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Couverture
Table des matières
Abréviations des Livres de la Bible
Abréviations des Documents du Magistère
Pape Jean-Paul II à la Légion de Marie
Note préliminaire
Profil de Frank Duff

Photographies
Frank Duff
L'autel légionnaire
Vexilla

Chapitres
1. Nom et Origine
2. But
3. Esprit de la Légion
4. Le Service légionnaire
5. Les Traits fondamentaux de la Dévotion légionnaire
6. Les Devoirs des légionnaires envers Marie
7. Le Légionnaire et la Sainte Trinité
8. Le Légionnaire et l'Eucharistie
9. Le Légionnaire et le Corps mystique du Christ
10. L'Apostolat de la Légion
11. Plan de la Légion
12. Les Buts extérieurs de la Légion
13. Conditions d'admission
14. Le Praesidium
15. La Promesse légionnaire
16. Autres Degrés d'affiliation
17. Les Âmes des légionnaires défunts
18. Déroulement de la réunion du praesidium
19. La Réunion et le membre
20. Le Système invariable de la Légion
21. Foyer Mystique de Nazareth
22. Les Prières de la Légion
23. Les Prières invariables
24. Les Patrons de la Légion
25. Tableau de la Légion
26. La Tessera
27. Le Vexillum Légionis
28. Gouvernement de la Légion
29. Fidélité légionnaire
30. Rassemblements
31. Extension et recrutement
32. Objections à prévoir
33. Devoirs Fondamentaux des légionnaires
34. Devoirs des Officiers de praesidia
35. Ressources
36. Praesidia qui nécessitent une mention spéciale
37. Suggestions concernant les travaux
38. Les Patriciens
39. Directions Fondamentales pour l'apostolat légionnaire
40. Allez proclamez l'Évangile à toute la création
41. La plus grande d'entre elles, c'est la Charité

Appendices
Appendice 1: Lettres et Messages des Papes
Appendice 2: Extraits de la Constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium, du concile Vatican II
Appendice 3: Extraits du Code de droit canonique sur les obligations et les droits des fidèles laïcs du Christ.
Appendice 4: La Légion Romaine
Appendice 5: Confrérie de Marie, Reine des Coeurs
Appendice 6: La Médaille de l'Immaculée Conception appellée la médaille miraculeuse
Appendice 7: La Confrérie du Très Saint Rosaire
Appendice 8: L'enseignement de la doctrine chrétienne
Appendice 9: Association pionnière du Sacré Coeur pour l'abstinence totale
Appendice 10: Étude de la foi
Appendice 11: Synthèse mariale

La prière de St Bernard

Indexes
Index des Références bibliques
Index des Documents du Magistère
Index des Références Papales
Index d'Auteurs et autres Personnes dignes de mention
Index des sujets

Note des références à Notre Seigneur

Poème de Joseph Mary Plunkett


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Chapitre 40

40

" ALLEZ PROCLAMEZ L'ÉVANGILE À TOUTE LA CRÉATION"

(Mc 16:15)

1. Le testament suprême du Christ

Une importance solennelle s'attache aux dernières paroles, même si elles sont prononcées dans un état d'agitation ou de faiblesse. Que penser alors de ce dernier ordre donné par Notre Seigneur aux apôtres: ce qu'on a appelé sa dernière volonté et son testament, exprimé dans une circonstance plus bouleversante que celle du Sinaï -- c'est-à-dire comme achèvement de sa législation terrestre immédiatement avant son Ascension? Pendant qu'il parle, il est déjà revêtu de la majesté même de la Trinité: " Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création." (Mc 16:15)

Ces paroles expriment l'idée dominante du christianisme. La foi doit s'efforcer d'atteindre tous les êtres humains avec une ardeur inextinguible. Parfois, cette note essentielle fait défaut. On ne va pas à la recherche des personnes, ni de celles qui sont au sein de l'Église, ni de celles qui en sont éloignées. Or, si ce commandement de l'Ascension est méconnu, il faudra en payer un prix -- le prix d'une perte de grâce, d'un recul et d'un déclin, voire même de l'extinction de la foi. Regardez autour de vous et constatez combien d'endroits ont déjà payé ce prix redoutable.

Quand le Christ a dit toute créature, il voulait dire TOUS. En vérité, il avait devant les yeux chaque personne prise individuellement -- " pour laquelle il avait porté. la Couronne -- et subi la Croix, les clous, la lance -- les regards ignominieux de la populace -- des chagrins innombrables et des douleurs sans mesure -- des défaillances et les tourments de l'agonie -- et la mort elle-même sur le Calvaire. " Ces immenses souffrances du Christ ne doivent pas avoir été endurées en pure perte. Le précieux Sang doit maintenant toucher tous ceux pour lesquels il a été si généreusement versé. Ce commandement du Christ nous envoie rigoureusement partout vers les gens -- vers les plus petits, les plus grands, ceux qui sont proches, ceux qui sont éloignés, les gens ordinaires, les plus méchants, vers les huttes les plus lointaines, à tous les affligés, aux individus de type diabolique, vers le phare le plus solitaire, au lépreux, à ceux qui sont oubliés, aux victimes de la boisson et du vice, aux classes dangereuses, aux habitants des cavernes et des roulottes, à ceux qui luttent sur les champs de bataille, à ceux qui se cachent, aux lieux que l'on évite, vers les repaires les plus profonds, dans les régions glacées, dans le désert brûlé par le soleil, la jungle la plus épaisse, le morne marécage, l'île oubliée sur la carte, la peuplade non encore découverte, vers une région absolument inconnue, pour voir si quelqu'un y habite, jusqu'aux extrémités de la terre où repose l'arc-en-ciel! Nul ne doit échapper à notre recherche, de peur que le doux Jésus ne fronce les sourcils sur nous.

Il faut que la Légion soit, pour ainsi dire, obsédée par cet ultime commandement. Son principe fondamental doit être de tout mettre en oeuvre pour établir une forme quelconque de contact avec toutes les âmes en tous lieux. Si cela est fait -- et cela peut être fait -- alors le commandement du Seigneur sera en marche vers l'accomplissement.

Notre Seigneur, il faut le remarquer, n'ordonne pas que chaque personne soit convertie, mais seulement que chacune soit abordée. Il se peut que la conversion soit au-delà des possibilités humaines. Cependant il n'est pas impossible d'aborder les personnes. Si l'on établit ce contact universel et non-discriminatoire, que se passera-t-il? Il est certain que ce contact aura des suites. Car notre bienheureux Seigneur n'ordonne pas de démarches dépourvues de sens et d'utilité. Quand cette vaste approche des gens a eu lieu, le commandement divin a du moins été obéi; et c'est l'essentiel. Ce qui suivra pourrait bien être le renouvellement des feux de la Pentecôte.

