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FIDÉLITÉ LÉGIONNAIRE

La fin de toute organisation est d'unifier le multiple. Le principe sur lequel se fonde l'unité doit s'étendre à tous les niveaux: à partir du membre jusqu'aux rangs les plus élevés de l'autorité dans la Légion. Dans la mesure où manque l'unité, le principe de vie disparaîtra.

Dans une organisation où l'on n'entre que de son plein gré, le lien de l'unité est la fidélité: fidélité du membre à son praesidium, du praesidium à sa Curia, et ainsi de suite par les différents degrés ascendants de l'autorité légionnaire jusqu'au Concilium Legionis; et partout, fidélité aux autorités ecclésiastiques. Une fidélité vraie inspirera au légionnaire, au praesidium, et au conseil la crainte de l'esprit d'indépendance. Dans tous les cas douteux, dans toutes les situations difficiles, et chaque fois qu'il s'agit d'entreprendre une oeuvre nouvelle ou un nouveau départ, ils devront recourir à l'autorité compétente pour en obtenir lumière et approbation.

Le fruit de la fidélité est l'obéissance, et la pierre de touche de celle-ci est la promptitude à accepter des situations et des décisions désagréables et ce qui est à remarquer - à les accepter avec joie. Pareille obéissance prompte et cordiale est toujours difficile. Elle violente parfois nos inclinations naturelles au point d'exiger de l'héroïsme, voire même une sorte de martyre. C'est en ces termes que saint Ignace de Loyola en parle. " Ceux" dit-il, " qui par un généreux effort prennent la résolution d'obéir, acquièrent de grands mérites: l'obéissance dans son sacrifice ressemble au martyre." La Légion de Marie attend partout de ses enfants cet esprit d'héroïque et douce soumission envers toutes les autorités légitimes.

La Légion est une armée - l'armée de la Vierge très humble. Elle doit donc faire preuve dans son travail journalier de ce qui caractérise toute armée terrestre -- l'héroïsme et le sacrifice, voire même le sacrifice suprême. À tout moment, on doit aussi pouvoir réclamer des légionnaires des actes de nature très astreignante. On ne leur demandera pas aussi souvent d'offrir leur corps aux blessures et à la mort, comme il arrive aux soldats dans le monde. Cependant on désire qu'ils s'élèvent toujours plus haut dans les choses spirituelles. Qu'ils soient prêts, lorsque l'autorité le demande, à offrir leurs sentiments, leur jugement, leur indépendance, leur fierté, leur volonté, aux blessures de la contradiction et à la mort d'une sincère soumission.

" L'obéissance créant le lien avec l'autorité , la désobéissance est un mal profond" , dit Tennyson, mais la vie même de la Légion n'est pas disjointe uniquement par la désobéissance obstinée. Les officiers qui négligent de prendre part aux réunions ou de se maintenir en contact par la correspondance, en arrivent au même résultat, coupant ainsi leurs praesidia ou leurs conseils du grand courant de la vie légionnaire. Le même profond dommage est fait par les officiers ou les membres, qui assistent aux réunions, mais dont l'attitude alors -- pour quelque raison que ce soit -- est de nature à fomenter la désunion.

" Jésus a obéi à sa Mère. Vous avez lu que tout ce que les Évangélistes nous disent de la vie cachée du Christ à Nazareth est qu'il leur était soumis' et 'qu'il croissait en sagesse et en grâce'. (Lc 2: 51-52) Y a-t-il là quelque chose d'incompatible avec la divinité? Non, certes. Le Verbe s'est fait chair, il s'est abaissé jusqu'à prendre une nature semblable à la nôtre, excepté le péché: il 'n'est pas venu', dit-il, 'pour être servi mais pour servir'. (Mt 20:28) et 'se rendre obéissant jusqu'à la mort" . (Ph 2:8); c'est pourquoi il a voulu obéir à sa Mère. À Nazareth, il a obéi à Marie et à Joseph, les deux créatures privilégiées que Dieu avait placées auprès de lui. Marie participe, dans une certaine mesure, à l'autorité du Père éternel sur l'humanité de son Fils. Jésus pouvait dire de sa Mère ce qu'il disait de son Père des cieux: 'Je fais toujours ce qui lui plait'. (Jn 8:29)" (Marmion: Le Christ, Vie de l'Âme)