grand que celui de réunir un nombre de briques pour en construire un édifice. C'est le principe de la grâce qui, surpassant la nature, nous rend capables de construire un édifice incomparablement plus grand que celui pour lequel nous avions les matériaux.

Nous devons prendre conscience que dans le domaine de la religion révélée, personne n'a de réponses complètes. Car la foi et la grâce doivent toujours intervenir. Même les arguments les plus sages ne peuvent servir à en faire franchir le seuil. Ce serait cependant une erreur d'en conclure que les propos moins sages soient par conséquent inutiles. En effet, Dieu prend en main la plus faible contribution et en fait quelque chose. Lorsque tous auront fait de leur mieux, le fossé apparemment infranchissable sera probablement comblé. Soit que le fossé n'était pas si profond qu'on ne croyait, ou que la contribution était plus importante qu'elle ne semblait, ou que Dieu lui-même ait tout simplement ajouté ce qui manquait - nul ne peut le dire. Cependant toute la tâche est accomplie.

Ce qu'on vient d'exposer doit toujours être notre philosophie -- et à un niveau bien supérieur à celui des Patriciens. Chacun doit apporter sa contribution, tout en la sachant bien insuffisante. Un effort minime vaut mieux que nul effort. Pour convertir le monde, il s'agit d'abord, pour les catholiques, d'y mettre tout l'effort de leur volonté. Cet effort sera insuffisant aussi longtemps que les catholiques se diront: " Je ne suis pas assez compétent et il vaut donc mieux que je reste tranquille." Voilà la situation la plus courante dans laquelle les Patriciens pourront jouer un rôle utile.

LA PRIÈRE DES PATRICIENS

(Récitée par tous à l'unisson, debout)

Au nom du Père, etc.

Bien aimé Seigneur,
bénis la Société des Patriciens
dans laquelle nous sommes entrés
afin de nous rapprocher de toi
et de Marie, ta Mère, qui est aussi la nôtre.
Aide-nous à connaître notre foi catholique,
afin que ses vérités transformantes puissent agir en nos vies.
Aide nous aussi à comprendre ton union intime avec nous,
par laquelle non seulement nous vivons en toi, mais nous
dépendons aussi les uns des autres,
de telle sorte que si certains faiblissent, d'autres en souffrent
et peuvent périr.
Rends-nous capables d'apercevoir le lourd mais glorieux fardeau qui pèse ainsi sur nous,
et fortifie notre désir de le porter pour toi.
Nous comprenons bien qui nous sommes:
La répugnance de notre nature:
combien nous sommes incapables de t'offrir nos épaules.
Mais nous avons confiance que tu regarderas notre foi plutôt que notre fragilité,
et les besoins de ton oeuvre
plutôt que l'imperfection des instruments.
Ainsi, unissant nos voix aux prières maternelles de Marie,
Nous implorons de ton Père céleste et de toi-même
le don de l'Esprit Saint:
qu'il demeure en nous:
qu'il nous enseigne ta doctrine vivifiante:
qu'il nous procure tout ce qui nous est nécessaire.
Accorde-nous aussi, qu'ayant reçu avec tant de largesse,
nous puissions donner généreusement;
sinon le monde risquerait de ne pas recevoir les fruits de ton Incarnation et de ta Mort si cruelle.
Oh ne permets pas que se perdent de tels labeurs et de pareilles souffrances
Amen.

Au nom du Père, etc.

ORDRE DE LA RÉUNION

0.00 Prière des Patriciens (récitée tous ensemble et debout).
Exposé par un laïc (limité à 15 minutes).
0.15 Échange de vues.
0.59 Rapport financier et rappel que la quête secrète se fera immédiatement après l'allocution du prêtre.
1.00 Pause - rafraîchissements.
1:15 Allocution du prêtre (limitée à 15 minutes)
l:30 Reprise des échanges de vues
Quête secrète
1:55 Avis (remerciements à l'introducteur, date et sujet de la prochaine réunion, etc.)
2:00 Le Credo (récité ensemble et debout).
Bénédiction du prêtre (reçue debout).

Groupes d'institutions ou de jeunes

Dans les cas suivants où il s'avère pratiquement impossible de se conformer aux règles ordinaires, c'est-à-dire dans: (a) groupes à l'intérieur des collèges et institutions, et (b) dans les groupes où tous les membres ont moins de 18 ans; il est permis de suivre un ordre simplifié (durée totale 1 heure et demie):

0.00 Prière des Patriciens, suivie de l'exposé par un laïc (limité à 5 minutes).
0.05 Échanges de vues (40 minutes).
0.45 Pause (10 minutes) (on peut supprimer les rafraîchissements).
0.55 Allocution du Directeur spirituel (10 minutes)
(la quête secrète peut être supprimée)
1:05 Reprise des échanges de vues (20 minutes).
1.25 Avis comme ci-dessus.
1:30 Le Credo, etc. comme ci-dessus.

" Chez les Patriciens on se trouve en famille. Une conversation familiale, libre, franche et cordiale sur ce qui nous concerne tous est un des charmes de la vie de famille. Nous, Chrétiens, en tant que frères du Christ, nous appartenons à la famille de Dieu. Réfléchir sur sa foi, en parler, discuter de sa mise en pratique, tout comme Notre Seigneur et les apôtres s'entretenaient des enseignements d'une journée de mission en Galilée - tel est l'esprit des Patriciens.

Connaître le Christ Jésus comme le Docteur merveilleux et aimable, le Maître et Seigneur qu'il est, cela signifie que nous devons imprégner nos esprits de ses vérités salvatrices et nous sentir parfaitement à l'aise en parlant religion, tout comme nous le sommes en parlant de nos enfants, de notre foyer, de nos occupations. Éclairés par le Saint-Esprit, nous pénétrons dans la vérité du Christ. À la réunion des Patriciens, nous partageons cette lumière avec d'autres, pour en recevoir d'eux en retour. Là, nous sommes des témoins du Christ et nos coeurs sont ardents tandis qu'il nous parle par la bouche de notre voisin.

Chez les Patriciens et à travers eux, Dieu se fait proche; ses vérités s'impriment en nous plus profondément; et l'Église, au sein de laquelle nous déployons nos efforts, devient pour nous une réalité plus vivante. La lumière se transmet d'un esprit à un autre; une foi ardente anime nos coeurs; le Christ grandit en nous." (Père P. J. BROPHY)

RG Source
    http://www.smlm.org/manuel/CHAP38.html

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