Beaucoup d'ouvriers consciencieux croient avoir fait tout ce que Dieu attend d'eux quand ils ont peiné jusqu'aux limites de leurs forces. Hélas, un tel effort accompli isolément ne les conduira pas loin; le Seigneur ne se contentera pas de cet effort solitaire; il ne remédiera pas non plus à ce qu'ils n'ont pas essayé d'accomplir. Car le travail concernant la religion comporte les mêmes exigences que tout autre travail qui excède les forces individuelles, c'est-à-dire par la mobilisation et l'organisation des effectifs jusqu'à ce que leur nombre soit suffisant.

Ce principe de mobilisation, cet effort pour que d'autres se joignent à nos propres efforts, est un élément essentiel du devoir commun. Ce devoir n'incombe pas seulement aux membres les plus élevés de l'Église, non seulement aux prêtres, mais à chacun des légionnaires et à chacun des catholiques. Si les vagues apostoliques proviennent de chacun des croyants, elles se transformeront en un déluge universel.

" Vous vous apercevrez que vos puissances d'action sont toujours égales aux désirs que vous avez de la Foi et aux progrès que vous faites dans la Foi. Il n'en est pas des dispositions du ciel comme de celles de la terre; les bienfaits que vous recevez de Dieu ne sont restreints par aucune mesure, par aucune borne. La source de la Grâce divine, coule sans cesse, elle n'est soumise à aucune limitation précise, elle n'a point de canaux pour retenir ses eaux vivifiantes. Stimulons en nous une soif ardente de cette eau, ouvrons nos coeurs pour la recevoir, et tout ce que notre Foi nous aura donné la capacité d'accueillir viendra couler en nous." (Saint Cyprien de Carthage)

2. LA LÉGION DOIT S'ADRESSER À CHAQUE ÂME EN PARTICULIER

" Les nombreux communiants qui s'approchent de la table sainte à la Messe du matin ne doivent pas nous masquer l'existence de contrastes horribles: familles complètes où tout va mal, ou même quartiers entiers corrompus et abominables, où le mal trône, pour ainsi dire entouré de toute sa cour. Deuxièmement, nous devrions nous rappeler que si le péché est, dans de tels lieux accumulé et doublement repoussant, il n'en est pas moins vil pour y être plus répandu. Troisièmement, bien que nous voyions là le fruit mûri -- le fruit du mal de la Mer Morte -- les racines poussent dans le sol de tous les coins du pays. Là où se glisse la négligence, là où le péché véniel lève la tête, se préparent les abominations. En quelque lieu que soit le travailleur, un travail l'attend. Ne s'agirait-il que d'apporter quelques paroles de consolation à un pauvre vieillard dans une infirmerie, ou d'apprendre à faire le signe de la croix aux petits enfants ou à zézayer la réponse à la question: " Qui a créé le monde?" et même si vous ne croyez pas accomplir des merveilles, vous portez un coup violent à toute la machinerie du mal. Quatrièmement, et ceci est un message d'espoir à l'adresse du travailleur apostolique, lequel est trop enclin à perdre coeur en présence d'un mal formidable, même un tel déchaînement de désordre, comme nous l'avons démontré, n'est pas incurable. Un remède existe -- un seul -- et il consiste dans l'application intense et patiente des méthodes apostoliques de l'Église.

Sous toute cette croûte de perversité, dont les seuls contours nous font frissonner, une foi existe qui dans ses meilleurs moments désire avec ardeur la bonté. Si alors quelqu'un est proche pour stimuler, encourager, parler de meilleures choses et donner l'espoir que tout peut se réparer, la pire victime de cette perversité peut être amenée au prêtre et aux sacrements. Une fois ces derniers reçus, une rénovation a eu lieu qui ne pourra jamais être complètement détruite. Fréquemment la grande puissance qui émane du Christ dans ses sacrements se manifeste, et nous restons émerveillés de constater que le miracle d'une conversion -- celle d'un Augustin ou d'une Marie de Magdala, en mineur -- s'est renouvelé.

Pour d'autres, la guérison sera moins spectaculaire. L'attrait des mauvaises habitudes et des anciennes influences sera irrésistible. Ils retomberont et se relèveront. Peut-être n'en fera-t-on jamais ce qu'on appelle de bons citoyens, mais il se trouvera probablement assez de surnaturel dans leur vie pour les amener finalement au port. Le but essentiel sera ainsi accompli.

S'ils ont une foi simple et courageuse, les légionnaires n'enregistreront que peu d'échecs, quelque ténébreux et mauvais que soient les lieux où ils travaillent. La consigne est brève -- propagez la fréquentation des sacrements, les dévotions populaires, et le péché se dissipera devant vous. Faites du bien partout, et vous relevez tout, il suffit de briser la ligne de bataille sur n'importe quel point. Adaptez vos armes aux besoins de l'heure. Six familles habitant un immeuble se tiennent éloignées de la Messe et des sacrements et résistent à toute persuasion. Ne pourriez-vous pas en amener une seule à faire quelque chose qui demande un moindre degré de coopération. Obtenez qu'elle intronise chez elle le Sacré Coeur, et vous avez déjà gagné la bataille. Ils s'élèveront plus haut encore, et les voisins suivront. Finalement, ces gens qui s'étaient mutuellement entraînés au mal par leurs mauvais exemples seront une inspiration les uns pour les autres." (Père Michael Creedon, premier Directeur spirituel du Concilium Legionis Mariae)

" Ce larron a volé le Paradis. Nul avant lui ne reçut jamais semblable promesse: ni Abraham, ni Isaac, ni Jacob, ni Moïse, ni les prophètes, ni les apôtres; le larron les a tous devancés! Mais sa foi a aussi surpassé la leur! Il vit Jésus dans les tourments, et l'adora comme s'il eut été dans la gloire. Il le vit cloué à une croix, et lui présenta sa supplique comme s'il eut siégé sur son trône. Il le vit condamné, et implora une faveur comme à un roi. Admirable larron! tu vis un homme crucifié, dans lequel tu proclamas un Dieu." (Saint Jean Chrysostome)

3. LA RELATION SPÉCIALE AVEC NOS ÉGLISES SOEURS DE LA TRADITION ORTHODOXE

La tâche d'évangéliser tous les hommes qui, dans les mots du pape Paul VI, constitue " la fonction essentielle de l'Église" (EN 14, est étroitement reliée à cet autre grand engagement de l'Église qui est de promouvoir la restauration de l'unité entre les chrétiens. Nous rappelons ici la prière de Notre Seigneur à la dernière Cène, " Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. (Jn 17:21)

