Chapitre 41

41

" LA PLUS GRANDE D'ENTRE ELLES, C'EST LA CHARITÉ"

(1 Co 13:13)

Marie était tellement remplie de charité qu'elle fut jugée digne de concevoir et de mettre au monde Celui qui est la Charité même. La Légion de Marie, qui ne peut vivre que si elle lui est pleinement dévouée et qu'elle imite ses vertus, doit nécessairement se distinguer par cette qualité absolument identique d'intense charité. Elle doit être remplie de charité: alors seulement pourra-t-elle apporter au monde la charité. Par conséquent, il est important que les directives suivantes soient observées avec soin.

1. Pour l'admission dans les rangs de la Légion, il ne doit exister aucune discrimination concernant le rang social, la race, la nation ou la couleur. L'aptitude à la qualité de membre est la seule condition requise. L'apostolat légionnaire accomplira même davantage par l'action indirecte, c'est-à-dire comme levain dans la communauté que directement par les travaux en cours. Si la société tout entière doit être soumise pleinement à l'influence de l'action légionnaire, il s'ensuit que les rangs de la Légion doivent comprendre des représentants de tous les secteurs de la communauté.

2. À l'intérieur même de ses rangs devraient régner entre les membres une simplicité sans affectation et une charité mutuelle sincère, toutes distinctions étant devenues inexistantes. Si l'on doit aimer ceux que la Légion sert, on ne doit pas moins aimer ceux qui comme nous font partie de la Légion. Quand on fait acception des personnes, on prouve à l'évidence qu'on manque de la première qualité requise pour devenir membre, laquelle qualité est l'esprit d'amour. Toute l'idée, tout l'esprit de la Légion est un esprit de charité et de sympathie intense, qui avant de dégager sa chaleur au dehors doit d'abord brûler avec éclat et force dans le foyer domestique de la Légion elle-même. " À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres." (Jn 13:35)

Si la charité est pratiquée entre eux, les légionnaires la rayonneront aussi au dehors. S'il n'existe entre eux aucune cause de désaccord ils réaliseront aisément l'union dans le monde.

3. Envers les autres organisations, dont les buts sont compatibles avec la mission de l'Église, il devrait exister un esprit d'empressement à coopérer avec elles et à les assister quand c'est possible. Ce ne sont pas tous les catholiques qui peuvent être amenés dans les rangs de la Légion, car ses exigences sont loin d'être faciles, cependant tous devraient être encouragés à participer de quelque manière au travail de l'Église. Les légionnaires peuvent favoriser cela par leur apostolat et leurs contacts personnels. Il faut remarquer cependant que la coopération donnée ne doit pas placer de fardeaux supplémentaires sur les membres de la Légion, au détriment de leur propre apostolat. Il est important aussi de faire un discernement quant au degré et au genre d'assistance donnée, et à qui elle est donnée. À ce sujet, on devrait se référer à la section " Contrôle du travail par le praesidium" (ch. 39, no. 6) et à la section " La nature intime du travail légionnaire doit être protégée" (ch. 39, no. 8)

4. Envers les Pasteurs de l'Église, on devrait témoigner l'amour filial qui leur est dû en qualité de pères spirituels et de bergers. Les légionnaires devraient partager leurs angoisses et les aider par la prière et, autant que possible, par un travail actif, de sorte qu'ils soient plus capables de vaincre les difficultés et d'accomplir leurs obligations avec un plus grand succès.

Puisque les pasteurs de l'Église ont reçu de Dieu le rôle de communiquer la vérité divine et les grâces des sacrements, ce devrait être le souci des légionnaires de garder les gens en relation avec ces porteurs des dons divins et de réparer les chaînons brisés.

Ceci est particulièrement nécessaire dans le cas de ceux qui d'une manière quelconque se sont éloignés du clergé pour des raisons justifiées ou non.

Les personnes sérieusement malades peuvent ne pas vouloir consulter un médecin. Souvent il incombe alors au conjoint, à la famille ou à un ami de procurer l'encouragement nécessaire.

Quand c'est la santé spirituelle qui est en jeu, beaucoup dépend de la qualité de la charité dans les proches de cette personne qui a besoin de secours.

La formation des légionnaires les aide à prendre l'initiative d'établir le lien entre les prêtres et les âmes, et de le faire avec beaucoup de délicatesse. C'est là une forme exquise de la charité. Ils agissent ainsi comme représentants du Bon Pasteur qui les appelle, par leur baptême, à prendre part à son oeuvre.

" Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. La charité est longanime; la charité est serviable; elle n'est pas envieuse; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité ne passe jamais. Les prophéties? elles disparaîtront. Les langues? elles se tairont. La science? elle disparaîtra." (1 Co 13:1-8)