À la suite de Vatican II (1962-1965), l'unité des Chrétiens est l'une des grandes priorités de l'Église catholique de ce temps, car ainsi que le même Concile le fait remarquer " une telle division s'oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes, la prédication de l'Évangile à toute créature." (UR 1)

Dans le contexte de ce qui est dit précédemment, la citation suivante de la lettre apostolique " Orientale Lumen" du pape Jean Paul II écrite comme aide pour restaurer l'unité avec tous les chrétiens de l'Est est de la plus grande importance:

" En effet puisque nous croyons que la vénérable et antique tradition des Églises orientales constitue une partie intégrante du patrimoine de l'Église du Christ, la première nécessité pour les catholiques consiste à la connaître pour pouvoir s'en nourrir et favoriser, selon les moyens de chacun, le processus de l'unité.

Nos frères catholiques orientaux sont tout à fait conscients d'être les porteurs vivants, avec nos frères orthodoxes, de cette tradition. Il est nécessaire que les fils de l'Église catholique de tradition latine puissent eux aussi connaître ce trésor dans sa plénitude et ressentir ainsi avec le Pape le vif désir que soit rendue à l'Église et au monde la pleine manifestation de la catholicité de l'Église, exprimée non par une seule tradition, ni encore moins par une communauté opposée à l'autre, et que nous puissions, nous aussi, apprécier pleinement ce patrimoine indivis de l'Église universelle révélé par Dieu, qui se conserve et croît dans la vie des Églises d'Orient comme dans celles d'Occident. (No 1)."

Plus loin, le Saint Père parlant des Églises orthodoxes, dit:

" Un lien particulièrement étroit nous unit déjà. Nous avons presque tout en commun; et nous avons surtout en commun l'aspiration sincère à l'unité. (No. 3)."

Ces Églises orthodoxes sont vraiment nos Églises soeurs, nous devons promouvoir par tous les moyens possibles la réconciliation et l'unité entre nous, conformément à la volonté du Christ et en ayant pour guide le document " Unitatis Redintegratio" du Concile Vatican II.

Dans les sections suivantes de ce chapitre, ce qui est dit au sujet de la conversion de ceux qui ne sont pas catholiques ne s'applique pas à nos frères et soeurs des Églises orthodoxes.

4. LA RECHERCHE DES CONVERSIONS À L'ÉGLISE

" L'Église" , déclarait solennellement le Pape Pie XI, " n'a aucune autre raison d'exister que celle d'étendre à la terre entière le Royaume du Christ et de rendre ainsi les peuples participants de sa Rédemption salvatrice." Par conséquent, il est triste de constater que des catholiques vivent au milieu de multitudes qui n'appartiennent pas à l'Église, et qu'ils fassent si peu ou point d'efforts pour les lui gagner! Parfois cela provient du fait qu'on est si débordé par le souci de ceux qui sont dans la bergerie que l'on perd de vue ceux du dehors, dont la conversion fait aussi partie du problème. Comment s'étonner alors qu'en fin de compte on ne parvienne ni à préserver ceux du dedans ni à amener à la bergerie ceux du dehors?

Ne nous y trompons pas. La foi doit être portée à la connaissance de toutes les personnes qui sont hors de l'Église. La timidité, le respect humain et les difficultés de tout genre doivent être surmontés dans le désir ardent de partager ce don de la foi avec ceux qui ne l'ont pas. L'Évangile doit être prêché à toute créature. Les efforts dans ce but doivent ressembler à ceux des gens les plus passionnés, pensait saint François Xavier. D'autres cependant conseilleront la prudence. Sans doute, beaucoup dépend de cette vertu dans sa propre sphère, qui est de protéger l'action nécessaire, et non de la paralyser. Son vrai rôle dans une organisation consiste à servir de frein, tandis que l'erreur se produit presque invariablement lorsqu'on lui attribue le rôle de moteur. Alors on s'étonne de l'inaction qui en résulte. Nous avons besoin de ces gens passionnés, qui ne pensent pas en termes de précautions égoïstes, qui vivent au-dessus d'une vile peur, qui ne se fourvoient pas en ce que le Pape Léon XIII stigmatisait comme des excès criminels; la témérité, et cette prétendue prudence. Car les âmes sont emportées par les flots rapides du fleuve du temps. Les efforts retardés pourront profiter à d'autres âmes -- mais non à ces âmes-là -- l'abîme de l'éternité les ayant engouffrées!

" À force de répéter que les gens ne sont pas prêts à recevoir l'Évangile, on finirait bien par ne pas être prêts à le leur apporter." (Cardinal L. J. Suenens)

Hors de l'Église, les personnes sont ballottées sur une mer de doute, de laquelle leurs coeurs désirent ardemment le repos, mais ils ont besoin d'être persuadés que dans l'Église ils auront véritablement la foi et la paix. Le premier pas à faire pour les convaincre doit nécessairement être de les approcher. Comment pourraient-elles comprendre la vérité si personne ne les guide? (Ac 8:30-31) Comment leurs malentendus inimaginables se dissiperont- ils si les catholiques gardent toujours un majestueux silence sur le sujet? Comment les adversaires de l'Église peuvent-ils deviner sous la froideur extérieure des catholiques la chaleur intérieure de leur foi? Ne sont-ils pas excusables de penser que la croyance catholique, qui ne montre que rarement de l'enthousiasme, ne diffère que peu ou point de leur propre incroyance avouée?

On a tendance à penser qu'on a fait suffisamment quand on a diffusé les idées catholiques par les moyens de communication de masse, ou dans les réunions publiques. En fait, cependant, l'approche devient d'autant moins efficace que le contact est moins personnel. Si les conversions dépendaient du nombre de personnes que l'on peut atteindre globalement par les moyens ci-dessus mentionnés, notre époque de haute technologie devrait être aussi une époque de conversions innombrables. C'est plutôt le contraire qui survient, puisqu'il est difficile de garder intact le bercail catholique lui-même.

Non! pour être réellement efficace, l'approche doit être personnelle et intime. Les moyens de communication de masse peuvent jouer un rôle de réveil ou de soutien dans une campagne pour amener ces " autres brebis" au Bon Pasteur, mais le coeur de ce projet doit être l'appel d'une personne à une autre personne. Selon les lois qui gouvernent le monde spirituel, au dire de Frédéric Ozanam, l'attraction d'une âme est nécessaire pour en élever une autre. En d'autres mots, la loi de charité doit agir; et le don sans la présence du donateur est pauvre. Trop souvent cependant le catholique adopte personnellement une attitude d'impuissance. Il peut s'imaginer qu'un grand nombre hors de l'Église sont trop fermement enracinés dans leurs préjugés et leur ignorance pour en être libérés. On doit reconnaître que les préjugés sont nombreux, traditionnels, presque innés, et durcis par l'éducation. Quelles ressources le catholique pourrait-il avoir pour s'occuper d'une telle situation? Il ne doit pas craindre. Il possède dans la doctrine de l'Église, même si elle est expliquée simplement, un glaive brillant dont l'efficacité est mieux décrite dans les nobles paroles du Cardinal Newman: " Je porte en moi le sentiment intense de la puissance et de la victoire de la vérité. Elle a sur elle une bénédiction de Dieu. Satan lui-même ne peut que retarder sa suprématie; il ne peut l'empêcher."

Qu'il se rappelle également un autre principe qu'il ne doit pas faire mentir: " La vérité combat l'erreur sans jamais s'irriter. L'erreur n'est jamais calme quand elle lutte contre la vérité." (De Maistre). Comme on l'a répété avec insistance dans ces pages, il faut approcher ceux que l'on désire gagner de la même manière que le divin Pasteur employait en allant à leur recherche. Nulle polémique, nulle condescendance. Chaque parole doit respirer l'humilité, l'affection, la sincérité. Les actions aussi bien que les paroles doivent manifester une chose essentielle, qu'elles sont appuyées sur une foi authentique. Alors ils ne seront que très rarement mal accueillis et ne manqueront jamais de laisser une impression profonde qui portera des fruits de conversion dans une haute proportion des cas.

" Il faut toujours nous rappeler" , disait Dr Williams, ancien archevêque de Birmingham, " que la religion se communique plus qu'elle ne s'explique. C'est une flamme qui s'allume d'une personne à une autre. Elle se répand par l'amour, et de nulle autre manière. Nous l'acceptons de ceux-là seuls qui nous paraissent avoir de l'amitié pour nous. Ceux qui nous semblent indifférents ou hostiles ne peuvent nous faire désirer la religion."

Puisque le contact personnel est nécessaire, chaque légionnaire ne pourra s'occuper personnellement que d'un nombre limité de cas. Par conséquent un grand nombre de conversions exigera un grand nombre de légionnaires. Ces derniers doivent donc se multiplier.

Quelle que soit la méthode employée, les points suivants méritent l'attention:-

(a) On doit entreprendre l'étude, non dans le but de la simple controverse, mais pour se rendre apte à instruire celui qui cherche sincèrement la vérité.

(b) On doit veiller à ce que les convertis aient le soutien d'amitiés catholiques, ou même on peut les inviter à devenir membres de la Légion s'ils ont les aptitudes requises. Personne ne sera mieux qualifié pour répondre aux difficultés de leurs anciens frères.

(c) En se servant de listes fournies par ceux qui sont chargés d'instruire des non-catholiques, on recherchera les personnes qui ont commencé un cours de religion dans lequel ils n'ont pas persévéré. L'expérience a démontré que la plupart abandonnent, non parce qu'elles ont perdu le désir de devenir catholiques, mais parce que des circonstances accidentelles ont occasionné l'interruption des cours; la timidité ou la tendance à remettre à plus tard les empêche alors de reprendre les cours.

(d) Les occasions d'établir un contact efficace avec des gens qui ne sont pas catholiques sont abondantes, si seulement les légionnaires agissaient envers eux d'une manière chrétienne naturelle. À des catholiques qui sont dans la perplexité, le chagrin, ou dans quelque difficulté, le légionnaire conseillerait la prière ou la lecture de quelque chose qui pourrait les aider. Il leur parlerait de l'amour de Dieu et de la maternité de Marie pour ainsi les réconforter et élever leurs pensées. Des interventions semblables pourraient être efficaces auprès de personnes non-catholiques durant les périodes d'épreuve, qui reviennent si fréquemment au cours de la vie, mais elles ne sont pas employées. Le thème de la religion est tabou. Seuls des sentiments mondains sont exprimés, qui ne consolent pas, ne témoignent pas de la foi, et n'aboutissent à rien. Que les légionnaires se servent de ces excellentes occasions de contact. En ces moments-là, quand les barrières habituelles sont ébranlées, les paroles spirituelles seraient reçues avec reconnaissance et pourraient porter fruit.

(e) En de très nombreux endroits, on a organisé des retraites d'une journée pour les personnes qui ne sont pas catholiques. La forme courante comprend: la Messe, trois conférences, une période de questions, un repas, un goûter, la bénédiction du Saint Sacrement, et parfois un film que l'on commente. S'il est possible de faire cette retraite dans une maison religieuse, cela créera l'atmosphère idéale, pour dissiper les malentendus et les préjugés.

On procède habituellement ainsi: après avoir fixé la date de la retraite, on fait imprimer des cartes d'invitation portant au verso le programme de la journée. Les légionnaires de l'endroit et tous ceux qui peuvent les aider remettent ces invitations à des personnes non-catholiques en leur expliquant le sens de la retraite. Pour la bonne utilisation de ces cartes, on doit faire preuve d'une certaine psychologie. Il ne faut jamais les distribuer indifféremment, à la manière d'une publicité commerciale. On devrait faire la liste des personnes à qui on les a remises et contrôler ensuite leur utilisation. On ne doit donner la carte qu'aux personnes offrant un certain espoir qu'elles iront à la retraite.

Le légionnaire qui se charge d'une carte d'invitation s'engage par le fait même à rechercher quelqu'un qui accepte de faire la retraite. Tant qu'il n'a pas atteint ce but, la carte demeure en sa possession, de manière accusatrice, un rappel tangible d'une mission non accomplie.

Ordinairement, l'ami catholique accompagne la personne non-catholique qu'il a décidée à participer à la retraite. Ceci a pour but de mettre les non-catholiques plus à l'aise, dans cette ambiance nouvelle pour eux, pour traiter des questions et encourager le contact avec le prêtre durant la journée. Le silence n'est pas imposé. Les retraites sont ouvertes également aux hommes et aux femmes. Ils devraient s'en tenir à leur but personnel. On ne devrait pas faire venir avec eux des convertis ou des catholiques négligents.

Plus nombreuses seront les personnes contactées, plus nombreux seront les retraitants; et plus nombreux les retraitants, plus nombreux seront ceux que l'Église recevra dans son sein. L'expérience prouve qu'une chaîne de proportion suit cette constante. Par conséquent, en doublant le nombre de contacts initiaux (ce qui est tout à fait à votre portée) on doublera le nombre de conversions.

" Qu'ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous." (Jn 17:21)

" Enlevez la part de notre Bienheureuse Dame au témoignage de l'Évangile, effacez son témoignage du christianisme, et vous n'avez pas seulement brisé un anneau, vous avez ôté l'attache même de toute la chaîne; il en résulte plus qu'une crevasse ou une brèche dans la structure, ses fondements mêmes ont disparu. La croyance de tous les âges et du monde aux merveilles accomplies dans l'Incarnation repose sur un témoignage, un seul, une seule voix -- celle de la bienheureuse Vierge Marie." (Cardinal Wiseman: Les Actions du Nouveau Testament)

5. LA SAINTE EUCHARISTIE COMME INSTRUMENT DE CONVERSION

On emploie souvent trop de temps sur les arguments qui -- même s'ils établissent la vérité -- n'attirent pas à l'Église. Le but de toutes les discussions devrait être de faire entrevoir à ceux qui sont à l'extérieur de l'Église les trésors qui sont à l'intérieur. Il n'existe pas de moyen plus efficace de le faire, que de présenter la doctrine de l'Eucharistie.

Même ceux qui n'ont de Jésus qu'une connaissance confuse et imparfaite sont remplis d'admiration pour lui. Sur la force de l'évidence humaine, ils reconnaissent qu'il a exercé sur la nature une puissance sans pareille, de telle sorte que les éléments lui obéissaient; les morts revenaient à la vie; et les infirmités disparaissaient sur son ordre. Il faisait toutes ces choses directement par sa puissance personnelle, parce que, tout en étant homme, il était également le Dieu éternel lui-même, qui a fait toutes choses et dont la parole est toute puissance.

Les Saintes Écritures racontent comment un jour cet Homme Dieu -- parmi tant d'autres innombrables merveilles -- accomplit le doux miracle de l'Eucharistie. " Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant 'Prenez, mangez, ceci est mon corps'." (Mt 26:26) C'est là une parole puissante, mais pour combien de personnes n'a-t-elle pas été scellée? Elle est dure, cette parole! Qui peut l'écouter?" (Jn 6:60) L'objection, que même certains disciples de Jésus ont formulée, a souvent retenti au cours des siècles pour le malheur infini des âmes: " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger?" (Jn 6:52) Ces disciples-là pourraient presque être pardonnés pour leur incrédulité, car ils n'avaient pas encore saisi la nature véritable de celui qui se tenait au milieu d'eux. Mais qu'est-ce qui peut enténébrer les esprits de ces personnes qui reconnaissent la divinité et par conséquent la toute-puissance du Christ? Sûrement ces gens-là devraient voir combien trompeur -- par conséquent combien impensable -- ce serait pour cette même divine Personne -- quand en s'adressant solennellement à des gens simples -- de dire " Mon Corps" , tout en voulant dire " pas mon Corps" . Laissons-leur absorber la logique impitoyable de Pascal: " Comme je déteste cette folie de ne pas croire en l'Eucharistie. Si l'évangile est vrai; si Jésus Christ est Dieu; où est la difficulté en cela?"

Le défi d'une réalité aussi accablante que l'Eucharistie ne peut être entendu sans qu'on y prête attention. Le fait d'affirmer avec persistance aux non-catholiques ce glorieux couronnement de l'Église doit forcer les esprits à contempler sa possibilité; de telle sorte que beaucoup vont raisonner en eux-mêmes: " Si cela est vrai, quel terrible dommage ai-je subi jusqu'à ce jour!" Dans la douleur causée par cette pensée naîtra la première forte impulsion vers leur vraie demeure.

Bien des personnes sérieuses à l'extérieur de l'Église lisent les Écritures et dans la méditation et la prière sincère s'efforcent de tirer Jésus du passé obscur de l'histoire, se réjouissant quand leur imagination leur présente une image vivante de leur Seigneur accomplissant ses oeuvres d'amour. Ah! si seulement les âmes pouvaient comprendre que l'Église possède la merveille de l'Eucharistie, qui pourrait amener Jésus tel qu'il est, totalement et entièrement, dans toute sa réalité physique, avec toute sa divinité, dans la sphère de leur vie présente! Si elles pouvaient prendre conscience que par ce moyen elles pourraient le toucher, lui parler, le contempler, s'occuper de lui de plus près, plus intimement encore que ses chers amis de Béthanie! Bien plus! par la sainte Communion en union avec Marie, elles pourraient rendre à ce divin Corps les soins maternels d'une Mère, et ainsi, en un certain sens, le remercier convenablement de tout ce qu'il a fait pour elles. Certainement l'incomparable don de l'Eucharistie n'a qu'à être expliqué aux multitudes qui sont à l'extérieur de l'Église pour leur faire désirer ardemment la lumière. Alors Jésus leur donnera l'intelligence des choses qui le concernent. Comme les disciples sur la route d'Emmaüs, leur coeur brûlera au-dedans d'eux-mêmes, lorsqu'il leur parlera en chemin et leur expliquera le sens de cette dure parole: " Prenez, mangez; ceci est mon corps." (Mt 26:26) Leurs yeux s'ouvriront, et ils le reconnaîtront à la fraction du Pain divin. (Lc 24:13-35)

Dans cette reconnaissance de l'Eucharistie, les malentendus et les préjugés qui refroidissaient leur intelligence et obscurcissaient leur vision du ciel, fondent comme les flocons de neige sous un soleil brûlant, de telle sorte que celui qui avait marché sans voir s'écriera le coeur débordant de joie: " Je ne sais qu'une chose, j'étais aveugle et à présent j'y vois." (Jn 9:25)

" Notre Dame du Très Saint Sacrement, c'est Marie, recevant en sa qualité de dispensatrice universelle de la grâce la pleine et absolue disposition de l'Eucharistie et des grâces qu'elle renferme. Car ce sacrement est le moyen de salut le plus efficace, le fruit par excellence de la rédemption de Jésus Christ. Par conséquent, c'est à elle de faire connaître, aimer Jésus au Saint Sacrement; à elle de répandre l'Eucharistie par le monde, de multiplier les églises, de les étendre chez les infidèles, de défendre la foi en l'Eucharistie contre les hérétiques et les impies. C'est à elle de préparer les âmes à la communion, de les inciter à visiter fréquemment le Saint Sacrement et de veiller constamment devant lui. Marie est la trésorière de toutes les grâces que renferme l'Eucharistie, qui y préparent ou qui en découlent." (Tesnière: Mois de Notre Dame du Très Saint Sacrement)

6. LES POPULATIONS IRRÉLIGIEUSES

Le problème terrifiant de l'irréligion a atteint un haut niveau.

En beaucoup de centres de population dans le monde, des districts entiers, catholiques de noms, mènent une vie dans laquelle la Messe ou les sacrements ou même la prière n'ont aucune part. Dans un de ces cas, une enquête n'a découvert que 75 catholiques pratiquants sur une population totale de 20,000 habitants. Une autre enquête fait état de 400 personnes assistant à la Messe sur une population de 30,000 et dans un autre endroit 40,000 personnes sur 900,000 assistaient à la Messe. Trop fréquemment, dans de tels endroits, l'irréligion fait son oeuvre de corruption et se répand sans qu'on lui oppose de résistance. Aucun effort digne de ce nom ne met obstacle à son développement. On prétend malheureusement que l'approche directe serait vaine, ou qu'elle provoquerait du ressentiment, et peut-être même s'avérerait dangereuse. De tels arguments, il est étrange de le dire, sont acceptés par des gens qui trouvent tout naturel que des missionnaires aillent jusqu'au bout de la terre pour affronter le danger et même la mort.

Le plus triste, c'est que dans de tels lieux, il est pratiquement interdit aux membres du clergé de tenter l'approche directe. Une des complications les plus désastreuses de la frénésie irréligieuse est que ses victimes se tournent contre leurs pères en Dieu et s'éloignent d'eux. C'est là que la Légion montre sa valeur unique. Elle représente le prêtre et peut mener ses plans à bonne fin; cependant elle fait partie du peuple, de sorte qu'on ne peut pas l'écarter. Elle vit la vie des gens, ainsi les incroyants ne peuvent entraver son oeuvre. Ils ne peuvent non plus empêcher son approche par un écran de mensonges qui peut si facilement s'élever contre un ordre à part comme le clergé.

Que peut donner l'homme en échange de sa propre vie? (Mc 8:37) -- Quel effort un homme fera-t-il pour sauver son prochain? Assurément, ce doit être un effort suprême -- jusqu'au péril de sa vie, s'il y a nécessité. Ces immenses milieux d'irréligion doivent être évangélisés avec non moins de résolution que les lointaines missions étrangères. On ne suggère pas d'ignorer entièrement ceux qui crient " sans espoir" , ou ceux qui allèguent " danger" . Il est possible que certaines de leurs paroles conduisent au succès et à la sûreté de la campagne légionnaire. Cependant, elles ne doivent en aucun cas avoir pour effet de paralyser cette attaque. Il faut alors faire preuve d'une grande foi pour supprimer les montagnes du mal: une foi semblable à celle dont témoignait Ignace de Loyola quand il disait que sa confiance en Dieu était si grande qu'il était prêt à s'aventurer sur l'océan dans un esquif sans rames ni voiles.

Ce n'est donc pas le martyre qui attend les légionnaires, mais bien plutôt un remarquable degré de succès. Un nombre respectable d'âmes attendent présentement leur premier appel direct.

Une méthode d'approche. -- Dans les conditions que nous avons supposées, partout où l'on méconnaît les obligations les plus élémentaires de la religion, les premiers efforts des légionnaires devraient porter sur l'accent à donner à cette grande exigence centrale -- l'assistance à la messe. On pourrait se procurer un feuillet expliquant dans un langage simple mais efficace la beauté et la puissance de la Messe. Si le feuillet porte une image en couleur illustrant son sujet, l'effet en sera accru. Avec en main une quantité de ces feuillets, les légionnaires entreprendront une visite de porte en porte. On donnera un exemplaire du feuillet à toute personne qui en désire, accompagné si possible, d'une douce exhortation à la dévotion à la Messe. Il n'est pas besoin de rappeler aux légionnaires que leur attitude en toutes circonstances doit être revêtue d'une douceur et d'une patience infinies; évitant toute attitude de simple interrogation ou de blâme.

Au début, les rebuffades peuvent être nombreuses, mais elles seront compensées par beaucoup de succès immédiats. On suivra les méthodes ordinaires concernant les visites à domicile, l'idée sous-jacente étant l'effort en vue d'établir des relations de véritable amitié avec les personnes visitées. Quand cela est gagné, presque tout est gagné.

On doit regarder chacun des cas de retour à la pratique religieuse comme les soldats considéreraient la capture d'un point stratégique durant la guerre, car chacun en attirera d'autres. À mesure que les captures croissent en nombre, l'opinion publique va subir une modification. Tous dans la région observent les légionnaires. Tous parlent, critiquent, réfléchissent; et les coeurs qui étaient froids commencent à brûler. Les années se suivent, chacune d'elles comportant une liste importante de captures. Pendant nombre d'années l'attitude générale de la foule envers la religion semblera inchangée. Alors, comme au simple toucher, un tissu qui paraissait solide, tombe soudain en poussière parce qu'il était mangé par les fourmis, un événement quelconque révélera que les coeurs de ces gens sont revenus à Dieu.

Le résultat de l'effort. -- Dans une certaine ville d'une population de 50,000 habitants, on pouvait dire que presque personne ne pratiquait sa religion. Cette condition de négligence se compliquait de désordres de toutes sortes. Un prêtre ne pouvait passer par beaucoup de districts sans subir l'insulte. On commença un praesidium en esprit de foi et l'on entreprit la tâche apparemment sans espoir des visites à domicile. Tous eurent la surprise d'un flot immédiat de résultats, augmentant en nombre et en importance à mesure que les légionnaires croissaient en nombre et en expérience. Après trois années de succès inespéré, les autorités de l'Église s'enhardirent à convoquer les hommes à une communion générale, espérant une assistance de 200 personnes. Les participants furent au nombre de 1,100 révélant ainsi que la population entière avait été remuée jusque dans ses profondeurs par ces trois années d'apostolat. Manifestement, la fin est déjà en vue, de telle sorte que la prochaine génération de cette ville naîtra dans une atmosphère renouvelée. La sainteté régnera dans un lieu où auparavant l'on dédaignait complètement la Messe et l'on tournait ses ministres en dérision. D'autres localités, dans des situations semblables, pourraient y chercher remède de la même manière.

" En réponse, Jésus leur dit: 'Ayez foi en Dieu. En vérité je vous le dis, si quelqu'un dit à cette montagne: soulève-toi et jette-toi dans la mer, et s'il n'hésite pas dans son coeur, mais croit que ce qu'il dit va arriver, cela lui sera accordé. C'est pourquoi je vous dis: tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez déjà reçu, et cela vous sera accordé.'" (Mc 11:22-24)

7. LA LÉGION COMME COMPLÉMENT DU MISSIONAIRE

La situation de la Mission

L'activité missionnaire dont on parle ici est celle qui s'adresse aux peuples et aux groupes qui ne connaissent pas le Christ ou ne croient pas en lui -- parmi lesquels l'Église n'a pas encore pris racine et dont la culture n'a pas été influencée par le christianisme.

En ceux qui sont sujets à l'évangélisation, il existe de grandes différences aux niveaux de la culture, de l'éducation et des conditions sociales. Même à l'intérieur des frontières d'un pays on peut trouver en même temps des villes densément peuplées et des communautés rurales éparpillées. Les contrastes peuvent être frappants entre les riches et les pauvres, les gens hautement cultivés et les analphabètes, de même qu'il peut exister diversité d'ethnies et de groupes de langues.

Dans l'ensemble, le nombre de gens qui ne connaissent pas le Christ augmente beaucoup plus rapidement que le nombre des vrais croyants.

C'est sans ce vaste champ que pénètre le missionnaire; prêtre, religieux ou laïque. Venant de l'extérieur, ils sont entravés dans leur action par les différences de race, de langue et de culture. L'expérience et l'entraînement faciliteront graduellement les choses, sans toutefois enlever complètement ces handicaps.

Dans un territoire nouvellement ouvert, leur tâche est d'établir des communautés chrétiennes locales qui deviendront par la suite des Églises autonomes, destinées à évangéliser à leur tour.

Au début, elles s'efforceront rapidement de s'attirer un grand nombre de contacts et d'amis. Là où il y aura possibilité, elles établiront les services nécessaires, tels que des écoles, des cliniques médicales, afin de rendre un témoignage chrétien et de faciliter les contacts. Parmi les convertis, elles choisiront des catéchistes ainsi que d'autre personnel d'Église.

Le missionnaire ou le catéchiste local ne peut instruire que ceux qui le désirent. Créer ce désir est, à proprement parler, déclencher le mécanisme de la conversion. Sous l'action de Dieu, la conversion vient normalement du contact avec une personne catholique laïque, et seulement plus tard avec un prêtre. C'est une croissance graduelle dans l'amitié et la confiance. " Je suis venu parce que je connais un catholique" , c'est ce que disent d'habitude au prêtre ceux qui cherchent la vérité.

Au prêtre surchargé, la Légion s'offre comme un instrument éprouvé et sûr pour gagner des conversions et assurer leur persévérance. Composée de membres de la localité, d'abord avec des chefs de file en qualité de Directeur Spirituel, elle instruira, formera et encouragera les nouveaux convertis à évangéliser sans cesse et de façon systématique. À l'inverse du missionnaire, ses membres ne pénètrent pas la société de l'extérieur. Ils sont déjà là, capables, avec la formation voulue, d'agir comme la lumière, le sel et le levain dans la communauté, à la manière des premiers chrétiens.

Expansion de la Légion

À mesure que les légionnaires croissent en nombre et en qualité, il sera nécessaire, pour assurer une formation convenable, d'augmenter le nombre des praesidia. Peut-être les Directeurs sont-ils capables d'assumer la direction de plus d'un praesidium chacun. Peut-être est-il possible aussi de s'adresser à des catéchistes ou à d'autres personnes d'expérience pour agir comme Présidents dans le but de former et d'animer les praesidia. Chaque nouveau praesidium représente de dix à vingt soldats de la foi en action.

Le succès obtenu par la multiplication des praesidia signifierait alors, au cours du temps, que chaque prêtre pourrait organiser les efforts d'un grand nombre d'ouvriers apostoliques. Le résultat serait qu'il pourrait véritablement jouer en tout, excepté pour les fonctions suprêmes, un rôle analogue à celui de l'évêque d'un diocèse. Quant à l'évêque, il se trouverait en possession d'une hiérarchie innombrable et irrésistible d'ouvriers pour la foi, par lesquels il serait en mesure de prêcher l'évangile à chacune des personnes de son territoire.

Ce que l'on propose ici n'est pas un plan non éprouvé mais le fruit de nombreuses années d'une expérience d'évangélisation couronnée de succès dans les champs missionnaires sous une diversité de conditions.

Une tâche précise pour chaque légionnaire

Dans le plan proposé, on assigne à chaque légionnaire un champ d'action bien déterminé. On devra se rendre compte de la situation de chaque domaine de travail, que l'on réduira en termes de tâches personnelles à distribuer aux légionnaires, chacun d'eux étant tenu strictement responsable de l'accomplissement de sa propre tâche. Les légionnaires doivent prendre conscience que dans l'exercice de leurs fonctions, ils se mettent librement à la disposition du prêtre. Avec lui, ils sont en communion avec la mission de l'Église. Un des buts principaux du système de la Légion est de bien faire comprendre cette responsabilité à chaque légionnaire et de l'aider à s'en acquitter avec honneur.

Parmi les tâches jugées convenables pour les légionnaires en situation de mission, signalons: (a) la préparation des visites périodiques du missionnaire dans les postes éloignés; (b) l'instruction des catéchumènes, la recherche de nouveaux catéchumènes, l'encouragement à leur donner pour qu'ils soient fidèles aux réunions; (c) l'encouragement donné aux catholiques négligents ou déchus, pour qu'ils reviennent à la pleine pratique de la foi; (d) la conduite de services para-liturgiques; (e) le service en qualité de Ministres extraordinaires; (f) l'attention aux soins spirituels à procurer aux mourants, et après leur mort à leur sépulture chrétienne. Les besoins locaux suggéreront d'autres exemples d'oeuvres de miséricorde spirituelle et corporelle.

Les légionnaires doivent-ils être très versés dans les connaissances religieuses?

Le degré de connaissance dépend du genre de travail requis. Pour gagner des conversions et encourager leur persévérance, une connaissance fondamentale de la foi est certainement suffisante. Ceci est amplement illustré par l'expansion rapide de l'Église à ses débuts. Dans beaucoup de cas, les conversions ont été obtenues par des membres petits, faibles et opprimés de cette société riche et éclairée dans laquelle ils vivaient. Ici nous ne parlons pas d'une instruction formelle, qui est toujours nécessaire, mais de l'effort d'un coeur pour verser dans un autre coeur le don suprême qu'il possède en lui-même. Ceci s'accomplit plus efficacement entre égaux, mais l'expérience prouve que les barrières sociales peuvent être facilement franchies. Tout catholique convaincu, quelle que soit l'imperfection de ses connaissances, possède un certain portrait mental de sa foi et il a la capacité de la communiquer à l'esprit d'une autre personne qu'il cherche à convaincre. Cependant il n'exercera cette capacité que s'il y est poussé par la force d'une organisation ou par une autre forte impulsion. Le système de la Légion fournit cette force motrice par la motivation et les travaux apostoliques. Par suite de sa formation, un membre, de sa propre initiative, est susceptible d'être aux aguets pour saisir les occasions de communiquer sa foi.

La Légion veut dire Marie à l'oeuvre

L'introduction de la Légion signifie l'application à l'oeuvre de la Mission de deux grandes forces: (a) le principe de l'organisation méthodique, qui produit toujours un surcroît d'intérêt et d'efficacité; et (b) ce très puissant élément, l'influence maternelle de Marie, qui est attirée en plénitude par l'idéal marial de la Légion, et est prodiguée aux âmes par l'intermédiaire de son apostolat intensif. En réalité, la lumière de la foi ne peut se répandre que de concert avec elle. Les efforts sur lesquels Marie ne préside pas sont comme l'huile sans la lampe. C'est peut-être une appréciation insuffisante de ce fait qui explique la rareté des magnifiques conquêtes de la foi de nos jours. Aux premiers âges de chrétienté, des nations entières se convertissaient rapidement. Saint Cyrille d'Alexandrie n'hésita pas à déclarer au concile d'Ephèse en 431 que c'était par Marie qu'elles avaient toutes été gagnées au Christ. De plus, le grand patron des missions, saint François Xavier, parlant de sa propre expérience, note le fait que là où il omettait de placer au pied de la croix du Sauveur une représentation de la Mère de Dieu, ces nations se révoltaient contre l'évangile qu'il leur avait apporté.

Si, par l'apostolat légionnaire, cette action si efficace de Marie est rendue capable de s'exercer dans les pays de mission, pourquoi ces jours dont parlait saint Cyrille ne reviendraient-ils pas encore une fois sur terre, pour que des territoires entiers et des nations rejettent leurs erreurs et embrassent la foi chrétienne avec joie?

" Quelle folle présomption, ou quelle sublime et céleste inspiration a donc pris possession de ces pêcheurs? Considérez un instant leur entreprise. Jamais prince, jamais empire, jamais république n'a conçu un dessein si haut. Sans aucune apparence de secours humain, ces Galiléens partagent le monde entre eux pour le conquérir. Ils se sont mis dans l'esprit de changer par tout l'univers les religions établies, qu'elles soient fausses ou en partie vraies - chez les Juifs ou parmi les Gentils. Ils désiraient établir un nouveau culte, un nouveau sacrifice, une loi nouvelle, parce que, disaient-ils, un certain Homme que les hommes ont crucifié à Jérusalem, l'avait ordonné ainsi." (Bossuet)

8. PEREGRINATIO PRO CHRISTO

L'ambition d'entrer en contact avec chacune des âmes doit commencer avec celles qui sont les plus proches. Elle ne doit pas s'arrêter là cependant, mais devrait procéder par pas symboliques bien au-delà du milieu normal de vie. Ce but est facilité par le mouvement légionnaire connu sous le nom de Peregrinatio Pro Christo. On emprunta ce nom à l'épopée missionnaire des Moines de l'Occident, immortalisés par Montalembert. " Cette multitude invincible quittèrent leur pays, leur parenté et la maison de leur père," (Gn 12:1) et traversèrent l'Europe au sixième et au septième siècles, pour rétablir la foi qui avait sombré avec la chute de l'Empire de Rome.

Poussée par le même idéal, la Peregrinatio Pro Christo envoie des équipes de légionnaires, qui ont le temps et les moyens de passer des périodes limitées en des lieux lointains, où les conditions religieuses sont mauvaises, avec " la mission délicate, difficile et impopulaire d'annoncer que le Christ est le Sauveur du monde. Pareille mission doit être entreprise par le peuple." (Paul VI) Des régions trop rapprochées ne conviennent pas pour la Peregrinatio Pro Christo. Il faut autant que possible choisir un pays étranger.

Cette affirmation, ne serait-ce pour si peu qu'une ou deux semaines, du principe de voyager et d'affronter des risques pour la foi, peut transformer la pensée légionnaire et impressionner profondément la multitude.

9. INCOLAE MARIAE

En effet, dans bien des cas, des coeurs généreux ne se contenteront pas de donner une semaine ou deux, et désireront s'offrir et quitter leur foyer pour un terme de service d'une durée plus substantielle. De tels légionnaires, capables d'assurer leur propre subsistance dans le lieu qu'ils ont en vue, et capable aussi de s'éloigner pour six mois, un an ou même plus, sans détriment à leur famille ou à d'autres engagements, le Concilium ou un Senatus ou une Regia peuvent les assigner à une tâche missionnaire pour une période appropriée. L'assentiment des autorités du lieu en vue est, évidemment, nécessaire. Ces volontaires sont connus sous le nom de Incolae Mariae, mots qui expriment bien leur séjour temporaire dans un lieu lointain, dans un esprit d'immolation par Marie.

10. EXPLORATIO DOMINICALIS

Exploratio Dominicalis est une expression qui désigne ce qu'on pourrait appeler une mini-Peregrinatio, et qui pourrait se traduire par la recherche dominicale des âmes.

On conseille fortement à tous les praesidia du monde, si possible en tant que corps organisés, de consacrer au moins un dimanche de l'année à une expédition en quelque lieu - possiblement un quartier qui fait problème - à une petite distance, mais cependant pas trop éloigné afin de perdre moins de temps à voyager. L'Exploratio n'est pas nécessairement limitée à une journée; on pourrait même y consacrer deux ou trois jours. L'Exploratio permet à la majorité (dans bien des cas la totalité) des membres d'un praesidium d'entreprendre une telle aventure. On doit reconnaître que même avec la meilleure volonté, la Peregrinatio Pro Christo elle-même n'est pas possible pour la majorité des légionnaires.

L'expérience démontre qu'il est nécessaire d'insister, ce que le Concilium a maintes fois souligné, sur le fait que l'Exploratio Dominicalis est essentiellement un projet de praesidium. On demande donc aux Conseils et aux praesidia de se rappeler ce détail lorsqu'il est question d'organiser une Exploratio Dominicalis.

RG Source
    http://www.smlm.org/manuel/CHAP40.html

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